Questions à Gabriel Cordo Miranda, Directeur général de la marque Peugeot

Pourquoi pensez-vous avoir réussi à arriver à la direction de la marque en Argentine, en tenant compte qu’il s’agit, souvent, d’un poste réservé aux étrangers ?

En effet, d’ordinaire, ce sont des gens qui ont eu une importante carrière internationale qui sont nommés à ce poste. Mon prédécesseur, un Français, avait travaillé partout dans le monde, il avait une carrière internationale impressionnante.
Il me semble que mon exemple est le reflet de ce qui se passe en général. Il y a une volonté dans les groupes de se globaliser vraiment, c’est-à-dire de s’appuyer sur des gens qui connaissent à fond le terrain. Moi qui viens du plus petit échelon, je connais toutes les caractéristiques de notre commercialisation…Par exemple, les distributeurs, je les connais tous, eux, leur famille, jusqu’à leur maison, …Cela ne fait que huit mois que je suis en place. Ma philosophie de travail est très simple : j’essaie de me concentrer sur mes activités en cours en me consacrant entièrement à elles, au présent.

Quelle est aujourd’hui la place de Peugeot dans le paysage argentin de l’automobile ?

Il y a incontestablement deux types de marques présentes en Argentine : les généralistes et les marques de luxe. Sans aucun doute, Peugeot est une marque généraliste, mais elle est parmi les généralistes celle qui a, disons, le plus de caractère. Par exemple, dans ces célébrations du Bicentenaire de Peugeot ce qu’il faut retenir, c’est cette image, cette particularité dans le « design » qui lui est propre. Elle a toujours été constante. La nouvelle signature « motion and emotion » est le reflet de cette politique. Les voitures Peugeot, c’est une exigence de qualité mais aussi, un produit original dans lequel le consommateur se sent bien.

Quelles sont les possibilités de développement de la marque ?

En Argentine il y a 9 habitants pour un véhicule, en France, 1,7. C’est dire que le potentiel de ventes en Argentine est énorme, imaginez-vous ! Le « plan de ahorro » (jusqu’à 84 échéances) est d’ailleurs dans ce sens une aide extraordinaire et représente une grosse part du marché, surtout avec la 206. Cette année sera sans doute la meilleure que l’on ait jamais vécue pour l’automobile en Argentine puisque les projections avancent le chiffre d’un marché de 600 000 unités. Dans ce contexte, Peugeot représente, elle, 9% de parts de marché.

Et comment sont vos relations avec Citroën, l’autre marque du groupe ?

Il n’y a pas de réelle concurrence avec Citroën : nous appliquons au sein du groupe une stratégie de complémentarité. Citroën a une image plus de pointe au niveau technologique tandis que Peugeot c’est l’émotion, le dynamisme.

Pour finir, quel message cherchez-vous à communiquer au consommateur ?
Nous avons, chez Peugeot, une politique de suivi clientèle qui est au top 3 de la satisfaction. Dans son expérience d’achat, le service après vente est très important pour le client. Nous ne sommes pas parfaits mais nous cherchons à satisfaire le client, nous ne le sous-estimons jamais. Je crois pouvoir dire que cela fait notre force. De plus nous avons une garantie de qualité : PSA est le plus gros fabricant « national » -huit voitures sur dix vendues par Peugeot en Argentine sont fabriquées dans le centre de production de Palomar et, le reste vient du Brésil ou d’Europe-. Cette place de leader dans la fabrication se reflète également dans les volumes d’exportations car, signalons-le, près de la moitié de notre production en Argentine est exportée, au Brésil, notamment. Ce qui souligne en plus l’excellente qualité de nos produits !

Propos recueillis par M.F. M.Arana et Charles Mathieu-Dessay

 

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