La communauté française en Argentine

Dans son immense majorité, notre communauté est composée d’expatriés (96 %), dont 80 % sont des binationaux. Leurs ancêtres, pour les premiers, avaient émigré dès le début du 19ème siècle. Cette immigration ira croissant jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale. On estime que depuis les premiers arrivés jusqu’en 1914, ce sont entre 250 000 et 300 000 Français qui se sont installés ou ont résidé un temps en Argentine (parmi eux des exilés « communards »). A la veille de la « Grande guerre », notre communauté française comptait 80 000 personnes.

Par la suite, bon nombre d’entre eux, après avoir acquis la nationalité argentine, se sont parfaitement intégrés au point de perdre tout lien avec leur pays d’origine.
D’autre part , de nombreux compatriotes ont notamment perdu notre nationalité pour les générations qui ont suivi les deux dernières guerres mondiales. En effet, les parents voulant éviter à leurs enfants mâles de faire un trop long service militaire en France, voire même de « partir à la guerre », ont estimé ne pas devoir enregistrer leur naissance au Consulat Général de France.
Assimilation rapide (surtout pour les femmes qui épousaient des Argentins), perte de nationalité par désuétude pour les jeunes dont les parents ne souhaitaient pas qu’ils s’engagent militairement en France ont fait qu’aujourd’hui cette population française ne compte plus qu’environ 16.000 personnes.

Pourtant ces Français, pour ne pas dire ces pionniers, ont laissé derrière eux une contribution exceptionnelle au développement de l’Argentine.

On leur doit, entre autres, la mise en service de nombreux réseaux ferroviaires tel le chemin de fer de Rosario ; le développement du téléphone, la mise en place des premières couvertures sociales et médicales par l’entremise des sociétés de secours mutuel françaises qui ont édifié les premiers hôpitaux (Hôpital Français). Ils sont à l’origine d’une contribution substantielle au développement agricole par la pose de très nombreuses clôtures, l’utilisation de machines agricoles les plus modernes de l’époque. Ils furent les premiers à implanter des brasseries, à développer les cultures fruitières, la vigne et l’industrie viticole (Mendoza), l’industrie sucrière à partir de la canne à sucre (Misiones et Tucuman), à installer des chambres frigorifiques pour conserver la viande. On leur est aussi redevable d’un apport architectural « classique » (l’architecture haussmannienne de l’avenue de Mayo à Buenos Aires) ou plus moderne avec le style « Art Déco » encore bien visible dans la capitale et bon nombre de grandes villes du pays, de même que la création des grands parcs de Buenos Aires et de Mendoza.

Il faut savoir qu’à la veille de la guerre de 1914, 20 % des capitaux investis en Argentine étaient français.
On ne saurait par ailleurs passer sous silence les liens qui nous unissent au Tango par l’entremise de Carlos Gardel, Argentin né à Toulouse, qui par ses nombreuses tournées dans le monde a donné ses lettres de noblesse à cette musique « porteña » née dans les bas-fonds de « La Boca ».

Sans oublier l’aventure extraordinaire des Mermoz, Saint-Exupéry, Guillaumet et Vachet, qui par leurs exploits au sein de l’Aéropostale en Argentine ont écrit une page commune de l’histoire de nos deux pays, contribuant à rapprocher nos continents, à vaincre les Andes et à désenclaver la Patagonie au prix de la perte de très nombreux pilotes dont Mermoz.

Tous ces faits, et cela se note encore aujourd’hui, font que pour les Argentins, dont trois Présidents étaient d’origine française, être Français dans ce pays est indiscutablement « un plus » même si notre langue parlée autrefois dans tous les milieux aisés est en régression par rapport à l’anglais.

Quand on arrive pour la première fois en Argentine, il faut en être conscient.

Il est demandé aux personnes ou institutions qui possèderaient des documents concernant des « faits et gestes » peu connus de nos compatriotes en Argentine d’avoir l’amabilité de les prêter au Consulat.

 

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