« El Gran DT »: la folie argentine pour le football version 2.0

el gran DTEn 2011, plus d´un demi-million de joueurs se sont inscrits pour la XVIe édition du « Torneo Fantástico ». Cela ne fait aucun doute, en Argentine, le pays du « Fútbol para todos », la passion du ballon rond est une des plus fortes au monde…

…il est donc tout à fait logique que les paris sportifs occupent une part considérable du marché des jeux. Et pour ceux qui souhaitent combiner la passion du foot et du jeu, il existe le « Gran DT » (« DT » pour Director Técnico, l’entraîneur). Créé en 1995 par le journal argentin Clarín, « El gran DT » a déjà recensé plus de trois millions de participants. Une popularité qui doit beaucoup aux gains financiers reçus par les joueurs -jusqu´à 100 000 pesos pour le vainqueur du tournoi-. Inspiré de la version londonienne « Dream soccer », le concours propose une autre alternative de pari, sans doute plus ludique et interactive. Quelque chose à la croisée de « Football Manager » (ce jeu vidéo où l’on doit former une équipe et la diriger tout au long de la saison) et du Loto foot. Avec le « Gran DT », le parieur devient acteur de ses paris.

Le principe est simple, les internautes s’inscrivent sur le site officiel et composent une équipe avec les joueurs évoluant dans le championnat national. 11 titulaires et 4 remplaçants, avec une limite de 3 joueurs appartenant à la même équipe. Le « Gran DT » attribue à chaque joueur un nombre de points, de 1 à 10, reflétant son niveau, ainsi qu’une valeur financière. Le système des « Cotizaciones » régule l’achat virtuel des joueurs par les participants au concours, qui voient leur budget évoluer selon les résultats. Avant chaque « fecha », ils doivent composer leur équipe, et espérer que les joueurs qui la composent brillent sur le terrain. Les statistiques du joueur dans le match réel correspondent à des points, négatifs ou positifs. Par exemple, si l’entraîneur virtuel a titularisé Riquelme, qui a marqué un but pour Boca, il gagnera 6 points. Une pénalité de deux points lui sera attribuée s’il reçoit un carton jaune, quatre si c’est un rouge. Ainsi, toute une série de gains ou de pertes de points est établie par le règlement : penalty arrêté, but marqué par un défenseur, par un milieu de terrain, but contre son camp… En additionnant tous les points recueillis par les joueurs de l’équipe, on obtient la quantité de points générale. L’entraîneur qui aura accumulé le plus de points remportera le tournoi virtuel.

Bien évidemment, le jeu s’adapte à la réalité. Ainsi, si un élément important vient à modifier le paysage du football national, on crée une nouvelle variable, ou une nouvelle section de jeu. Depuis la descente aux enfers du mythique River Plate, les entraîneurs virtuels peuvent désormais évoluer en « B national » (deuxième division argentine).

En France, le cousin du « Gran DT » s’appelle « Le championnat des étoiles » et est organisé par le magazine France Football. La version française, beaucoup moins populaire, devrait peut-être s’inspirer du mode de communication argentin, efficace, comme la dernière publicité officielle, dans laquelle apparaît Raúl Maradona. Connu sous le nom de « Lalo », le frère du héros national prend sa revanche sur le monde du football en devenant un héros du jeu virtuel.

Fabien Palem