Élysée 2007 : Les programmes des candidats

Nicolas Sarkozy

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Culture : il veut développer l’offre culturelle (mécénat, gratuité des musées nationaux), notamment télévisuelle.

Economie & Emploi : la valeur travail est au « coeur de son projet ». Il veut relancer la croissance par l’offre. Chacun pourra « travailler plus pour gagner plus », (heures supplémentaires exonérées de charges). Tout citoyen ayant droits et devoirs, un chômeur ne pourra refuser plus de trois offres correspondants à ses compétences. En compensation de plus de souplesse des règles de licenciement, une « assurance salaire-retour à l´emploi » sera créée. Il s’engage sur le « plein-emploi » (chômage sous les 5%) en cinq ans. Sur la fiscalité, Nicolas Sarkozy donnera de l’ »air » aux entreprises (baisse de l’impôt sur les sociétés) et aux ménages à qui, outre un bouclier fiscal sur 50% des revenus, il promet qu’il « fera tout » pour baisser » les impôts.

Education & Recherche : N. Sarkozy veut des enseignants moins nombreux mais mieux payés. Dans le cadre de la discrimination positive, il veut favoriser l’accès aux classes prépas et diviser par deux les effectifs dans les zones difficiles. La carte scolaire sera supprimée et l’inscription dans le privé simplifiée. Outre une hausse de budget de 50%, il veut plus d’autonomie et plus de souplesse pour l’université: le nombre de places des filières sera fixé en fonction des débouchés. Il souhaite lutter contre la pauvreté estudiantine. L’objectif de Sarkozy est de porter les dépenses de recherche et développement à 3% du PIB d´ici à 2012.

Environnement : favorable au nucléaire, il veut « taxer la pollution plutôt que le travail ». Il a signé le Pacte de Nicolas Hulot.

Immigration & Intégration : N.Sarkozy propose l’ »immigration choisie » et la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Très ferme sur l´immigration illégale, il n’autorisera le regroupement familial que si l’immigré a un revenu provenant d’un emploi et un logement. Les immigrés devront en outre savoir lire et écrire le français. Il mettra en place une politique de « discrimination positive » et réformera, malgré les oppositions sur ce point, la loi de 1905 afin que l’Etat puisse participer au financement des cultes et notamment à la construction de mosquées.

Justice & Sécurité : s’appuyant là encore sur son bilan de ministre de l’intérieur, il mènera une politique ferme : peines planchers pour les multirécidivistes, opposition aux libérations conditionnelles et aux remises de peine, ou encore responsabilité pénale des mineurs à 16 ans. Le respect de l’ »autorité » est pour lui essentiel.

Politique étrangère & Défense : au contraire de S.Royal, N.Sarkozy s’est prononcé en faveur d’un second porte-avions et souhaite maintenir le budget de la Défense, et propose de développer de nouvelles armes. Taxé d’atlantiste, il a pourtant une vision très gaulliste de la politique étrangère : « grandeur de la France ».

Réforme de l’Etat & Déficit: il souhaite limiter à deux mandats la présidence de la République qui sera responsable devant le Parlement, et à quinze le nombre de ministres. Ne sera compensé qu’un seul départ à la retraite sur deux dans la fonction publique. Des économies il en fera aussi en supprimant les organismes inutiles, et en augmentant la productivité dans les services publics – où sera instauré un « service minimum garanti en cas de grève ». Il s’est engagé à ramener en cinq ans la dette publique sous les 60% du PIB.

Retraites & Santé : avec les économies de la réforme des régimes spéciaux, il augmentera le minimum vieillesse de 25%. Sur la santé, il prône certes une hausse du remboursement des soins dentaires et optiques, mais voudrait limiter le coût général du système.

Société : N.Sarkozy, opposé à l’homoparentalité, propose, comme Bayrou, une union civile homosexuelle ouvrant les mêmes droits que le mariage. Il promet l’extension des allocations familiales aux familles avec un enfant. Sur la pauvreté, il s’est engagé à atteindre l’objectif de « zéro SDF en deux ans ».

Ségolène Royal

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Culture & communication : Ségolène Royal met un accent particulier sur la culture (emploi culturel, enseignement artistique) et veut lutter contre la concentration dans les médias.

Economie & Emploi : Elle mettra en place une politique de la demande (smic à 1500 euros, indemnisation-chômage égale pendant un an à 90 % du dernier salaire net), relativement interventionniste (création d’ »emplois-tremplins »). S’écartant un peu des positions du PS, elle veut encourager la création d’entreprise (prêt à taux zéro de 10.000 euros pour les jeunes) et revenir sur les 35 heures, mais pour les étendre tout en évitant les effets pervers. Dans sa « République du respect », les entreprises qui délocalisent ou ferment quand elles sont bénéficiaires devront rendre « toutes les aides publiques et exonérations sociales », et l’impôt sur les sociétés ne sera abaissé que selon l’utilisation des bénéfices.

Education & Recherche : l’Education est une priorité pour S.Royal qui doit tout à l’école républicaine. Elle veut l’égalité des chances à l’école (soutien scolaire gratuit, classes réduites et financement supérieur en ZEP, « classes prépa dans les quartiers »), mais aussi l’ »ordre juste » (plus de surveillants, un deuxième adulte en classe si nécessaire). Elle révisera la carte scolaire pour combattre les « ghettos scolaires ». Pour l’université, dont le budget sera augmenté, elle veut un service public de l’orientation et une allocation autonomie pour les étudiants. Elle augmentera le budget de la recherche de 10% par an.

Environnement : S.Royal, ex-ministre de l’environnement, développera la fiscalité écologique (taxer les profits pétroliers, principe pollueur-payeur). Comme les autres elle veut développer transports en commun et énergies renouvelables (20% de l’énergie produite d’ici 2020). Son objectif : zéro déchet industriel d’ici 2012. Comme Bayrou, elle prône l’arrêt de la culture d’OGM en plein champ. Elle a, comme les autres, signé le « Pacte Hulot » dont elle reprend l’idée de vice-premier ministre du développement durable.

Immigration : elle se montre plutôt ferme sur l’immigration illégale, et préconise de « faciliter les migrations de travail » (visa unique longue durée autorisant les aller-retour). Cela étant, elle souhaite rétablir la règle des dix ans pour la régularisation des sans-papiers qui pourrait être automatique en cas de scolarisation des enfants. Par ailleurs, elle est favorable au vote des étrangers aux élections locales.

Justice & Sécurité : la partisane de l' »ordre juste » affirme la nécessité des sanctions, mais préconise des alternatives à la prison (centres éducatifs et suppression quasi-totale des peines de prison pour les mineurs). Elle souhaite rétablir une police de quartier. La première loi de sa mandature portera sur les violences conjugales.

Politique étrangère & Défense : elle veut taxer les flux financiers et promouvoir les médicaments génériques dans les pays en développement. Favorable à la dissuasion nucléaire, elle s’était prononcé contre le nucléaire civile et militaire pour l’Iran. A propos du second porte-avions, elle avait dit qu’elle préférait affecter la somme à l’Education.

Réforme de l’Etat : Royal a finalement fait sienne l’idée de VIe République de Montebourg. La nouvelle République se veut plus démocratique (proportionnelle, abolition du 49-3, interdiction du cumul des mandats), décentralisée et participative (« jurys populaires »), avec un Etat modeste (baisse symbolique des dépenses de l’Elysée).

Retraites & Santé : elle promet une hausse de 5% des « petites retraites » et des aides aux personnes handicapés. Sur la santé, elle veut une « nouvelle génération de dispensaires » en milieu rural et rétablir des moyens de soins pour les sans-papiers. Elle promet aux jeunes une consultation médicale gratuite par semestre, et la contraception gratuite aux femmes de moins de 25 ans.

Société : ces thèmes occupent une place importante dans son programme. Elle est en faveur du mariage et de l’adoption homosexuelle. Sa position sur l’euthanasie est permissive. Elle promet de doubler l’allocation de rentrée scolaire. Elle souhaite aussi apprendre la civilité aux enfants et créer un service public de la petite enfance.
Communication : Bayrou propose une « loi interdisant aux grands groupes qui vivent des commandes de l’Etat d’acquérir des entreprises de médias ».

François Bayrou

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Economie, Emploi & Déficit : Les idées fortes de Bayrou sont un « small business act » (20% à 100% des marchés publics réservés aux PME selon la taille du contrat) et la possibilité de « créer deux nouveaux emplois sans charges ». Il veut modifier les 35 heures et augmenter de 35% la rémunération des heures supplémentaires. Face aux coûts des programmes de ses adversaires, il fait de la lutte contre le déficit sa priorité (éliminer les niches fiscales, baisse de 20 voire 50% des dépenses de l’Elysée) : il veut que, « sauf en période de récession, [le dépôt d’] un budget en déficit de fonctionnement » devienne anticonstitutionnel. Contrairement à Sarkozy, il se refuse à toute baisse d’impôt (sauf, comme les autres, de l’impôt sur les sociétés), mais annonce une réforme de l’ISF.

Education & Recherche : Pour Bayrou, ex-ministre de l’Education, il s’agit d’une « priorité ». « Tout élève entrant en 6e doit savoir lire et écrire », insiste-il. Pour les universités, il souhaite doubler en dix ans l’investissement par étudiant. Comme Ségolène Royal, il veut refonder la carte scolaire et créer des parcours d’excellence afin d’assurer plus d’égalité des chances. Bayrou prévoit d’augmenter de 5% sur dix ans le budget de la recherche et d’exonérer d’impôt les revenus des brevets des chercheurs français ou résidents.

Environnement : le Béarnais veut favoriser agriculture bio, transport collectif et énergies renouvelables (taxe sur les carburants fossiles). Il se fixe l’objectif de baisser de 25% la consommation d’énergie d’ici 2020. Favorable au nucléaire, il souhaite réformer la fiscalité environnementale. Sur les OGM, Bayrou prône un moratoire.

Immigration & Intégration : il créera un ministère de l’Immigration. Selon lui, le développement de l’Afrique limitera l’incitation à l’immigration. Il s’est dit contre une politique massive de régularisation qui constituerait un « appel d’air ».

Justice & Sécurité : Bayrou souhaite doubler le budget de la justice en dix ans et augmenter les moyens pour combattre les violences conjugales. Il veut abolir l’amnistie présidentielle. Comme S.Royal, il prône une application plus rapide des peines et évoque une police de proximité qu’il placerait sous l’autorité du maire. Favorable aux travaux d’intérêt généraux, il veut enseigner la loi à l’école.

Politique étrangère & Défense : l’Europe est au cœur de son programme. Il insiste, comme les autres, sur le co-développement avec l’Afrique. Il veut augmenter l’aide humanitaire et diplomatique au Darfour et reste ferme face à l’Iran. Il approuve le partage avec l’Angleterre de la construction d’un second porte-avion.

Réforme de l’Etat : sa VIe République renforcera le Parlement (responsabilité présidentielle) et se veut plus démocratique (autorités autonomes de contrôle saisissables par les citoyens, référendum pour les grandes réformes, part de proportionnelle aux législatives). Il veut responsabiliser tous les élus (président à mandat unique, cumul des mandats interdit, salaire des députés indexé sur la présence à l’Assemblée). Il est favorable à une augmentation de la productivité des fonctionnaires et au service minimum.

Retraites & Santé : pour Bayrou la réforme des retraites (soumise à référendum) est une « obligation nationale ». Il veut revenir sur les régimes spéciaux, et libéraliser l’âge de la retraite, mais fixera à 90% du SMIC le plancher des « petites retraites ». Sur la santé, il souhaite « associer les médecins à la réflexion et à la décision » et insiste sur le risque d’une « désertification médicale ».

Société : Bayrou est favorable à une union civile homosexuelle célébrée en mairie, ouvrant les mêmes droits que pour les couples mariés. Son opposition à « l’adoption plénière » par un couple homosexuel n’empêche pas un homosexuel d’adopter. Il veut « réimplanter l’Etat » dans les « banlieues sensibles et dans les zones rurales ». D’autre part, selon lui, « un code de la laïcité est devenu nécessaire ».

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