Un congrès réussi
|Concepción del Uruguay a accueilli du 8 au 10 octobre le XVIIe congrès national des professeurs de français langue étrangère (F.L.E).
Avec plus de 320 inscrits, la capacité d’accueil s’est trouvée atteinte : le nombre total de places étant limité par la quantité de salles mises à disposition des organisateurs par l’université. Outre un grand amphi municipal dans lequel ont eu lieu les séances et conférences inaugurales et de clôture, toutes les autres activités -ateliers, tables rondes, exposés et autres- se sont déroulées dans les nombreuses classes de la Facultad de Humanidades, Artes y ciencias sociales de l’Universidad Autónoma de Entre Ríos.
L’organisation mise en place par la commission responsable de l’association des professeurs de Français de la province (ACPROFER) s’est révélée sans faille et particulièrement respectueuse des horaires et temps impartis, ce qui est, il faut le reconnaître, difficile à soutenir lorsque plusieurs intervenants se succèdent sur l’estrade et plus encore lorsque les activités proposées se déroulent dans des endroits géographiques différents.
Les experts étrangers et nationaux invités ont développé en conférences plénières ou au cours des nombreux ateliers proposés, les cinq axes de recherche qui avaient été programmés :
– La langue française comme objet d’étude : perspectives ?
– Glottopolitique et politique éducative : quel avenir pour le français ?
– Langue, culture, espace : rencontres, conflits, correspondances
– Formation professionnelle, enseigner le français : comment, pourquoi, pour qui ?
– Les étudiants : que veulent-ils exprimer ?
La francophonie et ses caractéristiques ont été au cœur des communications.
Les intervenants invités, venant d’autres pays, ont établi un contact empathique particulièrement notoire avec leur auditoire. La conférence et la participation durant tout le congrès de Haydée Silva Ochoa, professeure titulaire à la faculté de philosophie et de lettres de l’université nationale autonome du Mexique et son admiration pour la francophonie des Amériques ont dynamisé le public. Quant à Stéphane Grivelet, son exposé sur “les pratiques de recherche et d’enseignement” a tenu en haleine l’amphithéâtre. Stéphane Grivelet est maître de conférences à l’Université des Antilles.
Pour conclure, le tour d’horizon historique de la professeure-chercheuse Lia Varela à l’université 3 de Febrero de Buenos Aires (UNTREF), sur les politiques officielles erratiques de l’enseignement des langues et plus particulièrement du français en Argentine au cours des dernières décennies a jeté un voile de malaise sur l’auditoire.
Du côté officiel français, il faut souligner, le jour de l’inauguration, la présence du premier conseiller d’ambassade Thomas Napolitano, celle du directeur et délégué général de l’Alliance Française, Pascal Casanova accompagné de la responsable linguistique de l’institution. Quant à l’IFA (Institut Français d’Argentine) sa représentation était assurée par Stéphanie Favre, l’attachée linguistique et éducative fraîchement arrivée en Argentine, accompagnée de l’adjoint linguistique et éducatif Luis Blanco-Cook ; Campus France était représenté par sa responsable Natalia Sabatini.
Les maisons d’édition spécialisées dans la publication d’ouvrages consacrés au FLE étaient également présentes.
CLE international, sponsor principal du congrès a pu, à deux reprises, s’adresser à travers sa représentante à l’ensemble des congressistes : elle en a profité pour présenter la revue de la fédération internationale des professeurs de français (FIPF), “Le français dans le monde, la revue pour et par les professeurs de français”.
La maison d’édition Didier FLE (aujourd’hui l’un des départements des éditions Hatier) était quant à elle incarnée par sa représentante pédagogique et commerciale Elkouria Chiahou à la tête d’un petit stand dans la salle polyvalente où se retrouvaient les congressistes au moment des pauses.
Les intermèdes ont été suivis avec enthousiasme par l’ensemble des participants : le “vin d’honneur” accompagné d’un beau concert de musique du littoral de compositeurs locaux interprétée par deux chanteurs et un pianiste.
Le concert de clôture, un moment particulièrement sympathique a rassemblé sur scène un important ensemble musical formé par les étudiants de la “facultad de artes” avec leurs instruments et quatre chanteurs pour interpréter des musiques typiques de la région.
La note originale du congrès s’est révélée être l’active et efficace collaboration d’étudiants du cursus tourisme, impeccablement vêtus de blanc et noir, pour l’organisation de l’accueil et de l’orientation des congressistes, ainsi que celle des élèves du cursus gastronomie pour la partie restauration et service, ces derniers en uniformes blancs de cuisiniers.
Un peu avant que ne termine le congrès la présidente de l’association nationale des professeurs de Français a dévoilé le siège du prochain congrès qui se tiendra en 2026 : la ville amphitryonne sera Tucumán.
La tradition veut que le nom du siège du futur congrès ne soit révélé qu’à la fin du congrès précédent, généralement au cours de la séance plénière de clôture.
Le congrès de Concepción del Uruguay 2024 restera certainement dans les annales comme un modèle à imiter. Trois jours de rencontre qui ont demandé, pendant de nombreux mois, beaucoup d’heures de travail à la petite équipe de l’ACPROFER, uniquement secondée par son enthousiasme et son désir de mener à bien la réalisation d’un projet titanesque.
Il est regrettable que la municipalité de Concepción n’ait pas été plus présente et plus visible au cours de ces journées pour accueillir un public venu des quatre coins du pays et de l’étranger.
Marie-Françoise Mounier-Arana