Militaires Français de l’indépendance

Manuel_BelgranoAu début de la guerre d’indépendance argentine, les premiers chefs et officiers des armées sont des commerçants, des fermiers ou des employés publics qui, du jour au lendemain, se retrouvent avec des uniformes. C’est le cas de Manuel Belgrano, avocat qui devient général de l’armée du Paraguay d’abord, et de l’armée du Nord ensuite. Pendant les invasions anglaises le seul officier authentique de haut rang est Jacques de Liniers, mais ce militaire français est fusillé à cause de sa loyauté envers le roi d’Espagne.

Les défaites de Tacuarí, Vilcapugio, Ayohuma et Sipe Sipe forcent le nouveau gouvernement à chercher des officiers en Europe tels que José de San Martín, né américain mais officier de l’armée espagnole. Ou encore le baron de Holmberg, prussien, qui se fait remarquer comme chef artilleur pendant les batailles argentines de Tucumán et de Salta.

Le gouvernement révolutionnaire prie Bernardino Rivadavia de prendre la tête d’une mission en Europe afin d’embaucher des officiers pour conduire les nouvelles armées. Napoléon vient d’être battu à Waterloo et les officiers de son armée licenciés. Trois officiers se font remarquer parmi ceux qui acceptent de s’incorporer aux armées argentines : Frédéric Brandsen (voir Le Trait d’Union n° 21 de novembre 1997), Alexis Bruix et Jean d’Auxion-Lavaysse.

Né en 1885, Alexis Bruix est le fils du célèbre amiral Eustache Bruix. Page de l’empereur pendant son adolescence, il devient par la suite officier de la Grande Armée et lutte avec héroïsme à la bataille de Borodino. Au terme des cent jours et après la défaite de Waterloo, il démissionne et arrive au Rio de la Plata. Il rejoint rapidement l’Armée des Andes dans le corps des Grenadiers à Cheval. Il lutte courageusement aux combats de Chacabuco et Maipú et arrive à sauver ses soldats à la défaite de Cancha Rayada. Il est chargé ensuite de poursuivre l’armée espagnole, en déroute, dans le sud du Chili. Alexis est par la suite emmené avec sa division par la flotte de Lord Cochrane au Pérou, où il se fait remarquer aux combats du Callao. Sous les ordres du général Santa Cruz, il prend part à la campagne de Quito et à la libération de l’Equateur. Il lutte à Ayacucho, et trouve la mort au dernier assaut au Callao.

Jean d’Auxion-Lavaysse est né à Saint Trailles, Hautes Pyrénées, le 12 décembre 1775. Il fait partie de toutes les batailles que Napoléon livre en Allemagne, Russie, Italie et Autriche, où il devient chef de l’Etat-Major d’abord, puis ensuite maréchal. Il reçoit à Buenos Aires le grade de général de brigade en même temps que la citoyenneté argentine. Le Directeur Juan Martín de Pueyrredón le charge de créer une Académie militaire pour l’Armée du Nord. Une fois les guerres d’indépendance terminées, Lavaysse s’installe à Santiago del Estero, où il se marie et a un fils, le pasteur Benjamín J.Lavaysse, qui sera député de l’assemblée constituante de 1853.

Quand les guerres civiles éclatent, Lavaysse s’engage dans le parti « unitaire », ce qui l’oblige à s’exiler au Chili, où il est reçu avec grande pompe. Quelques temps après, il prend la route de Mendoza mais ne peut continuer son chemin jusqu’à Santiago del Estero car la ville est tombée aux mains des « fédéraux« . Il rentre au Chili où il se suicide le 8 juillet 1829.

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