Un écrivain argentin en lice pour le Goncourt

Le livre de Santiago Amigorena « Le ghetto intérieur », primé le 9 septembre au prix des libraires à Nancy, est sélectionné parmi les ouvrages présentés lors du Goncourt et du Renaudot 2019.

« Le 13 septembre 1940, à Buenos Aires, l’après-midi était pluvieuse et la guerre en Europe si loin qu’on pouvait se croire encore en temps de paix ». Ainsi commence le livre de Santiago, inspiré par l’histoire de son grand-père argentin, Vicente Rosenberg.

L’histoire met en scène des amis juifs, exilés, au café, qui s’interrogent sur cette Europe lointaine qu’ils ont fuie en bateau quelques années plus tôt. Vicente Rosenberg est l’un d’entre eux, il a épousé Rosita en Argentine. Que deviennent leurs mères, amis, frères restés en Pologne ? La mère de Vicente lui écrit une dizaine de lettres auxquelles il ne répond pas toujours. Dans l’une d’elles, il peut lire : « Tu as peut-être entendu parler du grand mur que les Allemands ont construit. Heureusement la rue Sienna est restée à l’intérieur, ce qui est une chance, car sinon on aurait été obligés de déménager ». Ce sera le ghetto de Varsovie. Elle mourra déportée dans le camp de Treblinka II. C’était l’arrière-grand-mère de l’auteur.

Santiago H. Amigorena revient sur la tragédie de son aïeul et la façon dont l’onde de choc de la Shoah se répercute encore et toujours. Il interroge le « ghetto intérieur » de l’exil, la vie mélancolique d’un homme qui s’invente une vie à l’étranger puis prend conscience du drame qui se joue en Europe.

Santiago est un auteur, cinéaste, réalisateur, né à Buenos Aires en 1962. Adolescent, fuyant les régimes dictatoriaux, il émigre avec son père en France.

Louise Le Borgne

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