20 septembre 2012 (Le Monde) : L´entourage de Mme Aubry a précisé dans la soirée auprès de l´AFP qu´elle n´avait "pas tenu ce propos tel qu´il est rapporté". "Elle a indiqué lors de cet entretien qu´elle ne se projetait pas, qu´elle n´avait jamais rêvé d´être ministre, premier ministre ou présidente", a-t-on ajouté. "Elle a dit qu´elle ne concevait pas la politique comme un plan de carrière", a-t-on encore affirmé.
Au cours de l´entretien, la maire de Lille loue toutefois les qualités de Jean-Marc Ayrault, "un homme qui a une vraie morale et une grande honnêteté".
Sur la formation du gouvernement, elle assure que François Hollande lui a fait une proposition : "Si tu veux entrer au gouvernement à côté de Jean-Marc [Ayrault], je suis bien entendu d´accord. Qu´en penses-tu ?"
"J´ai répondu : ´Nos deux personnalités côte à côte, ce n´est pas une bonne idée, ni pour Jean-Marc ni pour moi, car je vois mal ce que j´apporterais de plus´. On en est restés là. Cela a pris trente secondes". "J´ai toujours su que François prendrait Jean-Marc. Il ne sait travailler qu´avec des gens qui lui sont proches depuis toujours", poursuit-elle.
LE "SENTIMENT DU DEVOIR ACCOMPLI" AU PS
Martine Aubry affirme en outre que "personne ne lui a proposé" le ministère de la culture, sa "passion". L´ex-première secrétaire du PS revient en outre sur sa succession pour dire que le choix d´Harlem Désir n´a donné lieu à "aucun drame". Elle en veut aux proches de François Hollande, comme Stéphane Le Foll et Bruno Le Roux, "toujours [les] mêmes aigris", qui parlent à la place du chef de l´Etat.
"Avec Jean-Marc, nous avons fait la tournée générale pour convaincre qu´il [Harlem Désir] est le symbole du rassemblement tandis que le numéro deux, Guillaume Bachelay, 38 ans, est celui du renouveau", fait valoir Mme Aubry.
Alors pourquoi n´a-t-elle pas dit plus tôt qu´elle préférait Désir à Cambadélis? "Si j´avais annoncé Harlem dès juillet, il aurait été sali, abîmé, massacré", répond-elle. Martine Aubry confie aussi que ses quatre années passées à la tête du PS ont été rudes. "Quand on stresse, soit on prend des médicaments, soit on compense. Moi, j´ai décidé de manger pour tenir le coup."
Elle dit enrager d´entendre "autant de contrevérités sur [elle] venant de sources socialistes jamais identifiées". Qu´on l´ait traitée de "menteuse", elle dit que c´est "insupportable". "Pour moi, le mensonge, c´est la pire de choses. C´est la malhonnêteté". Martine Aubry dit avoir "le sentiment du devoir accompli". "Entre le cadavre à la renverse, comme BHL avait qualifié le PS après [le congrès de] Reims, et ce qu´il est devenu aujourd´hui, il n´y a pas photo."