Vers un gel temporaire des prix de l’essence ?

9 août 2012 (Le Monde) : Tous ceux qui ont utilisé leur voiture pour partir ou revenir de vacances ont pu s´en rendre compte, les prix à la pompe sont repartis à la hausse. Selon les chiffres communiqués lundi 6 août au soir par le ministère de l´écologie et de l´énergie, les prix du gazole et de l´essence ont renoué avec des niveaux qu´ils n´avaient plus connus depuis début mai. Ainsi, le gazole a grimpé d´environ 1 centime à 1,4060 euro le litre en moyenne, l´essence sans plomb 95 a augmenté de près de deux centimes le litre, à 1,5740 euro (+1,2 centime pour le sans plomb 98 ). Malgré ces hausses, le prix du gazole reste inférieur de 5 centimes par rapport au pic atteint à la mi-mars et le tarif de l´essence est pour sa part en retrait de neuf centimes par rapport au record enregistré début avril.

Cette poussée de fièvre des prix à la pompe va-t-elle conduire le gouvernement à mettre en œuvre une proposition de campagne de François Hollande, à savoir un gel temporaire des prix durant trois mois, période durant laquelle serait menée une réflexion avec les distributeurs sur leurs marges ?

Interrogé par Le Monde, l´entourage de Pierre Moscovici, le ministre de l´économie, concède que « le gouvernement demeure attentif à la hausse des prix des carburants en cours, qui n´atteint pas pour le moment les plus hauts constatés au mois d´avril ». Cette augmentation ajoute-ton à Bercy « s´explique principalement par les évolutions de la parité euro-dollar ». S´il ne semble pas disposé à agir immédiatement, le gouvernement « n´exclut aujourd´hui aucune possibilité d´action, notamment un blocage temporaire tel que proposé pendant la campagne présidentielle », rappellent les proches de M. Moscovici.

Déjà la semaine dernière, questionné par le député centriste Philippe Vigier, le ministre de l´économie avait indiqué que l´engagement de bloquer les prix de l´essence « n´était pas oublié » et « que nous surveillons évidemment les mouvements des prix du pétrole et que nous n´excluons en rien, en fonction de l´évolution de la situation, de l´appliquer ».

Reste à déterminer le seuil à partir duquel les pouvoirs publics seraient prêts à procéder à un tel gel des prix - Bercy aurait déjà son idée sur la question - et à fixer les modalités de ce blocage. Selon nos informations, le gouvernement pencherait pour la voie du décret comme cela a déjà été le cas en 1990.

En vertu d´un article du code du commerce, le gouvernement peut décider, par décret en Conseil d´Etat, « des mesures temporaires motivées par une situation de crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé » afin de répondre à des hausses ou des baisses excessives de prix. Ce décret est pris après consultation du Conseil national de la consommation et devra préciser sa durée de validité, laquelle ne peut excéder six mois.

Anne Eveno



Affaire Cahuzac : coup d´envoi de l´enquête des parlementaires
Pour faire la lumière sur ce que savait l´exécutif sur le compte suisse de Jérôme Cahuzac, la commission d´enquête parlementaire a commencé mardi les auditions des journalistes de Mediapart ayant révélé le scandale.


L´UMP se débat avec le mariage homosexuel
La droite se divise entre les partisans d´une «réécriture» de la loi, Fillon et Copé en tête, et ceux qui veulent son «abrogation».


Henri Guaino, sans limites
Il n´en finit plus de parler, Henri Guaino. Deux heures après le début de l´entretien qu´il nous accorde dans une brasserie située à deux pas de l´Assemblée nationale où il siège désormais, il a encore tant de choses à dire.


La Bourse de Paris s’installe au-dessus des 4000 points
L’indice CAC 40 a clôturé en hausse de 0,54% lundi, à 4022,85 points, dans un marché qui a tourné au ralenti en raison d’un jour férié.


Automne en mai, maraîchers en peine
Le froid inhabituel retarde la pollinisation et la maturation. Avec des «conséquences qu’on commence à percevoir», admet le ministre de l´Agriculture.


Le gouvernement dément tout projet de taxe sur le vin
Le ministre de l´agriculture, Stéphane Le Foll, s´est voulu rassurant vis-à vis-des viticulteurs français quant à une éventuelle taxe sur le vin. Interrogé, lundi 20 mai, par des journalistes sur une éventuelle augmentation de la fiscalité sur le vin évoquée par la mission d´évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (MECSS) du Sénat, le ministre a déclaré n´avoir "jamais été saisi" d´un tel projet.