Laurent Waksmann, Conseiller et président du conseil consulaire
|Depuis son élection en tant que « Conseiller des Français de l’étranger » en 2021, Laurent Waksmann travaille (presque) à plein temps pour aider la communauté française d’Argentine. Découvrez la vie de cet homme dynamique, ainsi que sa vision et ses projets.
Né à Paris de parents français, le jeune Laurent grandit jusqu’à 7 ans non loin de la capitale, à Brunoy. Son père, qui travaille dans les télécommunications, se voit offrir une expatriation en Argentine. Petit dernier de sa fratrie, il part donc seul avec ses parents pour Buenos Aires, en 1992. Il va à l’école au Franco-Argentin Adrienne Bolland, puis au lycée Jean Mermoz. À la fin de l’expatriation prolongée de son père, Laurent se voit forcé de revenir en France. Ses parents divorcent ; obligé de travailler, il enchaîne les petits boulots et entame un procès contre son père pour abandon de famille. Il a 17 ans ; il gagne le procès. Il quitte tout pour revenir, seul, en Argentine, et passe un bac scientifique au lycée Jean Mermoz. C’est là où il rencontre sa femme, et c’est là, également que naît sa passion pour la politique : il baigne alors dans un climat de débats passionnés, entre lycéens de droite et de gauche, parmi les fils d’ex-guerilleros et de militares. Son adversaire de débat était, à l’époque, Stéphane Séjourné, actuel secrétaire général du parti présidentiel Renaissance. Lorsqu’on lui demande de citer une figure importante rencontrée au cours de son parcours, Laurent, nomme Alexandre Del Valle, alors président du mouvement droite libre, son voisin de palier lorsqu’il vivait à Paris, et qui l’emmena avec lui à l’Assemblée nationale. Après le lycée, il renonce à faire des études de médecine pour suivre une licence en sciences politiques ; il doit aussi travailler pour vivre.
C’est après l’université que le “businessman” voit le jour. Il se fait embaucher dans une entreprise d’import/export et y restera jusqu’en 2011, date à laquelle il fondera sa propre “boîte” d’exportation de produits congelés, Axesud. En 2014 le jeune ménage Waksmann voit naître un premier petit garçon, le second est arrivé, lui, il y a, à peine, 8 mois. Un problème de santé oblige en 2015, Laurent à se reconvertir dans le trading financier. Il revendra sa boîte en 2019 et deviendra directeur commercial chez Cloudspace Technology.
Il a aujourd’hui plusieurs casquettes : secrétaire de La French Tech, le mouvement français des start-ups mais également fondateur de StationBA, un accélérateur d’entreprises technologiques argentines, il est aussi directeur général de l’agence de marketing Soyculto, et enfin depuis 2021, conseiller des Français de l’étranger.
Cette volonté pour lui de s’engager au service de la communauté des Français de l’étranger naît tout d’abord d’un triste constat : le dépérissement progressif du tissu associatif français. “J’ai vu notre belle communauté, pourtant alors bien implantée, s’étioler ”. C’est donc dans un premier temps cet “arrière-goût de tristesse” de la communauté française rayonnante de l’époque de son enfance, maintenant en berne, qui le pousse à s’engager. La deuxième raison : le constat direct de l’inaction de l’administration. Grâce à la réforme de 2013, le “conseiller consulaire”, dont le rôle se limitait jusque-là aux problèmes 100% administratifs, devient “conseiller des Français de l’étranger”, Laurent voit alors dans cette réforme l’ouverture potentielle d’un énorme champ d’action. Désormais, le conseiller des Français de l’étranger peut aider et coopérer avec tous les acteurs de la communauté, services, associations. D’après lui, ce nouveau conseiller aurait trois rôles : le premier, l’aide aux associations ; le second, œuvrer à trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les membres de la communauté (démarches administratives, questions éducatives, aide sociale et autres), le dernier est de dimension politique, car “lorsque les problèmes dépassent notre fonction, on doit faire intervenir les élus députés ou sénateurs”. C’est ainsi que Laurent Waksmann perçoit son rôle, qu’il prend très à cœur, et qu’il aimerait voir se développer plus encore. “La réforme n’est pas suffisante ! C’est une réforme qui dérange l’administration, alors on n’est pas naturellement invité à participer, ce qui est vrai en Argentine mais dans une mesure moindre que dans d’autres pays du monde, où le même problème apparaît intensifié”. Il désirerait que tous les Français d’Argentine se tournent plus naturellement vers leurs conseillers : ces élus qui sont là pour les aider !
Laurent Waksmann est également président du conseil consulaire. Dans ce rôle, il décide des appels à réunions et du choix des ordres du jour. Une des priorités du programme sur lequel il a été élu est la “reconnexion des différents écosystèmes de notre communauté”, mission qu’il estime mener à bien. Selon lui, un cap a été franchi : “Les élus sont conscients de la réforme de 2013”. Nos compatriotes, les associations se demandent : “Qui va nous aider ?”, C’est à nous de le faire, à nous d’aller les chercher”. C’est dans cette optique qu’il a, en collaboration avec son collègue Jérôme Guillot, été l’instigateur de la création du Conseil des associations françaises d’Argentine, dont la première réunion a eu lieu le 20 avril. Le but : mettre en relation les différentes associations françaises d’Argentine, créer des synergies, permettre à leurs représentants de se connaître, de créer des projets en commun. Sa vision en tant que président du conseil consulaire est également celle de la force collective : “Je crois en ce projet. Je crois qu’il est crucial pour les associations de se fédérer, ce qui peut leur permettre de mutualiser leurs ressources et de travailler vers un objectif commun. C’est ce pouvoir de négociation collective accru qui contribuera à bâtir des communautés plus fortes, plus résilientes, et qui facilitera l’échange d’informations et d’idées”.
Ainsi, Laurent Waksmann, élu conseiller des Français de l’étranger jusqu’en 2026, a encore de quoi nous surprendre. Jeune et passionné, il semble ne jamais s’arrêter sans se départir d’un grand sourire aimable et contagieux.
Bonne chance, cher conseiller !
Propos recueillis par Marie-Françoise Mounier-Arana et Cléophée Baylaucq.