«Plus de danse, encore plus de danse»

Son extraordinaire production artistique (plus de deux cent cinquante ballets et diverses oeuvres littéraires) en ont fait un virtuose unique en son genre, admiré dans le monde entier.

b376ab96-e1d4-44b0-bf60-000000000297Maurice Béjart est né à Marseille en 1927. À 18 ans, il décide de faire carrière dans la danse suite aux conseils de son médecin qui pensait qu’un peu d’activité l’aiderait à se fortifier.

C’est ainsi que germe notre graine de star qui « n’avait alors pourtant pas le génie évident ». Maurice Béjart se retrouve rapidement sous la houlette de grands maîtres de la danse tels que Lioubov Egorova et Madame Rousanne.

A 26 ans, il fonde sa première compagnie qui deviendra les « Ballets de l’étoile« . Son talent est reconnu pour la première fois avec Symphonie pour un homme seul. Les années qui suivent le couronnent de succès avec, entre autres, le Sacre du Printemps mis en scène sur la partition de Stravinsky et Boléro.

Déçu par l’immobilisme français, Béjart trouve refuge à Bruxelles en 1960 où il crée le ballet du XXè siècle. Il s’attellera pendant vingt-sept ans à former des danseurs contemporains au sein de l’école Mudra.

Béjart met un point d’honneur dans le choix de ses interprètes et confesse « qu’il a souvent raté des pièces mais jamais raté un interprète« . Il chorégraphie pour tous les grands de la danse : l’argentin Jorge Donn fut l’un de ses danseurs fétiches. Son cheval de bataille est la profondeur de l’être humain chez le danseur, au-delà de la forme.

Cette voie nouvelle qu’il adopte, lui vient, en grande partie, de l’héritage humaniste que lui transmet son père, le philosophe Gaston Berger. L’autre grand volet moderne de Maurice Béjart est le métissage des sources. Il mélange cultures et influences sans distinction et remplace le tutu par le jean sans ôter un soupçon de poésie à la danse la plus classique.

Après la Belgique, il fonde le Ballet Lausanne. Les œuvres que lui inspire ce changement d’horizon sont à la hauteur de son emphase. Son génie ne fait que croître. Sa dernière création, Le Tour du monde en 80 minutes, à laquelle il travaillait encore au moment de sa mort, sera présentée le 20 décembre à Lausanne.

Une étoile s’éteint, à nous, de perpétuer la légende

Julie Coupet