La fête malgré la défaite
Le Parisien, que je suis, fraîchement débarqué à Buenos Aires, a eu l’extraordinaire chance de, rapidement, se retrouver au cœur d’un groupe d’hinchas argentins pour suivre le mondial de foot 2026.
Il faut bien dire que depuis la phase de groupe jusqu’à la finale, l’Argentine a fêté le parcours exceptionnel de son équipe, l’Albiceleste. Malgré une défaite 1 à 0 face à l’Espagne en finale, chacune des rencontres donnait lieu à des célébrations particulières dans l’ensemble du pays. Qu’il s’agisse des matchs de poules ou des rencontres à élimination directe, bombos, platillos et chants de supporters luttaient à force égale dans les rues des villes.
A Buenos Aires, peu avant les coups d’envoi, des groupes se forment en plusieurs lieux de la ville, les bars terminent de se remplir tandis que la majorité des commerces ferment et que les axes de circulation se vident. La singularité du tournoi tient principalement dans l’ambiance unique que cultive et communique en public chaque Argentin. En dehors de l’hymne national exalté en début de partie, ce sont autant de chants composés spécifiquement pour cette édition du mondial qui lui succèdent et que tous interprètent. Nul besoin de système audio, les supporters s’équipent d’instruments et forment autant d’orchestres possibles pour donner à vivre dans les avenues de la capitale une ambiance à laquelle on ne goûte d’ordinaire que dans les tribunes d’un stade. Aucune exception n’y est faite, pas même lors de la victoire face à la Jordanie le 27 juin dernier malgré la nette qualification de l’Argentine pour les seizièmes de finale cinq jours plus tôt.
Si le moral de certaines équipes s’effondre à l’ouverture précoce du score puis échoue à se relever au cours de la rencontre, jamais la sélection Argentine n’abandonne. Menée 2 à 0 face à l’Égypte en huitième de finale jusqu’à la 79e minute et 1 à 0 contre l’Angleterre en demi-finale jusqu’à la 85e, la Scaloneta a pu compter sur l’indéfectible motivation de ses joueurs (Cristian Romero, Lionel Messi, Enzo Fernandez et Lautaro Martinez) pour s’offrir une remarquable série de victoires.
La presse internationale le souligne, le quotidien sportif français L’Équipe titre Les immortels en une du 16 juillet dernier. De la cancha aux rues et cafés de Buenos Aires, cette détermination demeure inchangée, elle se partage et se diffuse, quel que soit le scénario. Aux buts encaissés par l’Argentine et les menaces sérieuses de se voir éliminer, les supporters redoublent d’efforts dans les encouragements et couvrent les doutes par la mesure de leurs chants. Bombos et platillos donnent le rythme et bientôt les fumigènes, confettis, bocinas et applaudissements prennent le relais.
Malgré un match compliqué pour l’Argentine face à une brillante équipe espagnole, l’Albiceleste a poursuivi ses efforts jusqu’au coup de sifflet final. Plusieurs milliers de supporters se sont donnés par la suite rendez-vous à l’Obélisque de la 9 de Julio pour célébrer une dernière fois les performances de leur sélection.
Aurélien Fressinet
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