« Les Descendants », la BD d’une aventurière en Argentine

« Les Descendants ou l’appel de la pampa » est une pétillante odyssée en vignettes. Publiée aux éditions « Les Arènes » en France et depuis peu en Argentine par « Tren en Movimiento », Pauline Aubry retrace, sous un trait coloré, son arrivée à 24 ans en Argentine.

 Entre le roman d’aventure et l’autobiographie, on y suit avec délectation ses pérégrinations, racontées avec beaucoup d’autodérision et d’authenticité.

Des fragments colorés de vie en Argentine 

L’Argentine, ses gauchos, ses clubs de football, son maté, ses parillas, ses identités multiples et sa culture du « chamullar ». Pauline en rêve depuis toujours, elle qui veut rejoindre la terre de ses ancêtres, dont l’histoire du coup de foudre sur un bateau transatlantique en direction de Buenos Aires, a bercé son enfance de récits et légendes. « Dans ma famille, tout ce fantasme était alimenté par des imageries de l’arrière-grand-père qui vivait dans la Pampa au milieu des Indiens, qui passait sa journée à cheval et était comme un gaucho. Ce que j’ai retenu c’est la musique gaucho et tout le côté folklorique de la pampa, de la culture de la campagne et des cow-boys argentins… »

Alors en 2005, à 24 ans, elle n’hésite pas un instant et saute dans un avion pour rejoindre Buenos Aires, officiellement pour réaliser un stage dans la pub, officieusement à la découverte de ses racines en Amérique. Et qui sait, peut être là-bas, rencontrer son “Grand Amour” d’aventurier.

Ah, l’aventure…

« Les Descendants » est avant tout une ode à l’aventure et la jeunesse. Pauline revisite en bulles son arrivée « de petite frenchie avec des rêves de globe-trotteuse » en Argentine. Par son joyeux trait de crayon, elle parvient avec beaucoup d’humour et d’émotion à ressaisir l’essence des premiers instants en Argentine, où tout étonne, fascine, et semble plus intense. Voici désormais Pauline dans la Pampa, inventant sa propre légende, nous faisant partager ses rencontres professionnelles, amoureuses ou amicales.  L’ouvrage, si vous avez plus de 25 ans, vous replongera à coup sûr dans vos souvenirs de jeune expatrié ou étudiant en quête d’aventures et de découvertes, sac sur le dos, routard dans la poche, colectivos surpeuplées jamais bien loin pour parcourir l’Amérique latine si longtemps rêvée. 

Une perception pétillante de l’Argentine 50% backpackers, 50% locale

On suit ainsi de page en page ses expériences de voyageuse, presque sous forme de carnet de voyage où se dévoilent ses états d’âmes avec, toujours en toile de fond, l’histoire de ses aïeux. Des cartes colorées nous emmènent parcourir la Bolivie, le Pérou, le Nord-Ouest argentin. A cela s’adjoignent des souvenirs, anecdotes et même quelques (vraies) photos. Certes l’histoire de Pauline n’est pas la nôtre, mais sa perception de l’Argentine et de ses particularismes est si fidèle et pétillante qu’on ne peut que s’y identifier.

A propos de Pauline Aubry

Ce deuxième roman, pour celle qui a obtenu en 2016 le prix « les jeunes talents exposent » du festival de la bande dessinée d’Angoulême, est un éloge coloré et joyeux au voyage. Pauline renoue avec ce qui semble être sa thématique de prédilection : l’identité et les interrogations inhérentes au passage à l’âge adulte. Pourtant, rien ne la prédestinait à se lancer dans la BD. Dessiner, elle-même le dit, elle l’a appris sur le tard et travaille beaucoup par jeu de décalque sur sa table lumineuse. Mais l’envie de raconter des histoires et sa nature enjouée l’ont poussée sur cette voie. Avec succès. À 30 ans, elle profite de son congé maternité pour se remettre à fond dans le dessin, et reprendre des études dans une école de BD au CESAN. Aujourd’hui installée à Paris, elle collabore notamment avec la Revue XXI, Lesjours.fr, les éditions des Arènes… mais garde toujours de fortes attaches en Argentine, qu’elle visite régulièrement. « J’avais l’aventure dans les gènes. J’étais persuadée que mon destin m’attendait en Argentine, au pays de mes ancêtres. Aujourd’hui j’ai un peu perdu l’accent mais j’ai toujours le très fort sentiment que l’Argentine, c’est aussi un peu mon pays ».

“Los Descendientes, o la llamada de la Pampa” Pauline Aubry. Collection “gráfica en movimiento”. 650 pesos.

Louise Le Borgne.

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