La France insoumise tente de censurer le livre de son ancien cadre Thomas Guénolé

L’ex-candidat aux européennes avait quitté le parti après un rapport interne l’accusant de harcèlement sexuel.

12 octobre 2019 (Le Monde) : La tentative de censure par La France insoumise (LFI) du livre de Thomas Guénolé La chute de la maison Mélenchon, publié par Albin Michel et attendu en librairies entre le 6 et le 20 novembre, a fait un joli pschitt. Le politologue qui fut un ancien cadre « insoumis » et même un temps candidat LFI aux précédentes élections européennes, a effectué une volte-face quand un signalement pour harcèlement a été effectué auprès du comité électoral de LFI.

Thomas Guénolé a alors contre-attaqué sur le terrain judiciaire estimant que le parti avait imaginé cette procédure pour « le broyer ». Son ouvrage à paraître avant ce procès pourrait sonner comme un sévère règlements de comptes. Il y décrit par le menu le « fonctionnement dictatorial » du mouvement et de son chef.

L’auteur comme le PDG de la maison d’édition, Gilles Haéri, ont reçu une « mise en demeure » des avocats de La France insoumise, Mathieu Davy et Robin Antoniotti, datée du 23 septembre. Ils les « somment » d’envoyer un exemplaire de l’ouvrage dans les cinq jours pour « en contrôler le contenu et s’assurer de l’absence de propos illicites ». Les avocats de LFI assurent que « la parution de cet ouvrage est un prétexte permettant à l’auteur de médiatiser son action, dont nous dénoncerons le caractère abusif et dénigrant ».

« On va arrêter là »

L’avocat des éditions Albin Michel, Christophe Bigot, leur a répondu le 25 septembre qu’il ne serait pas donné suite à cette sommation. « M. Mélenchon, tout comme La France insoumise, devraient être suffisamment au fait du régime des libertés publiques en France pour savoir qu’il n’existe plus de possibilité de censure préalable d’un ouvrage. Ça ne date pas d’hier. On fait généralement remonter ce principe à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 », leur écrit-il.

Face à une telle accusation de censure, LFI a préféré baisser les bras et ne demande plus à lire ce brûlot avant sa publication. « On ne va pas lancer un référé » pour l’obtenir a déclaré Me Davy à Libération vendredi 11 octobre. « Ça ferait un nouveau procès médiatique qui nous ferait passer pour des censeurs, ce que nous ne sommes pas. On va arrêter là, on n’a pas envie de faire de la pub à ce livre qui n’en mérite pas (…). S’il y a des propos diffamatoires, on attaquera. » La promotion est déjà faite.

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