Julien Bouchard nouveau consul général de France en Argentine et au Paraguay

Le Trait-d’Union a rencontré Julien Bouchard, récemment nommé pour succéder à Raphaël Trannoy à la tête du consulat général de France en Argentine et au Paraguay

Tout fraîchement arrivé, cela fait à peine un mois qu’il occupe son bureau rue Basabilbaso, Julien Bouchard est revenu sur son parcours et a brièvement esquissé quelques uns des projets qu’il souhaiterait développer au cours de son mandat. Ce jeune chef de poste, il a un peu plus de 40 ans, aimable et souriant, a le don de mettre dès le début son interlocuteur en confiance et se prête de bonne grâce à l’entretien journalistique.

« J’aime beaucoup les langues » affirme-t-il. En effet, polyglotte, le nouveau Consul maîtrise l’anglais, l’espagnol, le turc, le portugais, a des connaissances de malgache et, en outre, étudie le chinois. Ce qui lui donne accès à des cultures différentes. « Je suis passionné par la culture en général. Or quand vous avez la langue vous avez accès au cinéma, à la littérature…à la culture », « c’est une façon de penser le monde aussi ».

Cet ancien étudiant de classes préparatoires littéraires est revenu sur ses années de carrière de diplomate au sein du ministère des Affaires Etrangères. « Nous, en tant que diplomates, on est de passage », souligne-t-il. C’est ainsi qu’il a parcouru le monde et été nommé à divers postes, ne restant chaque fois, comme s’est la règle, pas plus de quatre ans au même endroit.

Premier poste, la Colombie

Julien Bouchard a commencé sa carrière très jeune, à 23 ans, alors qu’il faisait son service militaire en coopération à l’étranger. Il est envoyé en 1998 pour un an et demi dans la province colombienne afin de prendre la responsabilité de l’Alliance Française à Bucaramanga, en pleine période troublée par la guerilla menée par les FARC contre la société civile et le gouvernement colombiens. Il a beaucoup apprécié cette première expatriation, malgré les escarmouches et les rapts quotidiens qui contraignaient les habitants à prendre l’avion pour entrer et sortir de la ville ; la route était trop peu sûre.

L’expérience de Madagascar

Il rentre ensuite en France pour suivre un master en management culturel, et repartir travailler pour l’Alliance Française ailleurs. En 2000, il est désigné pour quatre ans à Madagascar comme directeur de l’Alliance Française de Majunga. Il y vit une expatriation difficile en raison de l’extrême pauvreté du pays qui limitait les relations normales avec les locaux. C’est là qu’il abordera les questions de sécurité en collaboration avec le consul, notamment lors des six mois de crise politique début 2002 qui entraînèrent, entre autres conséquences, le siège de plusieurs villes dont Majunga.

La Turquie et des relations franco-turques délicates

Il revient en France, en 2004, et devient titulaire à la direction des affaires culturelles et de coopération puis des affaires économique du ministère à Paris, après avoir passé le concours de secrétaire des affaires étrangères. C’est à cette époque qu’il entreprend d’apprendre le turc dans le but de passer le concours de conseiller des Affaires étrangères ; cet examen requière, en effet, la connaissance d’une langue orientale. Concours en poche, il est nommé en 2007 au poste de conseiller de presse à Ankara et chargé des déplacements de l’Ambassadeur en Turquie. Il y restera 4 ans. Le pays n’est alors pas encore touché par le conflit syrien, en revanche, la relation franco-turque est particulièrement tendue en raison de l’opposition du président Sarkozy à l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne et à la loi pénalisant la négation du génocide arménien votée par le parlement français en 2006.

Le Nicaragua et de nouvelles responsabilités en France

Après la Turquie, il est nommé premier conseiller d’Ambassade au Nicaragua, où il restera trois ans, de 2011 à 2014, sous le régime autoritaire d’Ortega. Puis, il rentre à nouveau trois ans en France pour occuper le poste de responsable de formation à la direction des ressources humaines du ministère des affaires étrangères. Il participe alors à l’élaboration d’une nouvelle formation pour les diplomates, qu’il étudiera lui-même, se déplaçant régulièrement entre Nantes et Paris où sont implantés les centres de formations. Ce long parcours l’amène aujourd’hui à prendre la tête du Consulat de France en Argentine et au Paraguay pour un mandat de quatre ans. Sa femme, elle-même fonctionnaire au ministère, travaille également : le couple fait en sorte de partir pour des destinations offrant des postes disponibles pour chacun d’eux.

Et puis Buenos Aires

A peine entré en fonctions, le nouveau consul s’est déjà rendu samedi 7 octobre dernier à Mendoza, aux côtés des représentants de la chambre de commerce et du consul honoraire de la ville, pour l’inauguration d’un mural de Luis Quesada représentant l’amitié franco-argentine sur la Plaza Francia et assister au lancement de la semaine Viví Francia dans cette ville. Aux commandes de son nouveau poste, Julien Bouchard a déjà quelques ébauches de projets pour l’Argentine. Tout d’abord, il insiste sur la nécessité de « maintenir la qualité du service consulaire », et ajouter à la compétence rapidité et efficacité. De même il prône, « la cohésion de l’équipe [consulaire] » dont l’atout est la diversité, composée à la fois de jeunes et d’agents bien expérimentés, d’expatriés et de nationaux. Il tient notamment à continuer l’organisation de tournées consulaires, de 2 à 4 jours, pour faciliter l’accès de la communauté française à l’administration consulaire en province. Un autre de ses objectifs se porte vers l’amélioration de la communication. Il envisage de « créer un pôle de communication plus dynamique et systématique à l’usage de la communauté française », en augmentant la présence sur les réseaux sociaux et en faisant remonter plus d’informations positives concernant le consulat, ce qui inclurait également celles relayées par les consuls honoraires. Il souligne l’importance des réseaux sociaux ; il s’est d’ailleurs créer un compte twitter personnel sur lequel il communique en tant que consul. Concernant le réseau associatif, Julien Bouchard prévoit de rencontrer les associations du pays, à Buenos Aires mais également en province pendant ses déplacements, et envisage de jouer un rôle de « caisse de résonance» en les aidant à se fédérer et en relayant leurs informations. En revanche, l’inventaire des lieux de mémoires français, proposé par l’Ambassadeur, n’a pas encore débuté et semblerait difficile à exécuter car, à l’heure actuelle il ne disposerait pas d’agent disponible pour s’en charger. Il insiste par contre sur les questions de sécurité et informe que les 16 et 17 novembre prochains, aura lieu une réunion du réseau consulaire durant laquelle sera organisé le comité de sécurité. Enfin, dans le cadre de sa fonction, de nombreux déplacements seront prévus pour rencontrer la communauté française et les autorités locales. Le prochain déplacement sera à Córdoba à la fin du mois de novembre durant lequel il accompagnera l’ambassadeur, avec un groupe d’entreprises pour visiter le gouvernement de la ville.

Propos recueillis par l’équipe de Trait-d’Union

Photo : Faustine Luneau