Lettre à la ministre des Français de l’étranger
Les conseillers des Français de l’étranger de notre circonscription se mobilisent et écrivent à la ministre des Français de l’étranger, Eléonore Caroit* pour lui demander…
Les conseillers des Français de l’étranger de notre circonscription se mobilisent et écrivent à la ministre des Français de l’étranger, Eléonore Caroit* pour lui demander d’étudier une revalorisation de l’allocation d’aide sociale destinée à ceux de nos compatriotes les plus défavorisés.
Ils pointent tout particulièrement l’injustice que représente le taux supérieur de calcul des allocations retenu pour les pays voisins Brésil et Chili, lesquels jouissent pourtant d’un coût de vie inférieur à celui de l’Argentine.
*Avant d’être nommée ministre, Eléonore Caroit était la députée élue des Français de l’étranger de notre 2eme circonscription.
Ci-après le texte de la lettre :
à Buenos Aires, le 18 décembre 2025
À l’attention de Madame Eléonore Caroit,
Ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger
Madame la ministre,
Chère Eléonore,
Nous, Conseillers des Français d’Argentine, souhaiterions attirer votre attention sur une injustice qui touche nos compatriotes d’Argentine, une injustice d’autant plus révoltante qu’elle concerne les plus vulnérables d’entre eux.
Nous voudrions revenir avec vous sur le taux de base utilisé pour calculer l’ensemble des allocations d’aides sociales accordées par le Ministère des Affaires Étrangères via les services consulaires. Comme vous le savez, sa valeur correspond au montant maximum d’aides que peut recevoir une personne française en Argentine en situation de précarité.
En 2025, le montant du taux de base en Argentine est de 369 euros mensuels. Dans le même temps, ce taux est de 567,50 euros au Brésil et de 580 euros au Chili. Or dans ces deux pays voisins, le coût de la vie est beaucoup plus bas qu’en Argentine.
Comme toutes les années, nous avons exprimé notre indignation par rapport à cette situation inéquitable lors du dernier conseil consulaire sur les aides sociales qui s’est tenu le 20 novembre à Buenos Aires. A cette occasion, prenant en compte l’actualisation du coût de la vie en Argentine, nous avons demandé une revalorisation de ce taux de base à 519 euros mensuel.
Lors de la réunion que nous avions eue avec votre prédécesseur, M. Saint-Martin, en visite à Buenos Aires en juin dernier, réunion à laquelle vous aviez également participé en tant que députée des Français de la deuxième circonscription de l’étranger, nous avions pu attirer son attention sur cette question. Aux vues de l’injustice avérée, il s’était engagé à « travailler sur ce point ».
La situation est d’autant plus critique qu’on assiste à une inflation en euros des prix argentins. Jusqu’en 2023, l’inflation en pesos argentins étaient relativement compensée par la dépréciation du peso par rapport à l’euro. Mais avec la fin du contrôle des changes et la stagnation du cours du dollar, le coût de la vie en euros a explosé ici. Pour reprendre quelques statistiques officielles, sur l’année 2025, le prix des médicaments en euros a augmenté de 140 %, celui de l’assurance maladie de 54%, celui des services de l’eau ou de l’électricité de plus de 60 % etc.
Nous vous demandons urgemment de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour rectifier cette situation inacceptable. D’abord parce que le taux de base actuel ne permet pas aux bénéficiaires de vivre dans la dignité, ensuite parce que des pays de la région bénéficient, eux, d’un taux de base bien plus élevé alors que le coût de la vie y est plus faible qu’en Argentine.
Dans l’attente d’une réponse que nous espérons favorable sur cette question cruciale, nous vous prions d’agréer, Madame la ministre, Chère Eléonore, l’expression de nos salutations respectueuses.
Christophe Dubois Jérôme Guillot Hervé Segata Laurent Waksmann
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