Charles-Henry Chenut, candidat député de la « Droite et du Centre » pour la 2ème circonscription

Charles-Henry Chenut, candidat comme député de « la Droite et du Centre » pour la 2ème circonscription –Amérique latine et Caraïbes- en visite à Buenos Aires, s’est entretenu avec Trait-d’Union et a expliqué les points principaux de son programme.

chenut2Né à Boulogne-Billancourt (1970) Charles-Henry Chenut est avocat au barreau de Paris. Il est à la tête d’un gros cabinet franco-brésilien de 120 collaborateurs –avec quatre antennes au Brésil et une à Paris-. « À ce titre j’ai une connaissance aigüe des problèmes qui se posent aux Français de l’étranger, car nous traitons autant les affaires de particuliers que celles des sociétés, voire des rapports bilatéraux entre les gouvernements » nous précise-t-il. Il a été Maître de conférences à Sciences Po, entre 2003 et 2010. et nommé, en 2006, par décret du premier ministre, Conseiller du Commerce Extérieur de la France. Cette double casquette publique et privée lui a permis, au sein des ministères d’en connaître toutes les facettes et d’appréhender de très près, les rouages de l’administration française. « Cela fait 10 ans que je connais l’Amérique latine et la parcours régulièrement. Ma femme est brésilienne, et nos deux enfants de 7 et 10 ans, sont franco-brésiliens. Nous vivons aujourd’hui à Paris, même si nous allons très régulièrement à Rio où nous avons également un autre domicile« , souligne-t-il.

TdU : Quels sont vos principaux engagements ?

CHC – « Ma vocation première est de traiter à Paris cinq ou six points fondamentaux… sur le traitement discriminatoire dont nous sommes victimes, nous les Français de l’étranger « :

1 – Suppression de la CSG/CRDS(1) qui pèse sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières des Français de l’étranger résidant hors de l’Union Européenne. « Cet impôt est inadmissible !J’irai voir le ministère des finances pour savoir pourquoi nous sommes traités comme des français hors la loi« .

2- Suppression des Certificats de vie délivrés par le consulat en présence impérative de l’intéressé. En France c’est une déclaration sur l’honneur, à l’étranger une contrainte administrative avec des conditions formelles. L’administration recommande d’aller au commissariat local, pour éviter les voyages, les longs déplacements et les coûts en découlant, toutefois la police locale, ignorant la nature de ce papier, n’est pas encline à le signer. « Je veux aller plus loin et obtenir la dématérialisation totale de cette démarche« .

3 – Carte Vitale, étendre au conjoint le droit de l’obtenir. Le conjoint de l’assuré n’a pas le droit à la carte vitale, tandis que les Français vivant dans l’hexagone ou même en Europe, oui. « J’aimerais savoir pourquoi… qu’on me donne une bonne raison. Nous les français hors Europe nous sommes discriminés« .

4 – Octroyer l’Identifiant national étudiant à tous les lycéens de l’étranger pour faciliter leur inscription dans l’enseignement supérieur. L’INE est un code que l’enfant reçoit au début de sa scolarité qui lui permet d’entrer dans les logiciels de l’administration… Aujourd’hui ça n’existe pas (pour les enfants français de l’étranger)…les proviseurs sont obligés de « bidouiller » une présentation, qui permettra à l’élève de s’inscrire dans l’enseignement supérieur en France… »un système bâtard« .

5 – Dernier point discriminant le handicap « que j’aimerais lever très vite…voire aussi le handicap à l’école. Je voudrais, si j´étais élu avoir une MPH (Maison des personnes handicapées) pour les Français de l’Etranger »…dans tous les départements de France il existe une maison du handicap… qui permet d’avoir des informations, des orientations et des aides….C’est virtuel, on fait un site internet »

« La dématérialisation, -tout ce qui est électronique c’est un vrai sujet-, pour moi, c’est le travail du député« .

Pour Charles-Henry Chenut le premier travail du député est de détecter les problèmes rencontrés sur le terrain et d’aller à Paris faire du « lobby  » pour arriver à « les débloquer, pour que nous ne soyons pas des français de seconde zone, mais des Français à part entière« .

Outre ces problématiques techniques à éclaircir à Paris, Chenut énonce les deux grands axes plus ambitieux, plus transversaux de son programme qui lui tiennent particulièrement à cœur.

L’un ce qu’il appelle le « Plan école », qui comprend :

1 – Assurer un enseignement complémentaire en français.

Partant du constat que 65% des enfants français ne fréquentent pas un établissement enseignant le français… les lycées existants sont des établissements privés, chers et souvent géographiquement excentrés, « Il faut réfléchir à d’autres offres éducatives » dit-il. Une expérience qu’il a approché à Curitiba au Brésil et qui consiste à insérer dans un établissement bilingue –portugais/autre langue- une offre de français via le programme du CNED(2) avec la présence d’un professeur de l’Alliance française 1 à 2 h par jour – lui semble, au vu du succès remporté par cette initiative, une proposition valable. Il préconise le rassemblement de tous les intéressés –lycée, écoles FLAM(3), autres établissements d’enseignement, monde des affaires- avec la présence du député en qualité de modérateur pour procéder à une ample réflexion sur des propositions pour les prochaines quinze années à venir. Pour lui le milieu entrepreneurial doit se rapprocher de l’école.

2 – Mettre sur pied un système de bourses au mérite inexistant actuellement. Pour ce faire convoquer des entreprises, des associations locales d’entre aide…

3 – Handicap à l’école : formation des enseignants, AVS (auxiliaire de vie scolaire)

4 – Pratiques addictives en milieu scolaire – drogues et alcool-, le candidat constate que « c’est un vrai problème dans toute l’Amérique latine et en outre urgent »… »J’aimerais un plan de lutte anti-drogues pour l’Amérique latine » et il donne en exemple le CIFAD (Centre interministériel de formation anti-drogue) basé à Fort de France en Martinique. Des spécialistes de cet organisme se déplacent à la demande dans les établissements du continent pour faire des formations et des séminaires de lutte contre la drogue auxquels peuvent être conviés parents, enseignants, élèves.…

5 – Enfin il est important que l’apprentissage de la langue française s’appuie sur le numérique. Il faut trouver des solutions ingénieuses, développer des jeux ludiques pour apprendre le français, comme les SIMS (jeux vidéo de simulation sociale et stratégique) par exemple.

Le second axe la « Francophonie entrepreneuriale »

S’inspirant d’un rapport « Francophonie et francophilie entrepreneuriale, moteur de croissance durable » dirigé par Jacques Attali, qui s’intéresse aux moyens d’exploiter le potentiel économique de la francophonie à travers la promotion de la langue et de la culture françaises, Chenut voudrait faire du Français la langue de l’emploi, il énumère plusieurs pistes possibles :

1 – la formation ; demander à l’Alliance Française d’avoir un programme cohérent dirigé aux salariés des entreprises françaises

2 – l’emploi : créer une bourse francophone de l’emploi en base à des listings d’anciens du lycée de VVT(4), de V.I.E.(5) et d’entreprises

3 – Journée de la francophonie entrepreneuriale

Chenut constate que trop souvent des personnages locaux ayant fait des études en France se retrouvent, à des postes d’importance dans leur pays, mais ont perdu tout contact avec la France. Il désirerait organiser des Journée entrepreneuriales en faisant se rencontrer des hommes politiques français, et argentins, des hommes d’affaires, des étudiants, des VVT, V.I.E., stagiaires etc… retisser des liens économiques et politiques entre locaux et français, et de résumer « que tout se fait par relations…ce n’est possible que si l’on garde le lien ! ».

TdU – L’étendue du territoire -33 pays- pour le député n’est-ce pas une entrave ?

CHC : « je prendrai pour chaque pays une action prioritaire et j’ai bien compris qu’ici la priorité c’est – drogues-alcool-« . Rassembler dans chaque pays les forces vives, « créer des comités de réflexion…ce sont les locaux qui peuvent aider, j’ai constitué des antennes un peu dans tous les pays »

TdU – Que pensez-vous de la réserve parlementaire ?

CHC – « Je réfléchis à son maintien car elle a une caractéristique très clientéliste« , toutefois Chenut reconnaît son utilité, dans beaucoup de cas, les sommes octroyées aident de nombreux projets à se maintenir ou à voir le jour. Il décrit à ce sujet l’exemple du sénateur Cadic qui fait analyser et sélectionner tous les projets par un comité et fait ensuite remettre les aides financières au nom de la France et non en son nom propre.

 

 

Propos recueillis par Suzanne Thiais et Marie-Françoise Mounier-Arana

 

 

(1) CSG/CRSD : contributions sociales

(2) CNED : Opérateur public de l’enseignement à distance

(3) Ecoles FLAM : écoles de Français LAngue Maternelle

(4) VVT : Visa Vacances Travail (pour étudiants)

(5) V.I.E. : Volontariat International en Entreprise

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