La Nuit des Idées à Ostende

La Nuit des idées « pour un monde commun », une expérience de  rencontres entre philosophes, musiciens, historiens, anthropologues, écrivains qui s’est tenue simultanément dans 40 villes, tout autour du monde. En Argentine le lieu choisi était  le vieil Hôtel Ostende, près de Pinamar, l’hôtel le plus littéraire de la côte.

La nuit des idées Affiche 1Organisé de main de maître par Yann Lorvo,  Conseiller de coopération et d’action culturelle, Directeur de l’Institut français d’Argentine, l’évènement dont la thématique était la plage  a débuté jeudi 27 janvier par une table ronde de niveau  “olympique” présidée et coordonnée par Pierre-Henri Guignard, ambassadeur de France en Argentine, accompagné de Philippe Augier, maire de Deauville, Hernán Lombardi, ministre de “Medios y Contenidos Públicos”, AnÍbal Jozami, recteur de l’UNTREF et Martín Yeza, maire de Pinamar. “Nous avons choisi cette thématique afin de pouvoir débattre et réfléchir sur les temps de loisirs passés à la plage, ce qu’elle représente, non seulement au quotidien, mais dans notre imaginaire et percevoir quels balnéaires, quelles plages nous aurons dans un avenir proche” a précisé l’ambassadeur.

Les opinions exprimées par ces panélistes ont donné le ton des divers sujets qui allaient être débattus lors de ces deux journées par les différents intervenants : la liberté, la problématique des migrants qui échouent sur les plages européennes, les attentats terroristes, la littérature depuis Borges jusqu’à Quino avec Mafalda, la préservation de l’environnement,  la mixité sociale dans la démocratie – « la plage c’est l’apprentissage de la vie en partage, de la vraie fraternité dans l’égalité » a souligné le maire de Deauville.  Au premier rang se trouvait Gladys, la sœur du photographe José Luis Cabezas, assassiné à Pinamar le 25 janvier 1997 comme l’a relevé le maire de Pinamar. Il a  insisté sur sa volonté de revenir aux racines du balnéaire : une plage, un bois,  une bonne architecture, « récupérer la plage publique pour permettre à tous les citoyens ainsi qu’aux enfants des quartiers défavorisés d’en jouir de la façon la plus agréable posible ».

L’ambassade de France en Argentine s’occupe certes des échanges commerciaux entre les deux pays. « Mais l’ambassade a – également- pour vocation d’organiser des échanges comme celui-ci afin de renforcer les liens culturels noués historiquement entre l’Argentine et la France. Nous vivons des moments très difficiles car nous observons des grand pays se replier sur eux-mêmes. Nous pensons qu’à cela il faut répondre par le déploiement des idées, la libre circulation des personnes, l’exercice de la liberté. Yann Lorvo et son équipe de l’Institut Français travaillent sur un élément d’importance : permettre aux jeunes argentins d’étudier dans des universités françaises et aux jeunes français de venir le faire ici en Argentine ». .

Un programme des plus riches

Comme beaucoup d’activités étaient programmées à la même heure et toutes aussi intéressantes les unes que les autres, le choix était des plus difficiles. Ainsi la promenade musicale sur la plage de Arthur Des Radis, celle poétique menée par Esteban Feune de Colombi  qui a démarré avec le poème de Jacques Prévert « Deux escargots s’en vont à l’enterrement »; Ana Maria Bovo a ému son auditoire dans une performance de contes, elle qui n’a connu la mer qu’adolescente ; des débats sur des monstres marins au « parador » de l’hôtel ; le décryptage de la création de Paris-plage par leurs concepteurs Valérie Thomas et Jean-Christophe Choblet ou comment l’imagination a su concevoir l’imaginaire ; l’histoire culturelle des balnéaires par l’archéologue et historien Bernard Toulier  ; une série d’images présentées par l`historienne de l’art Diana Wechsler qui partant d’une photo de Horacio Coppola  (l’avenue portégne Juan B. Justo en 1936)  a fini par l’image d’une performance sur le thème des migrants installée sur une plage européenne pour nous rappeler que la plage, « cette ligne infinie de points juxtaposés est aussi un lieu d’incertitudes » ;  les enfants de 5 à 12 ans avaient également leur espace propre avec des lectures de contes. Il y eut aussi des projections de films dans la salle de cinéma de l’hôtel et sur la plage, au bord de l’eau.

Au tournant de l’hôtel Le Marché de l’association Lucullus offrait pâtisseries et spécialités gastronomiques françaises.

Ces deux journées intenses se sont closes tard dans la soirée du vendredi par un divertissant jeu de questions-réponses sur littérature, art, musique et histoire avec à la clé des livres aux lauréats.

 Suzanne Thiais

 + d’infos : http://www.institutfrancais.com/fr/actualites/nuit-des-idees-paris

 

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