Vote historique pour les Français de l´Étranger

Avec la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, les plus de 2 millions de Français vivant à l´étranger ont obtenu le droit d´élire directement leurs propres représentants à l´Assemblée Nationale. Une avancée considérable puisque, jusqu´alors, la représentation de ces Français expatriés était limitée aux 12 sénateurs, élus par les 155 conseillers de l´Assemblée des Français de l´Étranger, l´A.F.E., assemblée exclusivement consultative…

VotePour la première fois, les samedis 2 et 16 juin prochains, les Français établis en Argentine et partout dans le monde seront amenés à désigner onze députés qui défendront leurs intérêts. Parmi ces onze députés, un seul sera en charge de l´immense circonscription, la deuxième, que représente toute l’Amérique latine et les territoires des Caraïbes. Au total, et jusqu’à l’heure d’entrer sous presse pour le Trait d´Union, pas moins de neuf de nos concitoyens se sont portés candidats pour représenter les Français vivant tout au long et large de cette deuxième circonscription. Tous insistent sur l’importance de la création de cette représentation pour les expatriés français ; une mesure qui vient « pallier une anomalie institutionnelle et un défaut de représentation » selon les termes du candidat UMP.

Quant aux principaux thèmes de leurs plateformes, on retrouve de nombreuses coïncidences, tous faisant état de préoccupations dans les domaines connus, de la fiscalité, de la sécurité sociale, de l’emploi ou encore de la scolarité et des frais d’inscription dans les établissements d´enseignement français.

Une autre préoccupation, et non des moindres, revient comme un leitmotiv dans les communications des candidats : l’importance pour les Français de l’étranger de s’exprimer par leur vote ! Dans le cas de l´Argentine, cet appel prend toute sa signification, si l’on tient compte de la faible participation de votants, avec un taux de l’ordre de 22%, aux toutes dernières élections présidentielles. Le tout nouveau vote électronique instauré pour ces législatives donnera, il est à espérer, la possibilité à beaucoup de nos compatriotes géographiquement éloignés de s’exprimer.

Le Trait-d’Union a fait un tour d´horizon et dressé de brefs portraits de ces neuf candidats qui viennent briguer l’investiture de député, jusqu’à présent parfaitement inconnus pour la plus grande partie des électeurs.

*Charles-Henry Chenut
(Né en France, résidant au Brésil, candidat centriste, avocat)

Jeune avocat, Charles-Henry Chenut est installé au Brésil depuis dix ans. Il déclare « L’Amérique latine, c’est ma vie depuis dix ans » ; il est président et responsable de diverses commissions latino-américaines ou d’institutions de représentants des expatriés français. Parmi les responsabilités qu’il assume, la plus importante est sans doute celle de conseiller du commerce extérieur de la France, tâche qui lui donne une bonne connaissance de la situation économique et commerciale des Français établis au Brésil.
Docteur en droit, ce candidat, ancien maître de conférences à Sciences-Po Paris et aujourd´hui membre du Conseil éditorial de la Faculté de droit de São Paulo, est co-fondateur du premier cabinet d’avocats franco-brésilien. Un cabinet qui rassemble 80 employés, dont 90% sont établis sur les trois sièges brésiliens et 10% à Paris.
Avec une liste de 39 propositions, à lire sur son site officiel, il met particulièrement en avant six grandes questions : social, éducation, travail/emploi, fiscalité, citoyenneté et environnement.
http://www.chenut2012.com/

*Françoise Gonzalez Linderman
(Née en France, vit au Brésil, candidate aux côtés de l’Union des Démocrates Indépendants et Libéraux)

Originaire de Charente-Maritime, Françoise Gonzalez Linderman vit depuis 33 ans au Brésil. Elle a débarqué avec son mari venu créer la filiale d´une société de consultants. Élue à l’Assemblée des Français de l´Étranger (AFE) sans interruption depuis 1991 pour le Brésil, le Suriname et la Guyane, présidente de l’UFE Rio de Janeiro et administrateur UFE Monde, cette candidate insiste sur l´importance de ce vote historique pour ces Français établis à plus de 10 000 km de la Métropole: « si vous voulez que la France s´intéresse à vous, participez massivement aux élections ! ». Elle y voit l´occasion de faire valoir les intérêts de tous ces Français qui, bien que vivant à l´étranger, n’ont jamais rompu le lien avec leur pays et ont conservé la citoyenneté française.
Cette entrepreneuse, aujourd´hui propriétaire d’un hôtel au Brésil, se présente comme une femme de terrain et assure maîtriser son sujet, l’Amérique Latine, mais également connaître le fonctionnement des instances gouvernementales et sénatoriales françaises, grâce à ses visites à Paris à l´occasion des réunions de l’AFE.
Si Françoise Gonzalez Linderman sort gagnante de ce scrutin, elle souhaite s’occuper tout particulièrement des questions de la protection sociale, la famille, la retraite, la fiscalité, l’emploi.
http://www.francoiselindemann.com/

*Alain-Gérard Georgi Samaran
(Né en France, vit au Paraguay, étiquette FN)

Administrateur de sociétés au Paraguay depuis plus de 30 ans, Alain-Gérard Georgi-Samaran est vice- président de l’Union des Français de l´Etranger du Paraguay. Parisien d’origine, il s’est auto-exilé au Paraguay en 1981 lorsque François Mitterrand devint président. En 1988, Mr Georgi-Samaran est nommé par Jean Marie Le Pen représentant du Cercle national des Français Résidents à l’Etranger. Cet entrepreneur est également membre actif de la FEDIPAR (Fédération des Immigrés au Paraguay). Grace à cet organisme, une loi régularise depuis 2011 la résidence des étrangers en situation irrégulière.
Handicapé physique à 85% depuis l´âge de trois mois, Alain-Gérard Georgi-Samaran marche avec deux cannes. Selon lui, cette situation « lui permet de mieux comprendre ceux qui souffrent, et de connaître mieux les hommes et leurs réactions face aux souffrances des autres« . En somme, une qualité non négligeable dans le domaine de la politique pour celui qui se plaît à parler du rôle de la famille, du travail et de l’effort.
https://www.facebook.com/pages/Alain-G%C3%A9rard-Georgi-Samaran/174941052604787

*Joël Doglioni
(Né en France, vit en Colombie, étiquette Alliance Républicaine, Ecologiste et Sociale et parti Radical de Jean-Louis Borloo).

Joël Doglioni a été élu en 2003, et réélu en 2009, conseiller à l’Assemblée des Français de l´étranger (AFE) pour la zone andine qui couvre la Colombie, le Venezuela, le Pérou, l’Equateur et la Bolivie. En 2011, il est désigné membre du conseil d´administration de la Caisse des Français de l’étranger, qui gère la protection sociale des expatriés. Un rôle qui plaît tout particulièrement à celui qui aime être sur tous les fronts. En effet, Joël Doglioni est propriétaire d’une entreprise de transport à Bogota, qu’il développe à l’échelle internationale. Il a également fondé avec sa femme en 1990 un établissement pour le développement écologique et la promotion d’un tourisme durable au Costa Rica. Ses multiples activités professionnelles lui confèrent une vision globale du continent latino-américain. » Gaulliste de conviction » et « amoureux de la France« , ce Savoyard d´origine se sent tout à fait qualifié pour défendre les intérêts des Français de l’étranger.
http://www.joeldoglioni2012.la/

*Jean-Marc Millet
(Né en France, vit au Brésil, sans étiquette)

Jean-Marc Millet, est installé au Brésil depuis 26 ans. Il se plaît en Amérique latine, un continent qu’il a eu la chance de découvrir à travers de multiples voyages. Ce docteur vétérinaire, diplômé des écoles vétérinaires de Lyon et d’Uberlandia (Brésil), a commencé sa carrière en France dans un important laboratoire pharmaceutique. En 1986, il vient s’installer au Brésil pour développer une filiale locale d’un laboratoire spécialiste de la santé animale. Côté politique, le candidat insiste sur l’importance de ce vote, qui implique une réelle représentation des Français de l’Étranger. Selon lui, le relais effectué par l´AFE (Association des Français de l´Étranger), cet « organe inutile« , est inefficace. Critique envers les candidatures « politiciennes », Jean-Marc Millet veut être le candidat du collectif « Vision France-Expat ». Le projet politique du collectif, résumé par la devise « Rénover et assainir la démocratie, pour la France et ses expatriés », s’engage sur plusieurs fronts : la réforme de la représentation des Français, la défense des acquis de la République (notamment la gratuité de l’enseignement et des soins) ou encore la lutte contre la double imposition.
http://www.jeanmarc-millet.fr/

*Pascal Drouhaud
(Né et vit en France, étiquette UMP)

Directeur adjoint pour l’Amérique latine et l’Afrique subsaharienne à la direction internationale du groupe Alstom ; membre du Conseil de gestion de l´Institut des Hautes études sur l’Amérique latine (IHEAL) ; membre de l’Institut Français des RI ; il a été correspondant pendant 15 ans du quotidien salvadorien « El diario de hoy ».
Pascal Drouhaud, est originaire de Mont-de-Marsan (Landes). Il se présente pour le compte de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire) et a une bonne connaissance de la région et de ses problématiques. Observateur international aux élections présidentielles ou locales de divers pays (la Colombie, le Pérou ou encore le Cameroun). Pascal Drouhaud a assisté aux négociations entre les FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia) et le gouvernement colombien entre 1998 et 2002. De cette expérience est né son ouvrage intitulé « FARC, confessions d´un guérillero » (éditions « Choiseul »). Ce candidat UMP a pu rencontrer, dans le cadre d’interviews, des chefs d`État et autres personnages internationaux tels que Carlos Menem, Alvaro Uribe ou encore Rigoberta Menchu (prix Nobel de la paix en 1992).
Passionné d’archéologie et de culture précolombienne il fait également partie du collectif international de journalistes « Reporter Sans Frontières ».
http://www.pascaldrouhaud.com/

*Raquel Garrido
(Née au Chili, résidant en France, candidate Front de gauche, avocate)

Née en 1973 à Valparaiso, Raquel Garrido a vécu la plus grande partie de sa vie en France. Le contexte politique de l’époque -Raquel naît peu après le coup d´État militaire de Pinochet- impose l´exil à sa famille. Après un passage au Canada, c’est finalement en France que les Garrido s’installent. Aujourd’hui mariée à Alexis Corbière, maire adjoint du 12ª arrondissement de Paris, Raquel Garrido est mère de deux enfants.
Ses engagements dans la sphère publique ne datent pas d’hier. Jeune dirigeante de l’UNEF, vice-présidente de SOS-Racisme à 22 ans, la jeune femme aura ensuite l’opportunité de représenter la France à l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et de suivre les négociations OMC (Organisation Mondiale du Commerce) pour le compte des travailleurs. La candidate, qui parle français, espagnol et anglais couramment est porte-parole à l’Internationale du Front de Gauche.
http://www.raquel-garrido.net/

*Sergio Coronado
(Né au Chili, vit en France, étiquette Union Europe Ecologie-Les Verts)
Sergio Coronado naît le 13 mai 1970 dans le sud du Chili. Exilé avec ses parents, il grandit en Argentine après le coup d’état militaire de 1973, puis rejoint la France en 1982. Il suit des études secondaires en banlieue parisienne, à Bondy, puis entre en classes préparatoires littéraires. Il obtient la nationalité française à l´âge de 24 ans. Fondateur du syndicat lycéen FIDL et responsable syndical à l’université, militant écologiste depuis l’âge de 20 ans, il conseille Noël Mamère pour les élections de 2001 et est porte-parole et directeur de communication d’Eva Joly pour les élections de 2012. Bénéficiaire d’une bourse de recherche il quitte la France pour la Colombie en 2009. Il fréquente l’université El Externado (Bogota), et adhère à l’association Français du Monde-ADFE. Il est aujourd´hui candidat d’Union Europe Écologie Les Verts. Sergio Coronado est engagé dans la lutte antiracisme, la solidarité internationale, la défense des droits de l’homme et le respect de l´environnement
http://sergiocoronado.eelv-legislatives.fr/

*Thérèse Marianne-Pépin
(Naît et vit en Martinique, candidate Parti Radical de gauche, professeure)

Née au sein d’une famille de fonctionnaires originaires de Lamentin (Martinique). Professeure des universités, spécialiste de la biochimie fondamentale, elle a toujours été impliquée dans la vie publique. La candidate a notamment été membre pendant 10 ans de la chambre économique de la région Nord-Pas-de-Calais. Engagée politiquement aux côtés du Parti Radical de gauche, elle est conseillère municipale de Lamentin depuis 2008.
En vue de briguer le poste de député des Français de l´étranger, Thérèse Marianne-Pépin fait valoir ses origines caribéennes, ainsi que son expérience de terrain. Actuellement, la candidate assume les fonctions de conseillère régionale PRG-GUSR de Guadeloupe, et de présidente de la commission de coopération internationale de la région. La candidate s’engage à préserver et protéger les droits des Français de l’étranger dans divers domaines (fiscalité, santé, éducation, retraite, accompagnement de retour).
http://marianne-pepin.netne.net

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