Conférences sur le 100ème anniversaire de l’armistice de la première guerre mondiale (1914-1918)

Précédant de quelques jours l’anniversaire à proprement dit, deux séries de conférences ont été organisées mercredi 7 novembre par l’Institut français, dans l’espace Renault de l’Alliance Française.

Olivier Wieviorka

La première partie avait pour thème “Les leçons de l’histoire, la paix du futur”, sujets abordés par les ambassadeurs de France, Pierre-Henri Guignard et d’Allemagne, Jürgen Christian Mertens,

La première guerre mondiale, la “Grande Guerre” a été particulièrement cruelle et sanglante : plus de dix millions de soldats et prés de neuf millions de civils sont morts, sans compter un nombre aussi important de mutilés. Cette conflagration s’est produite au niveau mondial  puisqu’elle a vu s’affronter la plupart des pays d’Europe et leurs colonies, puis dans une seconde phase les grands pays hors Europe, Etats Unis, Russie, Japon, etc….

Au terme de la « grande guerre » de nombreux traités,-dont celui de Versailles- et conventions ont été ratifiés afin de protéger les populations et les nations d’un tel enfer. Et pourtant 20 ans plus tard éclatait la deuxième guerre mondiale.

Il s’avère donc plus que jamais nécessaire d’essayer de comprendre la genèse de tels conflits et d’aider les jeunes générations à construire un futur de paix et d’entente.

Dans cette optique le président français Emmanuel Macron a entrepris, pour ce 100ème anniversaire, de sensibiliser les nations et les populations sur les risques encourus, face par exemple à une potentielle disparition de l’Union Européenne. Macron a rencontré son homologue allemand, puis a entrepris un “itinéraire mémoriel” dans les Hauts-de-France, région où s’est déroulée la guerre des tranchées. 72 chefs d’état et 98 délégations étrangères seront à Paris les 10 et 11 novembre pour célébrer le centenaire de l’armistice 14/18.

Le deuxième volet de cette rencontre s’est présenté sous forme de table ronde réunissant des spécialistes comme Rut Diamant, politologue, professeur à l’université Di Tella (UTDT), chercheuse au CONICET, Maria Iñes Tato, historienne et chercheuse au CONICET et le Professeur Olivier Wieviorka, historien, professeur à l’École Normale de Cachan, autour du théme

“ Pour que jamais plus……construire la paix 100 ans après la fin de la première guerre mondiale”

La professeur Rut Diamant résume l’un des aspects particulièrement dramatique du conflit 14/18 : l’utilisation à grande échelle d’armes chimiques non seulement contre les combattants mais également contre les populations civiles et rappelle que, plus près dans l’histoire, durant la « guerre sale » des années 60/70/80, en Argentine, au Chili et au Brésil, l’objectif des attaques ont également été les populations civiles.

Le professeur Olivier Wieviorka fait, quant à lui, le constat de l’échec du traité de Versailles, qui malgré ses énoncés de bonnes intentions n’a pas évité de déboucher sur la seconde guerre mondiale. La dissolution des empires Allemand, Austro-Hongrois, Ottoman et Russe, crée de nouveaux petits états qui se referment sur eux-mêmes par crainte d’être annexés. L’Italie, l’Ukraine, l’Autriche et l’Allemagne sont frustrés par le traité de Versailles. Les Etats-Unis ne le ratifient pas non plus. La Société des Nations créée pour préserver la paix en Europe souffre de l’absence des Etats-Unis et perd sa légitimité face à l’Allemagne. Le désenchantement, la déception et la soif de revanche, font fleurir les nationalismes et conduisent rapidement à la guerre de 39/45.

Aujourd’hui, l’Europe se retrouve dans une situation similaire. Les différents pays se referment sur eux-mêmes et on assiste a une résurgence notoire des nationalismes. Cette réapparition du nationalisme et la montée au pouvoir des extrémismes, aussi bien de droite que de gauche mettent en péril l’Union Européenne et la paix dans le monde.

Les jeunes générations ont le devoir de se souvenir du passé et vont devoir corriger les tendances néfastes du présent afin d’assurer un monde meilleur dans le futur.

Bianca McMaster

Crédit photo : Bianca McMaster