Il y a 100 ans, Verdun

100 ans déjà…Le 21 février 1916, l’armée allemande lançait une grande offensive contre la région fortifiée de Verdun, dans la Meuse… les Européens s’entretuaient depuis septembre 1914. Mais la bataille de Verdun, longue et impitoyable, fut la plus meurtrière. Elle devint un symbole.

Verdun batailleVerdun c’est dix mois d’enfer dans les tranchées, une vraie boucherie sous un déluge d’obus : plus de 715. 000 morts, disparus ou blessés, 362 000 soldats français et 337 000 allemands, soit une moyenne de 70 000 victimes pour chacun des mois que dura la bataille, 500 morts/jour. Ne nous imaginons pas de belles tranchées fortifiées reliées entre elles, elles finirent formées par les trous d’obus, et les ravins où les fantassins s’abritaient comme ils pouvaient. Des combattants pour la plupart des paysans robustes habitués au dur labeur, au froid, aux intempéries. Verdun est un nom qui signifie victoire. Victoire défensive, barrage infranchissable pour l’ennemi. Les Français se sont agrippés à cette côte d’à peine 304 mètres avec leurs ongles. Un point de cristallisation que l’armée allemande devait détruire pour avoir la route libre vers Paris car derrière ce saillant irréductible il y a la ville de Verdun et la Meuse, et la plaine. Entre les belligérants des deux camps se sont tissés des sentiments de haine, mais aussi de sympathie comme le prouvent les milliers de lettres écrites à leurs proches par les combattants des deux bords. Mémoire officielle de la victoire, patriotique et mémoire de la bataille de la souffrance. Une souffrance commune aux soldats, commune aux Allemands et aux Français. Et toute cette souffrance pour des gains d’avancée dans cette ligne ondulante du front d’à peine quelques centaines de mètres. Une boucherie qui en fait aussi le symbole de futilité de toute guerre industrielle où l’homme n’est que chaire à canon.

Alors que, côté allemand, ce sont pour l’essentiel les mêmes corps d’armée qui livreront toute la bataille, l’armée française fera passer à Verdun, par rotation, 70 % de ses Poilus ce qui contribua à la renommée du général Pétain qui en commanda la première partie. Ancien fantassin le général Pétain pensait aux hommes. Verdun est allé plus loin que l’imaginable même pour cette époque là. Depuis 1945 la guerre est loin de la France et, fort heureusement, un autre rapport à la mort s’est établi.

Dans les années 30, il a été décidé de reboiser la zone, Aujourd’hui dans cette forêt, classée Forêt d’Exception, nombre de traces de cette infernale bataille se touvent dans les petits sentiers des sous-bois, tombes, trous d’obus, anciens refuges fortifiés.

Ce dimanche, une commémoration franco-allemande aura lieu où, comme François Mitterrand et Helmut Kohl, dans une image devenue historique, se prirent la main en septembre 1984, François Hollande et Angela Merkel accompagnés de 4.000 enfants, français et allemands, viendront célébrer la paix.

Suzanne Thiais