Rugby | L’heure de la revanche a sonné pour les Bleus

rugby-ballon-top-14-clermont-toulon-canal-plus-direct-streamingCinq mois sont passés et ils n’ont toujours pas oublié. Impossible pour eux d’occulter le fait qu’ils auraient pu disputer une finale de Coupe du monde rêvée, face aux All Blacks, dans le mythique Eden Park d’Auckland. Seulement voilà, le 16 octobre dernier, les dieux du rugby ont choisi le camp des Bleus. Au diable les Rouges et leurs talents, ce soir-là la réussite est belle et bien française. Dans le domaine des tentatives au pied, Morgan Parra signe un sans-faute alors que Hook le Gallois est maladroit. Et puis, il y a sans doute le tournant du match en milieu de 1ère période, et l’expulsion du capitaine britannique, Sam Warburton, sanctionné pour plaquage dangereux sur Vincent Clerc. Il suivra la dernière heure de jeu hors du terrain. Cruelle désillusion ! Le Pays de Galles et sa jeune génération, révélation de cette Coupe du monde, voient son rêve de finale sabordé par un coup de sifflet.

Une génération prometteuse

Alors, pour leur première sortie officielle post Coupe du monde, les nations de l’hémisphère nord ont soif de compétition au moment de débuter ce tournoi des VI Nations 2012. Et pendant que les néo Bleus version Philippe Saint-André font leurs débuts au stade de France face à l’Italie en signant un succès mérité 30 à 12, le XV du Poireau lui passe ses nerfs sur son voisin écossais dans une rencontre à sens unique conclue par une victoire, 27 à 13, et trois essais marqués. Contrairement à la France qui a connu un changement important avec l’arrivée d’un nouveau sélectionneur après le départ de Marc Liévremont, la sélection galloise elle continue de promouvoir sa nouvelle garde. Encadrés par quelques vieux briscards expérimentés comme Mike Philips ou Stephen Jones, les Priestland, North, Warburton et consorts sont prêts à exploser. A leur talent connu et reconnu, il manque juste un soupçon de maturité. Et c’est là tout le travail du sélectionneur néo-zélandais, Warren Gatland. Arrivé à la tête du squad en 2007, l’ancien talonneur all black s’apprête aujourd´hui à récolter ce qu’il a semé.

Grand chelem 2008

D’ailleurs, il serait bon de ne pas avoir la mémoire courte mais plutôt de se rappeler la campagne européenne de 2008, la dernière à avoir mise en concurrence directe Gallois et Gaulois. Cette année-là, tout se joue en fait lors de la dernière journée, dans l’écrin du Millenium stadium de Cardiff. Déjà quasi assurés de remporter le VI Nations, les Diables rouges corrigent la bande au capitaine Dusautoir, 29 – 12, grâce notamment à une réalisation du meilleur marqueur de l’histoire de la sélection galloise, aujourd’hui assis sur le banc des retraités, l’emblématique Shane Williams. Cet ailier explosif et agile de par sa petite taille – un mètre soixante-dix pour quatre-vingt kilos – a décidé au terme de la dernière Coupe du monde, qu’à 34 ans, il mettait donc un terme à sa carrière internationale. En 87 sélections, Shane Williams aura tout de même marqué la bagatelle de 295 points sous le maillot rouge frappé du poireau. Désigné meilleur joueur du monde l’année du grand chelem de 2008.

Avantage Galles

Et comme en 2008, il semblerait que, cette année, le calendrier soit à l’avantage des Diables rouges qui recevront le XV de France lors de la dernière journée. Les Gallois qui ont parfaitement négociés leurs deux rendez-vous périlleux. En Irlande, ils s’imposent sur le fil 23 à 21, puis ils battent l’Ecosse (27-13) avant de de signer l’exploit de vaincre deux semaines plus tard, et d’éliminer du même coup de la course au titre, le XV de la rose, battu dans leur antre londonien de Twickenham, 19-12, lors d’un final à couper le souffle. Sur l’une des dernières relances des Anglais, Scott Williams arrache le ballon dans le camp adversaire, tape à suivre pour lui-même avant de mettre tout le monde d’accord à la course et d’aplatir dans l’en but. Une action de grande classe. Comme si, à l’image de Williams sur cet essai, les Gallois couraient tout droit vers le 11e grand chelem de leur histoire et que rien ne pouvait les arrêter cette année.

Les Français, qui ont battu l’Italie (30-12) et l’Ecosse (23-17), mais viennent de faire match nul avec l’Irlande (17-17), sont prévenus.

Alexandre Vau

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