Un anniversaire qu’il ne fallait pas manquer

Le 10 Mars s’est déroulé, dans la joie et la bonne humeur, la célébration du cinquantenaire du lycée franco-argentin Jean Mermoz.

50 ans jour pour jour après sa première rentrée des classes en 1969, l’établissement a ouvert ses portes au public à 11h. Un moment riche en émotions, mais surtout en retrouvailles pour la plupart des convives. L’Ambassadeur de France, le consul général les représentants des services officiels français étaient présents accompagnés par Joachim De Sousa, le proviseur dynamique, euphorique attentif au moindre détail. Elèves, anciens élèves, professeurs, parents d’élèves, personnels du lycée, dont deux anciens proviseurs -qui avaient spécialement fait le déplacement depuis la France-, Bernard Pujol et Monique Schmitt-Maas, autorités de l’A.E.F.E., se sont côtoyés tout au long de la journée, rythmée par de nombreux discours et interventions musicales, notamment par la chorale de la fondation culturelle « Jean Mermoz » ou le sympathique ensemble de percussion et sa « batucada » tonitruante. 12 chefs cuisiniers parents d’élèves s’étaient également associés pour concocter un menu unique, que les invités ont pu déguster tout au long de la journée. « Foodtrucks » et autres stands étaient dressés dans la cour, pour le bonheur de tous, de l’amateur de bière aux petits pains aux chocolats. Des ateliers et jeux en plein air pour les enfants ont été respectivement mis en place par les deux associations de parents d’élèves, Amicale et Fraternité, afin de permettre à petits et grands de profiter de ce rendez-vous festif et original dans une cour où normalement n’évoluent que des élèves d’âges variés.

Trait-d’Union a profité de ce grand rendez-vous pour s’entretenir avec l’un des référents de l’histoire du lycée jusqu’à son départ à la retraite : Ricardo Polo.

Ricardo Polo a été directeur du primaire de Jean Mermoz durant plus de 30 ans, de 1975 à 2009, date de son départ à la retraite. Directeur dévoué et apprécié de tous, il revient ici, à travers cette interview, sur quelques unes des étapes de sa vie et de sa carrière.

Ricardo Polo entre au lycée en 1975, un an seulement avant le début de la dernière dictature militaire Argentine. Avant, il avait été pendant plusieurs années professeur dans le quartier de Liniers. Il confie au Trait-d’Union avoir été très impliqué dans l’aide aux plus démunis, notamment avec les enfants vivant en conditions très précaires dans les bidonvilles. Il a également travaillé en tant qu’assistant social au sein du  » Ministerio Nacional », puis a été directeur du « Centro de atención familiar » n°19 dans la banlieue de Buenos Aires, avant de collaborer à l’éradication de certaines « villas de emergencia ».

C’est le 27 août 1975 que commence son histoire avec le lycée franco-argentin, où il prend, initialement de façon provisoire, le poste de directeur de maternelle et de primaire… il y restera finalement jusqu’au 30 Septembre 2009.

Aujourd’hui retraité de sa fonction de directeur, Ricardo Polo est toujours très occupé, il écrit des contes, des romans historiques et policiers mais aussi des pièces de théâtre et les paroles de chansons folkloriques argentines.

Sa vie au lycée…

Premiers souvenirs, premières responsabilités et premières missions, Ricardo Polo se rappelle ses premiers moments au sein de Jean Mermoz. Il se dit avoir été impressionné par l’implication et les investissements de la France en matière d’éducation. Ayant été présent depuis 1975, il a pu assister et conduire de nombreuses réformes quant à l’harmonisation des programmes et à la collaboration des deux cultures, et est fier de ce qu’est devenu l’établissement au fil du temps.

Au cours de l’interview, il évoque la dictature argentine (1976-1983), qui a marqué la vie du peuple argentin mais aussi la vie au sein du lycée franco-argentin à l’époque. L’établissement, comme nombre d’institutions, à souffert durant cette période ; les programmes passés au crible, la culture française réprimée, mais aussi des espions infiltrés au cœur même du corps enseignant ainsi qu’une ligne téléphonique spéciale mise en place pour la délation des familles ne respectant pas les règles imposées par le régime.

Finalement, il note les nombreuses évolutions et changements qu’a traversé l’établissement depuis sa création, selon lui, le lycée « s’est humanisé et démocratisé » dans sa relation avec les élèves, mais aussi avec les parents d’élèves.

Elhia PASCAL-HEILMANN.

Partager sur