« Selfie de Chine » par Isabelle Wéry

Isabelle Wéry était en visite à la Feria del libro les 10 et 12 mai derniers pour présenter son dernier ouvrage Selfie de China.

Auteure et comédienne, Isabelle est née à Liège, en Belgique, et, francophone, écrit, bien sûr, en français.

Au cours d’une rencontre organisée le 13 mai dernier à l’Université du Salvador par la « Facultad de Filosofía, Historia, Letras y Estudios Orientales, l’Espace francophone USAL-AUF et le Club Francophone USAL », l’auteure s’est prêtée à des échanges amenés, en espagnol, avec Loreto Araya, responsable des services culturels de l’ambassade de Belgique, Wallonie-Bruxelles au Chili.

Isabelle a présenté originalement son ouvrage intitulé Selfie de chine, titre choisi pour son aspect bref, comme un cliché, faisant référence à ce style de photographie en vogue, aujourd’hui, dans le monde et plus particulièrement en Chine.

Un séjour de 6 mois dans l’empire du milieu, en résidence artistique avant le COVID, ont rendu Isabelle Wéry tout à fait amoureuse de ce pays.

Écrit en français et traduit en espagnol, ce petit livre tient plutôt de l’autobiographie. L’écrivaine aborde dans un premier temps dans son œuvre, des parcs chinois, très attrayants qui l’ont subjuguée et sont pour elle, une orgie pour les sens, où la musique, les danses, la pratique du tai-chi donnent un sentiment d’évasion. Le Tai chi qui vient d’ailleurs d’être reconnu comme patrimoine immatériel par l’UNESCO, apparaît comme une poésie corporelle, pratiquée par des personnes de tous âges. Le corps est un thème sur lequel l’auteure porte beaucoup d’intérêt.

Isabelle Wéry a également été touchée par la culture chinoise : forte et subtile, où tout détient une empreinte profonde du passé et du spirituel. Jonchant son discours d’anecdotes étonnantes, tel que le fait que beaucoup de personnes sortent en pyjama dans la rue, relevant ici le thème du “ fantôme”, en relation avec le pyjama, très présent dans la littérature chinoise. Elle a elle-même écrit son livre en pyjama, un clin d’œil à ce phénomène. Elle mentionne aussi le sens aigu de la famille pour les Chinois, trois générations regroupées sous un même toit. Les enfants travaillent et pourvoient aux besoins des parents qui s’occupent en retour des petits-enfants. Le mariage est un requis social impérieux, ne pas être marié est très mal vu et mal vécu. Cependant, petit à petit les mœurs évoluent et aujourd’hui certaines jeunes femmes ne veulent ni se marier, ni avoir des enfants, en réponse à la rigidité de la société chinoise.

Isabelle Wéry se livre autant à l’écriture de ses textes qu’à leur interprétation. Elle a travaillé avec Alfredo Arias, célèbre acteur, directeur scénographe argentin, résidant en France depuis 1969. Ses qualités d’interprétation lui ont permis de jouer dans la pièce Les monologues du vagin d’Eve Ensler. Elle publie Selfie de Chine en 2021.

L’auteure sait que beaucoup de choses ont changé depuis la période du COVID, le pays s’est transformé sur de nombreux plans – économique, politique, social – mais elle en garde une image idyllique incarnée dans les lignes de son roman.

 

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