Suzanne nous a quittés

Directrice adjointe du Trait-d’Union, Suzanne Thiais, journaliste de profession et de vocation, possédait un esprit curieux et perspicace, de personnalité attrayante et ouverte elle était généreusement tournée vers les autres.

Suzanne, fille de diplomate est née par hasard à Madrid, son père y étant consul.

Au moment de son adolescence, en 1959, la famille s’installe à Buenos Aires, où Pierre Thiais est nommé consul général. Les Thiais ne quitteront plus l’Argentine…le père meurt prématurément en 1967. Suzanne, fille unique, fait ses études au collège Crespin, établissement d’enseignement français privé, ancêtre du lycée franco-argentin actuel. Mariée très jeune, une première fois à 18 ans avec un coureur automobile (formule 3), père de ses 3 premiers enfants –Paul, Vincent et Sonia- elle vit au début de son mariage quelques années à Londres, puis en France, en Espagne et en Allemagne. Elle commence à s’essayer au journalisme automobile, en écrivant des articles sur le sport que pratiquait son mari. Une pionnière pour l’époque, aucune femme n’avait encore écrit sur l’automobilisme. De retour en Argentine et après la séparation d’avec son mari, elle commence à travailler à l’ambassade de France durant une dizaine d’années et sera ensuite successivement professeur de français à l’Alliance et donnera des cours particuliers de français.

De son second mariage, naît sa deuxième fille, María Inés. Entre temps elle fait une licence en relations publiques à la U.A.D.E. et suit des études de journalisme.

Sa passion pour cette profession et son goût du numérique l’ont faite transiter, ces dernières années, par les publications françaises ayant circulé ou circulant encore dans notre communauté. Elle travaille à la fois pour le « Petit journal », puis fonde elle-même une lettre hebdomadaire « La cédille », ambitieux projet qu’elle a mené avec sa fille Sonia. Dernièrement elle était directrice adjointe de Trait-d’Union, publication numérique quotidienne, circulant en Argentine. Elle était membre de l' »Asociación de Corresponsales Extranjeros en la Argentina » (ACE).

Elle répétait souvent pour être journaliste, il faut être curieux… »dans notre profession la curiosité n’est pas un défaut mais au contraire une grande vertu ».

Ses amies sont d’accord pour dire que Suzanne n’a pas eu une vie très facile, avec des périodes souvent marquées par des problèmes économiques. Cependant avec courage, humour et détermination elle affrontait les difficultés sans jamais se plaindre. De nature généreuse, elle allait au devant des autres et malgré ses propres  vicissitudes, savait se réjouir de la réussite et du bonheur d’autrui.

Ces dernières années, elle avait assumé avec détermination et générosité son rôle de conseillère consulaire toujours dans une quête d’aide et de soutien à ceux de nos compatriotes les plus défavorisés.

Suzanne vivait seule : très sociable elle ne manquait aucune occasion de se retrouver avec ses amis et assistait avec assiduité aux réunions des associations dont elle était membre ainsi qu’aux nombreux autres rendez-vous auxquels elle était conviée en tant que conseillère consulaire ou comme journaliste (A.C.E., Anciens Combattants, Trait-d’union, Ambassade, Consulat et bien d’autres).

Elle était très proche de ses enfants et petits enfants qui le lui rendaient bien. Ils ressentaient pour elle une immense affection, ils l’ont soutenue jusqu’au dernier momento.

… Suzanne tu vas beaucoup nous manquer !

Le Trait-d’Union
Crédit photo : Graziella Riou

Dernière minute : une petite cérémonie « républicaine » en hommage à la mémoire de Suzanne a été organisée par M. l’ambassadeur, hier mercredi 14 mars, dans le salon doré de l’ambassade, en présence de la famille et de nombreux membres de la communauté française.