Entre perros y lobos

Vera Cirkovic présente son nouvel album

Le treize décembre dernier, c’est au « Camarín de las musas » que Vera Cirkovic, muse parmi les muses, présentait son nouvel opus Entre perros y lobos composé de douze chansons. Que le titre ne vous trompe pas : c’est bien en français que Vera nous offre son répertoire.

Si vous êtes amoureux de la chanson française des années d’après-guerre, il ne vous faudra pas rater les prochaines présentations de Vera. De Ferré à Gainsbourg en passant par Jacques Brel, la plupart des grands auteurs sont là : Charles Dumont, Georges Moustaki, Jacques Brel, Gerard Jouannest, Guy Béart, Joseph Kosma, Raymond Queneau, Pierre Delanöe… Des œuvres remarquables rehaussées par trois des interprètes les plus talentueuses de cette époque, j’ai nommé Juliette Gréco, Barbara et, bien sûr, Edith Piaf.

Nous voici donc partis pendant à peu près une heure et demie pour un émouvant voyage dans le temps où, pour certains d’entre nous, dans le public, les mélodies se mélangent sans aucun doute à des souvenirs. Pour les plus jeunes, il reste à apprécier les textes chantés par Vera accompagnée  d’un piano au son légèrement décalé que mène avec maestria Piedro Giordanelli, et « Kano » à la basse. Tous deux accompagnent la chanteuse avec tact, laissant à sa voix tout l’espace qu’elle mérite.

Vera est au centre, debout, tout de noir vêtue, comme il se doit. Elle ferme souvent les yeux comme pour mieux s’imprégner de son chant et lui laisser le rôle principal.  Parfois, les bras effectuent un léger mouvement circulaire autour d’elle, invités par un passage ou une mélodie plus marquants. Les chansons s’égrènent, le public fredonne aussi, La Javanaise, Si tu t’imagines, Milord… le temps passe doucement. On sent une appétence toute spéciale pour Barbara à travers les petits jeux de voix, les respirations…

La Foule, que nous connaissons bien grâce à Edith Piaf, est le temps fort du spectacle. Vera partage la scène avec le ténor Dario Volonté pour un très beau duo chanté en espagnol et en français. On sait que cette chanson est, à l’origine, un thème argentin, Que nadie sepa mi sufrir, écrit en 1936 par Angel Cabral.

Vera privilégie l’ambiance « cabaret », les choses peuvent au fil du spectacle ne pas se dérouler comme sur du papier à musique. Ceci ne l’empêche pas d’avoir une grande proximité avec le public : elle lui parle, présente les chansons à venir et invitera même une spectatrice à chanter La vie en rose avec elle, lors du bis. Mais cette décontraction est toute relative et n’atténue en rien le professionnalisme de la chanteuse : on s’arrête si le son de la basse a besoin d’un réglage, on reprend une intro…

Par ce tour de chant, Vera Cirkovic concluait son année de concerts de chansons françaises. Mais il n’y a pas que le cabaret, il y a aussi l’opéra et la comédie musicale, carrière menée en parallèle. Elle s’est produite au CCK pour interpréter « La voix humaine » de Francis Poulenc d’après un texte de Jean Cocteau. Dans l’immédiat, après une présentation à Córdoba pour des chants de Noël, direction Punta del Este en Uruguay.

On ne peut terminer sans évoquer les projets proches ou lointains. Vera reviendra chanter en janvier au « Camarín de las musas », et après, il y aura, peut-être, un travail uniquement basé sur les chansons de Barbara qu’elle admire. Ce dont on s’était déjà un petit peu rendu compte…

On attend avec impatience.

 

Jérôme Guillot

 

Vera Cirkovic sur facebook : https://web.facebook.com/vera.cirkovic.7