La quatrième « nuit des idées 2019 » en Argentine à Ostende et Mar del Plata

Il n’y a pas qu’en Argentine que vient de se dérouler la quatrième nuit des idées -une très longue nuit d’ailleurs puisqu’elle a duré du 31 janvier au 2 février-, organisée par l’Institut Français.

Un événement culturel exceptionnel qui s’est installé dans les cinq continents du globe -la liste des pays participants serait ici trop longue à donner[1]– sur le thème « Face au présent, revisiter le passé, imaginer des futurs inédits ».

C’est à Ostende et à Mar del Plata que la « Nuit des idées » s’est installée en Argentine. Ostende ? Une petite station balnéaire qui nous rappelle la Belgique et Léo Ferré[2], fondée en 1908 par deux visionnaires belges qui voulaient reproduire à l’identique sa lointaine sœur aînée belge. Un siècle plus tard, de ces rêves oubliés subsistent quelques édifices de l’époque dont, parmi eux, le « Vieil hôtel d’Ostende » construit en 1913. C’est ici que la « Nuit des idées » s’installera pour deux jours avant de filer au nouveau « Musée d’art contemporain[3] » à Mar del Plata à quelques trois heures de route, un peu plus loin le long de la côte atlantique.

Contraste saisissant. D’un côté, un hôtel chargé d’un certain passé, probablement révolu, où, dans de nombreuses parties du vieil édifice rénové et au milieu des vacanciers continuant à prendre tranquillement leur bain de soleil près de la piscine de l’hôtel, des événements culturels se succéderont sans interruption de la fin de l’après-midi jusqu’à une heure avancée de la soirée. Ambiance feutrée, paisible mais néanmoins intense mêlée à l’odeur mélangée de sable, de soleil et de crème pour bronzer. De l’autre, un immense cube cimenté, symbole d’un modernisme culturel que l’on retrouve un peu partout dans le monde. Des conférences qui se déroulent dans une ambiance effervescente au milieu de nombreux badauds déambulant dans les salles, un peu interloqués de voir ces gens dissertant un peu partout dans le musée, situation presque incongrue, où l’on entend parler parfois une langue inhabituelle bien que reconnaissable. Parmi les heureux ayant pu participer aux quatre journées, chacun aura sa préférence concernant ces deux lieux. Pendant deux jours, le vieil hôtel d’Ostende devint un centre culturel provisoire entouré de dunes et de chemins de sable ; pendant deux jours, le « MAR » accueillit un événement parmi d’autres, un peu noyé dans la ville mais dans un monde connecté et globalisé.

Mené de main de maître par Yann Lorvo, notre conseiller culturel en Argentine, ces nuits ne laissaient guère de répit pour celles ou ceux désireux de s’y impliquer totalement. Impossible de tout voir, même si ce qu’on avait raté dans l’un des deux sites, proposait une session de rattrapage dans l’autre. Tel n’était probablement pas le but. De ce programme à la carte, chacun en avait pour son compte et pouvait sans regret choisir ce qui lui convenait. Un fil rouge donc. Le présent, le temps, déclinés en deux langues et mêlant toutes les disciplines : sciences exactes et humaines, l’art sous toutes ses formes… De nombreux participants -impossible de tous les citer ici- de renom, argentins, français. De ces riches moments trop rares, que nous en reste-t-il après ? Au-delà de la sensation d’avoir pu toucher un savoir auquel nous n’avons que trop rarement accès – le tourbillon de notre vie quotidienne ne nous en laisse guère l’occasion mais peut-être est-ce aussi un peu de notre faute -, et du sentiment que toutes ces informations nous ont « appris » quelque chose ; et une fois que ces « nuits » refermées nous permettent un premier tri dans nos cerveaux saturés, de nombreuses questions nous assaillent. Plus nombreuses, peut-être, que celles que nous pensions avoir résolues. Mais n’est-ce pas là le but final et avoué de ce genre d’événements ?

Dans les prochaines éditions du « Trait-d’Union », nous essaierons de vous faire revivre un peu de ces quatre journées d’été. Des journées de vacances, certes, mais pas pour l’esprit…

[1] Pour notre sous-continent, avec l’Argentine, le Pérou, l’Equateur et la Colombie accueillaient la « Nuit des idées ».

[2] Auteur avec Jean Réné Caussimont de la chanson « Comme à Ostende ».

[3] Voir à propos du musée : https://es.wikiarquitectura.com/edificio/museo-de-arte-contemporaneo-buenos-aires-mar/

Photo : Le « Vieil Hôtel  » à Ostende

Voir sur le site de la Nuit des idées https://www.lanuitdesidees.com/fr/

 

Jérôme Guillot