Aspirine, paracétamol, ibuprofène : bientôt la fin des antidouleurs en accès libre à la pharmacie ?

L’ANSM souhaite que ces médicaments soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients.

11 octobre 2019 (Nouvelobs) : L’aspirine, le Doliprane et l’Advil pourraient bientôt être obligatoirement rangés derrière le comptoir des pharmacies et non plus en accès libre dans les rayons : c’est ce que souhaite l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) pour limiter les risques liés à un mauvais usage de ces produits vendus sans ordonnance.

L’ANSM voudrait que cette mesure entre en vigueur dès janvier 2020. Une « procédure contradictoire » est en cours auprès des laboratoires concernés, afin qu’ils exposent leur position. C’est à l’issue de cette procédure que la décision finale sera prise.

Cette mesure concernerait les médicaments contenant du paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.), ainsi que certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ceux à base d’ibuprofène (comme le Nurofen ou l’Advil) et l’aspirine. Ces médicaments sont les plus utilisés en automédication comme antidouleurs ou antifièvre chez les adultes et les enfants, selon l’ANSM.

Jusqu’à maintenant, ils peuvent être vendus en accès direct, c’est-à-dire en se servant soi-même dans les rayons de la pharmacie. L’implantation de ces produits est toutefois laissée à la discrétion de chaque pharmacien, qui peut choisir de les placer derrière son comptoir. « L’ANSM souhaite qu’ils ne soient plus en libre accès et soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients », indique l’agence. Cela ne changerait rien au fait qu’ils soient disponibles sans ordonnance.

Attention aux mauvais usages
« Ce sont des médicaments très utilisés. C’est bien que les patients puissent y avoir accès, mais il faut faire le maximum pour qu’ils soient utilisés correctement », explique à l’AFP le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l’ANSM, en insistant sur l’importance du rôle du pharmacien.

Car un mauvais usage comporte des risques. Pris à des doses trop élevées, le paracétamol peut provoquer de graves lésions du foie, qui peuvent nécessiter une greffe, voire être mortelles.

Pour un adulte sain de plus de 50 kg, la dose maximale est de 3 grammes par vingt-quatre heures, c’est-à-dire 1 gramme par prise avec un espace d’au moins six heures entre chaque prise. En outre, la durée maximale de traitement recommandée est de « trois jours en cas de fièvre, cinq jours en cas de douleur, en l’absence d’ordonnance », selon l’ANSM.

En juillet, le gendarme du médicament a décidé que l’avertissement « surdosage = danger » devrait désormais figurer sur les boîtes de paracétamol.

Fin 2017, une jeune femme, Naomi Musenga, était morte après avoir été raillée au téléphone par une opératrice du Samu de Strasbourg, ce qui avait provoqué une grosse vague d’émotion en France. Selon l’enquête, cette mort était « la conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours ».

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