“On doit pouvoir être vus” : pour la manifestation du 5 novembre à Paris, les syndicats veulent défiler entre Bastille et Concorde
La demande de parcours a été faite depuis la semaine dernière mais la préfecture de police n’a pas encore répondu, déplore ce lundi matin la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.
4 novembre 2026 (Le Parisien) : Le parcours de la manifestation parisienne de jeudi n’est pas encore connu et un nouveau feuilleton se dessine vraisemblablement. Le 5 novembre est une journée de mobilisation des syndicats. Les principaux d’entre eux, sauf la CFE-CGC, appellent salariés du public et du privé à manifester pour les salaires, l’emploi et les services publics. Même les syndicats de l’enseignement privé sous contrat ont appelé à la grève. Lycéens et Gilets jaunes sont également attendus dans la rue.
Ce lundi matin, Sophie Binet a dévoilé sur France 2 que les syndicats ont demandé dès la semaine dernière à défiler entre Bastille et Concorde à Paris. La secrétaire générale de la CGT qualifie ce trajet de « parcours simple ». « Nous attendons encore la réponse de la préfecture. On ne peut pas travailler comme ça », déplore-t-elle cependant. « On a besoin d’avoir les parcours à l’avance pour pouvoir les sécuriser, notamment avec la mairie de Paris ».
« C’est inédit qu’on interdise les manifestations dans le centre-ville »
La responsable syndicale fait ainsi écho aux derniers retours tardifs de l’autorité préfectorale parisienne pour les précédentes manifestations, ainsi qu’aux atermoiements et refus concernant les trajets. La justice a par exemple été saisie la semaine dernière avec une décision le matin même de la manifestation prévue samedi dernier.
« C’est inédit qu’on interdise les manifestations dans les centres-villes. On doit pouvoir être vu. On ne va pas se cacher en allant manifester sur le périphérique quand même », s’agace Sophie Binet. Dans le Parisien, Patrice Faure, préfet de Paris, avait notamment déclaré la semaine dernière que, « pour un temps », il s’opposera aux trajets entre Bastille, Nation et République.
Concernant les revendications et la mobilisation, Sophie Binet estime que « tous les indicateurs sont au vert ». « Ce sera une grande journée de convergence. Nous voulons deux choses : des augmentations de salaires partout avec hausse du Smic de 10 % et augmentation du point d’indice des fonctionnaires, et une révision du projet de budget. »
Elle met en cause la politique de l’offre du président de la République Emmanuel Macron. Elle considère que ce choix économique a « appauvri les salariés » : « Les Français ne peuvent plus consommer et s’offrir des loisirs. » Sophie Binet fait ensuite référence à une déclaration du chef de l’État qui, au début de son premier mandat, avait déclaré qu’« on met un pognon de dingue dans des minima sociaux et les gens sont quand même pauvres ». Pour la cheffe de la CGT, « il faut arrêter cette politique de l’offre qui coûte un pognon de dingue. Il faut une politique de la demande ».
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