Escale à Buenos Aires de la frégate Chevalier Paul

LA FREGATE CHEVALIER PAUL, A JETE L’ANCRE DU 16 AU 19 JUIN AU PORT MARCHAND DE BUENOS AIRES.

Le bâtiment, dernier fleuron de la marine française né d’une collaboration franco-italienne, effectuait sa  » traversée de longue distance », sorte de voyage-test initiatique de quatre mois que réalisent tous les nouveaux bateaux militaires. Après son départ de Toulon, son port d’attache, la frégate s’est rendue au Québec, dans le golfe du Mexique, à Haïti, où elle a participé à des actions d’aide humanitaire, a traversé le canal de Panama, fait escale à Valparaiso et est arrivée à Buenos Aires. Elle se dirige actuellement vers les côtes marocaines, après une visite à Rio de Janeiro. Son retour en rade de Toulon est prévu pour la mi-juillet…

L’itinéraire de ce voyage, comme l’explique le colonel Poignant, attaché de défense auprès de l’ambassade de France en Argentine, a deux objectifs principaux : « celui de faire naviguer pour essais le bateau sur plusieurs mers mais, également, celui de montrer le savoir-faire français aux pays partenaires qu’il visite ». Le bâtiment, au profil  » furtif », impressionnant navire de guerre possédant un arsenal de technologies de pointe en défense anti-aérienne, est capable d’héberger deux cent personnes à bord. Les industriels qui ont contribué au projet de cette nouvelle frégate de type horizon (Thales et DCNS entres autres) devaient utiliser comme prétexte l’escale porteigne pour faire visiter le bateau à d’éventuels acheteurs. Ces équipementiers peuvent se gager d’une avancée technologique impressionnante : « ce bateau est ce qui ce fait de mieux dans cette catégorie » souligne, non sans fierté, son capitaine Hervé Boy. Et ses applications sont multiples ! Chargé originellement de missions d’escorte et de protection d’un groupe aéronaval, il peut également intervenir seul en temps de guerre notamment grâce à la mobilité de son hélicoptère et à un équipement adapté à tout type de menaces. Mais, il peut aussi servir dans des opérations civiles, en cas de catastrophe humanitaire : se transformer en bateau hôpital, évacuer des personnes en danger, être utilisé comme lieu de stockage ou autres.

Le passage du Chevalier Paul, aura été également l’occasion de renforcer les liens qui unissent les marines française et argentine. Avant d’accoster à Buenos Aires, le bâtiment a effectué une série d’exercices dans les eaux de Mar del Plata aux côtés de la corvette argentine Drummond. Ce partenariat de longue date, confie le colonel Poignant, est accompagné de projets :  » il y a par exemple un projet de rénovation des avions de la marine argentine, qui sont des avions d’origine française en bon état mais dont l’équipement est malheureusement obsolète ». La frégate a été le théâtre, à l’occasion de son escale, de nombreuses cérémonies honorifiques de représentation, de démonstrations à la presse, et, entre autres, d’un cocktail à bord sur invitation du commandant, le 18 juin, date anniversaire de l’appel du Général De Gaulle de 1940. Un rythme qui changera une fois la frégate rentrée à Toulon : elle entrera alors pour de bon en fonction et fera à part entière partie de la marine française.

* Chevalier Paul, pseudonyme de Jean-Paul de Saumeur, navigateur français (1598-1667).