Les « affaires » ont poursuivi Jacques Chirac jusqu’en Amérique du Sud.

aid-27717_0Lorsque Jacques Chirac s’est envolé le 24 mai pour le Brésil et le Chili, accompagné de plusieurs de ses ministres et d’une délégation de chefs d’entreprise français, il croyait peut-être que ce voyage à l’autre bout du monde l’éloignerait un temps des tourments de la politique intérieure française. Et notamment du feuilleton de »l’affaire » Clearstream qui a déjà fortement mis à mal son image et celle de son Premier ministre, Dominique de Villepin.

Et bien non ! A peine arrivé au Brésil, il apprenait la réaction de fureur déclenchée en France par l’annonce de l’amnistie qu’il venait d’accorder à son ami Guy Drut, ancien ministre, député UMP suite à sa condamnation en octobre dernier à 15 mois de prison avec sursis et 50 000 Euros d’amende.

Au Brésil, où un accord pour le développement de la bioénergie a notamment été signé avec le Président Lula da Silva, Jacques Chirac s’en est pris aux Etats Unis à propos du dossier épineux des protections agricoles que les pays émergents comme le Brésil et l’Argentine reprochent à l’Europe.

« Tout le génie de nos amis Américains a été de faire croire que c’était un problème entre les pays émergents et l’Europe, ce qui n’est absolument pas le cas (sinon) les problèmes seraient réglés sans aucune difficulté »

a t-il déclaré. « Ils (les Etats Unis) continuent à avoir des subventions et un soutien au marché intérieur le plus importants du monde, et de loin » alors que « l’Union européenne a diminué sensiblement ses aides, a rappelé le président français« , évoquant notamment l’engagement de diminuer de l’ordre de 45% ses droits de douanes. « Le fond du problème, l’intérêt essentiel est celui des Etats-Unis…Ce sont les Etats-Unis qui en réalité détiennent la clé du problème« .

Au Chili, une série d’accords dans les domaines de la santé, de la coopération universitaire, de l’innovation technologique et de l’audiovisuel ont été signés. Autrefois très critique sur la reprise des essais nucléaires dans le Pacifique Sud en 1995, le Chili a soutenu l’opposition du président français à la guerre en Irak ou récemment son projet de taxe sur les billets d’avion destiné à financer la lutte contre les grandes pandémies.

S’adressant à son homologue Michelle Bachelet, le Président a estimé, aux côtés de son homologue chilienne Michelle Bachelet, que les femmes apportaient « une sensibilité indiscutable » à la politique, « depuis les maires jusqu’aux parlementaires« . Le chef de l’Etat n’a pas précisé si cette « sensibilité indiscutable » serait aussi souhaitable aux plus hautes fonctions de l’Etat français.

François Eldin

L’affaire « Clearstream »

Dans cette affaire, Dominique de Villepin est suspecté d’avoir tenté de déstabiliser son rival Nicolas Sarkozy dans la course pour l’Elysée après l’envoi « anonyme » au juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke de faux listings de comptes occultes de la société luxembourgeoise Clearstream sur lesquels figuraient les noms de Nicolas Sarkozy et de différents autres hommes politiques français. L’homme clé de cette affaire, Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président de la société EADS et « proche » du Premier ministre, est de plus en plus fortement suspecté d’être le « corbeau » auteur des envois anonymes. Le Général Philippe Rondot, un ancien des Services secrets, a été chargé en 2004 par Dominique de Villepin d’enquêter discrètement sur cette affaire, au point que Nicolas Sarkosy dit ne jamais en avoir été informé et l’avoir appris par la presse. Ce sont les notes personnelles du Général Rondot saisies à son domicile par la justice et publiées par morceaux dans la presse, qui ont alimenté la polémique autour de ce que certains considèrent déjà comme un « Watergate » français.