Priorité à la qualité

Des investissements stratégiques. Dès 1990 et surtout depuis 1995, les atouts du secteur vinicole argentin –vins du Nouveau Monde, qualités comparatives*, coût raisonnable de la terre et de la main d’œuvre– ont attiré de nombreux investisseurs nationaux ou étrangers. Pour la seule année 2000, les investissements étrangers ont totalisé 300 millions de dollars dans le secteur agro-alimentaire.

Concentrés dans les zones géographiques reconnues –telles Luján de Cuyo, el Valle de Uco et Tupungato– les principaux investissements internationaux sont canalisés vers l’achat de bodegas existantes. Parmi les pays qui ont le plus investi, on peut citer l’Autriche (Swarosky a acheté Norton en 1989), l’Espagne (Freixenet en 1999), le Portugal (Sogrape en 1997 a acheté Flichman) le Royaume-Uni (Allied-Domecq et Guiness-UDV), les Etats-Unis (Seagram en 1995 et Kendall Jackson en 1997), la France (Pernod Ricard, LVMH, Alta Vista), les Pays-Bas (Salentein en 1999), et le Chili (Concha y Toro en 1999 et San Pedro en 1999).

Parallèlement, de grandes entreprises nationales, tel le groupe Pulenta (Peñaflor), Pérez Companc (Nieto Senetiner) ou Catena-Zapata propriétaire de Escorihuela, La Rural ou Esmeralda (qui a investi près de 25 millions de dollars dans la construction de sa cave) se sont lancées dans une politique d’acquisitions/fusions. Conséquence : seules cinq bodegas locales appartiennent encore à leurs fondateurs (Arizu, Goyenechea, Canale, La Agrícola, G. Videla).

Une amélioration à tous les niveaux. Les investissements ont permis la restructuration des vignobles vers des cépages de bonne qualité : malbec, syrah, cabernet sauvignon, merlot, bonarda pour les rouges et chardonnay, chenin, ugni blanc et sauvignon blanc pour les blancs. Aujourd’hui le vignoble est composé de 61 % de cépages nobles et le volume des vins fins sur l’ensemble des vins produits est passé de 13 à 35 % en dix ans.

Les investissements ont aussi eu un impact positif sur le travail de la cave grâce à l’apport de technologies nouvelles et du « know-how » d’œnologues reconnus internationalement. De même, des changements importants sont survenus au niveau de la commercialisation et du marketing : les bodegas offrent aujourd’hui des produits plus spécifiques et l’image de marque du vin argentin s’est particulièrement améliorée sur les marchés internationaux, les exportations s’étant développées comme conséquence des investissements.

A chacun sa stratégie. Que les volumes investis soient importants –Allied Domecq a investi 37 millions de dollars pour l’achat de la bodega Graffigna-Santa Silvia– ou plus modestes, moins de 5 millions de dollars, le but est le même : privilégier la qualité. Selon la stratégie adoptée, la production est destinée à l’exportation ou bien proposée sur le marché local. Les vins sont alors vendus par le biais des vinothèques (Tonel privado, Winery), clubs de vins ou restaurants prestigieux.

Le secteur vinicole argentin n’a pas encore atteint sa maturité : il est soumis à une grande mobilité au niveau des fusions / acquisitions / ventes des bodegas. Certains groupes de fonds de pension qui ont investi sur ce marché pour obtenir un retour sur investissements rapide, chercheront certainement à se défaire des bodegas argentines dès la prochaine décennie. Malgré les grands changements survenus dans les années 90, le secteur attire encore aujourd’hui une nouvelle vague d’investisseurs (espagnols, français, chiliens, portugais et nord-américains) qui cherchent à occuper les dernières places vacantes sur ce marché en expansion.

*Cf. n 57 Trait d’Union Sources d’information : – PEE de Buenos Aires – Facultad de Agronomia « El negocio de los vinos argentinos en Argentina » H. Cetrángolo, S. Fernández, J. Quagliano, V. Zelenay, N. Muratore y F. Lettieri

 

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