Terroir argentin, racines françaises

Alta Vista
« Le défi de l’Argentine pour devenir un grand producteur de vins fins est la nécessité de faire coïncider terroir et cépages fins et originaux, tel que le malbec bien sûr mais aussi le torrontés, le tempranillo ou la bonarda, et les producteurs doivent baisser les rendements afin d’assurer une constance dans la qualité de leurs produits. »
Benoît Berneron, directeur commercial
En 1997 Jean Michel Arcaute fonde Alta Vista et s’associe en 1999 avec la famille d’Aulan, anciens propriétaires de la très prestigieuse maison de Champagne Piper-Heidsieck. Après le décès de JM Arcaute en 2001, Alta Vista prend une dimension internationale au sein du groupe d’Aulan qui comporte un grand cru de St Emilion (Château Sansonnet), une cave en Tokay-Hongrie (Château Dereszla) et un Champagne (Becker). Disposant de bureaux propres à Buenos Aires, Bordeaux et Tokyo, les vins Alta Vista sont aujourd’hui présents sur plus de 20 marchés internationaux.

Alta Vista est une des rares caves à avoir de vieux vignobles de Malbec, notamment sur l’excellent terroir de Las Compuertas (département de Lujan de Cuyo – Mendoza) d’où naît Alto, considéré au niveau international comme un des tous premiers grands vins argentins. Les terroirs de Alto Agrelo, Vistaflores et La Consulta produisent des vins qui viennent compléter la gamme: Grande Réserve, Premium et Cosecha.
Début 2003, la bodega située au cœur de Chacras de Coria, ouvrira un circuit touristique et une Boutique qui permettra de visiter des caves souterraines centenaires et de déguster ses vins de qualité Premium.
On peut trouver les vins Alta Vista chez les principaux cavistes, dans les supermarchés tels que Jumbo, Carrefour et Norte et dans bien des restaurants (Tomo 1, Central, Omm, Sucre…).
Les prix aux consommateurs sont de 10 à 25 $ pour les premium, 25 $ pour le super premium et de 35 dollars pour l’exclusif Alto.

Bacchus
« Si la France a mis plus de 300 ans pour découvrir les couples cépages/terroirs, l’Argentine a déjà accompli en 10 ans un travail extraordinaire et a un potentiel fabuleux »
Jean-Pierre Thibaud,
président
Deux franco-argentins, Jacques-Louis de Montalembert et Jean-Pierre Thibaud, ont créé en 1999, une nouvelle société pour produire des vins de qualité à Mendoza, Bacchus S.A. Au départ, la société a lancé sur le marché 3 vins de cépage, les Ruca Malen cabernet sauvignon, malbec et cabernet sauvignon Grand Cru et un quatrième produit, le Terruño 27, vin d´assemblage, mi-malbec, mi-cabernet sauvignon. Les vins cités ont tous été élaborés avec une macération prolongée, ce qui leur donne du corps, et ont tous vieilli en barriques, dont 80 % étaient des fûts français neufs ; ils n´ont en outre pas été filtrés. La production annuelle est de 180 000 bouteilles par an, le vignoble est de 26 hectares dans la province de Mendoza.
On peut trouver les vins chez les principaux cavistes, chez Jumbo et dans des restaurants. Les prix au public sont de 15 $ pour le malbec, de 17 $ pour le cabernet sauvignon et de 35 $ pour le grand cru cabernet sauvignon. Bacchus est en train de construire une cave sur la route qui mène au Chili, au milieu de ses vignobles et avec une très belle vue sur la Cordillère des Andes.

Domaine Vistalba
« L’Argentine est le dernier grand pays producteur qui peut s’imposer à l’extérieur comme l’ont fait l’Afrique du sud ou l’Australie »
Hervé Joyaux, président.
Après avoir étudié les différents pays options en Amérique latine et notamment le Chili, Hervé Joyau, négociant bordelais a decidé de s’installer à Mendoza en 1993, créant Domaine Vistalba avec des associés français vivant en Argentine. Aujourd’hui, le domaine viticole de Vistalba est composé de 75 hectares de vignoble à Mendoza, produisant variétaux sous la marque de Fabre Montmayou, le « grand vin », vin d’assemblage malbec, merlot, cabernet sauvignon, et d’un vignoble à Río Negro qui est le plus septentrional d’Amérique latine où sont produits des vins bi-variétaux sous la marque Infinitus. Fabre Montmayou et Infinitus produisent 500 000 bouteilles à l’année, dont 80% pour l’exportation sur les marchés anglais, Etats-Unis et français.
Prix public: entre 10 et 20$, principaux cavistes et supermarchés.

Chandon
« L’Argentine est considérée comme un excellent producteur de vins fins, son défi est de se positionner sur les marchés extérieurs comme l’a fait l’Australie »
Karen Vizental, directeur de la communication
Facturant près de 120K de USd, et produisant près de 15 millions de bouteilles par an, dont 70 % pour le marché local, Chandon est le leader du marché argentin, particulièrement dans les mousseux. Sa présence est ancienne puisque la maison de champagne Moët & Chandon est arrivée dans les années 50, lorsque le comte de Vogue (son propriétaire d’alors) décida de s´implanter en Argentine montant ainsi la première filiale de cette maison hors de France. En 1960, la production est de 100 000 bouteilles de mousseux. En 1970, le vin Valmont est lancé, puis le Clos du Moulin et le Comte de Beltour. Achetée en 1998, par le groupe LVMH, la maison Moët & Chandon reste profondément argentine mais évolue vers l’international et développe fortement ses actions en communication. En 1999, le premier Chandon bar est ouvert et les packagings évoluent à l’arrivée du nouveau millénaire.
Aujourd’hui, Chandon produit en mousseux : le Baron B vendu au public à 17 $, Chandon (15 $) et Mercier (entre 5 et 7 $), en vins rouges, Valmont vendu entre 5 et 8 $, Beltour, Insignia Clos du Moulin (vendu entre12 et 20 $), en vins blancs, Valmont et Castel mais aussi des variétaux : le Latitud 33 proposé entre 8 et 1 2$ et le frizzante (vin rouge mousseux) O2. Chandon n’est pas directement présent sur le segment des vins super-premiums, de plus de 20 $, mais le groupe LVMH l’est par sa filiale Terrazas de Los Andes.
Le vignoble Chandon, ce sont 1 333 hectares de vignes dont 745 en production, situés dans la zone de Alta río de Mendoza et du Valle de Uco.

Extreme
« L’Argentine est complexée par son voisin chilien, alors que son potentiel est aussi important, voire davantage. Il faut développer l’idée de terroir et ne pas se limiter aux A.O. Enfin il faut éviter de tomber dans la tentation du trop bon rapport qualité/prix, il ne faut pas devenir un nouveau Chili mais plutôt privilégier la qualité »
Jean-Edouard de Rochebouët, président.
Après avoir travaillé 15 années chez Chandon, J. E. de Rochebouët a décidé en 1998 de monter sa propre entreprise en partenariat avec Bodegas Lopez, achetant ainsi deux marques et une licence (Henri Piper) et un vignoble de 100 hectares situé à Tupungato dans la région de Mendoza. En 2002, afin de développer une stratégie de produit de prestige, J. E de Rochebouët a créé Cave Extrême qui reprend l’exploitation commerciale des marques, tandis que Bodegas Extrême se charge exclusivement de la production. Il est possible qu’en 2003, Cave Extrême s´intéresse aussi au vin selon les opportunités qui peuvent se présenter.
Cave Extrême commercialise donc trois types de produits : Extrême, un champagne haut de gamme, qui cherche à se rapprocher du concept de champagne français, à 20 $ sur le marché, la vente se fait en « direct » car la production est limitée (10 000 bouteilles par an). Le second produit est H. Piper qui bénéficie de l’appui d’une grande maison de champagne, vendu à 12 $, prix public, que l’on trouve chez les cavistes, les restaurants et Carrefour, et enfin P. Rigaut dont le rapport qualité/prix est bon et est surtout vendu en restauration. Cave Extrême table sur la différence pour attirer les connaisseurs.
Enfin J E. de Rochebouët déplore le manque de connaissance de la part de l’Argentine des marchés étrangers de la part des consommateurs alors que les professionnels sont conscients du potentiel du pays, « il faudrait que des journalistes reconnus tel que R. Parker, viennent, afin que l’Argentine soit reconnue ».

Lurton
« Le terroir de l’Argentine a été le facteur déterminant pour s’y installer »
O. Courtinade, directeur commercial
Famille bordelaise implantée depuis le XIXème siècle dans le vin, les Lurton possèdent aujourd’hui 7 châteaux dans la région bordelaise (chateaux La Louvière, Bonnet, Cruzeau). En 1988, le groupe s’internationalise sous l’impulsion de Jacques et Francois Lurton, arrières petits-fils du fondateur L. Récapet. Aujourd’hui, ils sont présents dans 6 pays différents (France, Argentine, Espagne, Uruguay, Chili et Australie).
Arrivés en 1992 en Argentine afin de faire du « conseil », la famille Lurton achète en 1996, 300 hectares distribués entre Tunuyan et Barrancas. En 2000, la production est de 2,5 millions de bouteilles et devrait arriver en 2003 à 4 millions. Les vins sont surtout orientés vers l’exportation, plus particulièrement l’Angleterre, les Etats-Unis, la Suisse, la Suède, l’Allemagne, la Hollande et le Canada. Toutefois depuis 2000, la commercialisation s´est ouverte au marché local, aujourd’hui 6 % de la production totale, l´objectif étant d’atteindre prochainement les 20 %.
Lurton possède quatre lignes de produit : ceux de base de la finca « la Higuera » à environ 6,50 pesos, les Varietaux proposés à 8,5 $ en malbec, bonarda, chardonnay et pinot gris, les Réserves à 17$ et les Premium entre 42 et 69 pesos (Gran Luron et Piedra Negra).
On les trouve dans les restaurants, vinothèques, wines bars de Buenos Aires, de Córdoba, Mendoza et centres touristiques.

Pernod Ricard
« L’Argentine doit se consolider comme puissance exportatrice dans le groupe des vins du nouveau monde. Il existe des opportunités de marché pour les caves préparées à travailler pour l’exportation »
Mario Maldonado, chef produits
Dès sa création en 1975, le groupe Pernod Ricard a eu une stratégie de développement à l’étranger. C´est ainsi que le groupe acquiert Campbell Distillers d’Ecosse, Wild Turkey des Etats-Unis (1980) ou encore crée le Havana Club international (1993).
Pernod Ricard est arrivé en Argentine dès 1977 en rachetant Cusenier, entreprise d’origine française installée en Argentine depuis 1896. En 1991, Pernod Ricard s´implante davantage en distribuant tout d’abord les vins de la bodega Etchart puis en achetant, d´abord une partie et ensuite la totalité de la cave (1996).
Aujourd’hui Pernod Ricard produit en Argentine 7,5 millions de litres dont 40 % s´exportent (Angleterre, Etats-Unis,Brésil, Canada). Pour le marché argentin, Pernod Ricard produit la marque Etchart Privado, Cafayate et Arnaldo B. Etchart, décliné en différents cépages : malbec, cabernet, torrontés et chardonnay. Pour l’export, une marque a été créée spécifiquement : Río de Plata.
Les vignobles se trouvent à Cafayate (6 300 hectares) et en moins grande quantité à Mendoza (140 hectares) répartis entre Lujan de Cuyo et la vallée de Uco.
Le vignoble de Cafayate est planté en altitude à plus de 1 750 mètres au-dessus du niveau de la mer, bénéficiant de grandes amplitudes thermiques et d’un micro climat favorable, ce qui permet aux vins d´être expressifs et fortement marqués par le terroir.
On peut trouver les vins de Pernod Ricard en supermarchés, cavistes et restaurants. Les entrées de gamme (Etchart Privado) sont proposés entre 5 et 6 pesos, tandis que Cafayate Internacional oscille entre 12 et 16 pesos, enfin le haut de gamme Arnaldo B. Etchart est proposé entre 45 et 50 pesos.

Vistaflores
Sous l’impulsion de l’œnologue Michel Rolland, un nouveau projet viticole voit le jour à Vistaflores (Valle de Uco, Mendoza). Ce grand terroir de 850 hectares, situé à plus de 900 mètres d’altitude, est divisé en 7 parcelles, chacune propriété de prestigieux investisseurs français : Michel Rolland, famille Cuvelier (Château Léoville Poyferré), Catherine Péré-Vergé (Château Montviel), Benjamin de Rothchild (Château Clarke), Laurent Dassault (avions Mirage) et la famille d’Aulan (Alta Vista).
Un tiers du terroir a été planté et la première récolte date seulement de cette année. Chaque investisseur y produira son propre vin, soit en construisant une cave sur le site comme Monteviejo de Catherine Péré-Vergé, soit en acheminant ses raisins à sa bodega dans le cas de Alta Vista. Ce projet de Vistaflores est une expérience unique en Argentine.

 

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