« Vignettes métropolitaines » : les chroniques « métropoétiques » de Pierre-Henri Guignard

C’est à la veille de son départ pour le nouveau monde que le tout nouvel ambassadeur de France en Argentine a mis le point final à la dernière de ses chroniques métropolitaines. Ecrites au fil de l’eau et au gré de ses trajets en bus, métro ou RER, Pierre-Henri Guignard nous raconte Paris et sa banlieue et en filigrane on y lit l’histoire en cours, la COP 21, les manifestations contre la Loi travail, la Seine en crue, la Coupe d’Europe …

libroembajadorAu delà du quotidien de celui qui pendant 3 ans a été le chef d’orchestre de la COP 21, ses « vignettes métropolitaines » nous permettent de découvrir une autre facette d’un homme qui croque ses semblables avec talent, tendresse, humour et l’acuité d’un anthropologue.

De cette société métropolitaine galopante qui s’engouffre chaque jour dans ce dédale souterrain grondant et bruyant, il dresse un portrait subtil et divers. On y croise un voleur de téléphone dont il remarque qu’il est « athlétique » et bien « sapé », avant d’être sidéré par la rapidité avec laquelle il dérobe le cellulaire d’une passagère.

Dans une autre rame il repère un jeune homme qui immortalise ses semblables de quelques coups de crayons habiles avant de découvrir qu’il a lui-même été croqué à son insu.

Au hasard d’un autre voyage en bus cette fois, ce sont quelques têtes connues qui attirent son attention. Celles d’Hubert Reeves dont il nous dit qu’il fait tout pour « ressembler à Hubert Reeves ».

Peu de choses échappent à son observation des êtres et des situations, ni ces jeunes filles en fleur qu’il voit comme un « vol d’oiselles », ni ce jeune homme bien mis dont les gestes et les mimiques évoquent une conversation enflammée avant qu’il ne se rende compte qu’il n’a ni oreillettes, ni téléphone.

Ni cette beauté métisse qu’ illumine la rame, ni ce prêtre ultra connecté qu’il imagine futur évêque, ni ces silhouettes féminines qu’il devine ou qui s’exhibent …

Il se moque aussi de ses talents balbutiants de profileur lorsqu’il échafaude un scénario farfelu à propos d’un couple qu’il imagine se rendre chez l’échographe avant de le voir pousser les portes du cinéma de la Rue de la Convention.

Autant de croisements fugaces qui donnent matière à réflexion à Pierre-Henri Guignard et qu’il nous restitue dans des textes tout à la fois élégants, drôles ou facétieux.

Alors que l’on se sent parfois insignifiant dans ces lieux grouillants d’une foule indifférente et pressée, par son regard acéré et bienveillant, l’auteur redonne de l’humanité à ces voyages contraints.

La dernière de ses « vignettes métropolitaines » est un clin d’oeil à sa toute fraîche nomination comme Ambassadeur de France en Argentine. Il raconte avoir pris une photo d’un plan de métro parisien « un petit carré incluant l’Arc de Triomphe et la station Argentine » avec ce commentaire en forme de message à ses relations et aussitôt posté sur les réseaux sociaux, « on descend à la prochaine ».

Une friandise littéraire qui se picore au gré de ses envies … ou de ses voyages en RER. Et déjà on se prend à espérer une version sud américaine, une suite inspirée par le « subte » argentin et qui pourrait s’intituler « viñetas porteñas » …

Graziella Riou Hardouchi

« Vignettes Métropolitaines » de Pierre-Henri Guignard publié aux Editions L’Harmattan.

Egalement disponible en version numérique.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&isbn=978-2-343-11838-3&utm_source=phplist&utm_campaign=message_20185&utm_medium=email&utm_content=lienTitre