Perez Celis au Palacio Libertad

Le Palacio Libertad s’est métamorphosé en portail cosmique avec l’arrivée de La Pampa Cósmica de Pérez Celis.

L’installation immersive ne se contente pas de revisiter l’œuvre du peintre argentin : elle la propulse dans une dimension sensorielle et technologique qui l’arrache au cadre traditionnel de la toile. Le visiteur n’assiste plus à une exposition mais à une traversée, qui déploie le cycle pampeano dans un langage numérique, vibrant et contemporain.

Fruit d’une collaboration avec la Fondation Pérez Celis, l’œuvre enveloppe la sala Inmersiva d’une chorégraphie de couleurs, de formes et de lumière. Pendant treize minutes, les compositions de l’artiste se déploient en projections monumentales plongeant le spectateur au cœur du processus créatif. Une bande sonore originale accompagne cette immersion en agissant comme la pulsation interne du voyage.

L’œuvre s’inspire de l’une des périodes les plus fécondes de Pérez Celis, dans les années 1960-1970, lorsqu’il développe une vision où la Pampa devient scène cosmique. Né à Buenos Aires en 1939, formé à l’École des Beaux-Arts Manuel Belgrano, l’artiste emprunte aux symboles andins leurs géométries et leurs couleurs telluriques, tout en dialoguant avec les avant-gardes internationales. L’installation prolonge cette intuition en laissant chaque spectateur construire son propre parcours : la salle devient territoire de résonances plus que d’assurances.

Pérez Celis, prolifique créateur aux plus de 5 000 œuvres, a laissé une empreinte profonde dans l’art latino-américain : murs peints monumentaux, sculptures, textiles, vitraux, peintures imprégnées de cosmogonies précolombiennes et d’une identité américaine assumée. Son héritage est multiple, allant des institutions culturelles à son musée virtuel, premier musée individuel inauguré sur Google Arts & Culture en 2014, jusqu’aux lieux populaires comme le Club Atlético Boca Juniors, où certaines de ses œuvres majeures demeurent exposées, signe de son ancrage profond dans la culture argentine. Cette réinterprétation immersive de son univers, imaginée par Matías Lobasso et Emiliano Riasol avec l’artiste numérique Martín Ariel De Pasquale et les musiciens Mario Ret et Agustín Cordones, n’est donc pas un simple hommage. C’est une réactivation, une mise à jour technologique de sa vision. Une manière de faire dialoguer la mémoire artistique avec les langages du présent.

: au deuxième étage du Palacio Libertad, Sarmiento 151 – CABA –  (Accès gratuit et sans réservation).

Quand : jusqu’au 14 décembre, les mercredis et jeudis de 14 h à 20 h – Vendredi 12 décembre et dimanche 14 décembre de 14 h à 20 h.

 

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