Renaissance se dirige vers la désignation de Gabriel Attal comme “candidat naturel” à la présidentielle

Réuni lundi, le bureau exécutif du parti a approuvé un rapport en ce sens. Le conseil national doit trancher le 12 mai.

5 mai 2026 (Le Figaro) : Sans aucun suspense, Renaissance s’achemine vers la désignation de Gabriel Attal comme son candidat à l’élection présidentielle. Réuni ce lundi soir, le bureau exécutif du parti présidentiel – désormais contrôlé par l’ancien premier ministre – a franchi une nouvelle étape en approuvant les modalités : le conseil national choisira le 12 mai entre une désignation directe de l’intéressé et «une primaire interne». Cette seconde option étant jugée hautement improbable en coulisses, compte tenu de la mainmise de Gabriel Attal sur l’appareil.

Le secrétaire général de Renaissance avait mandaté deux historiques du parti macroniste, Jean-Marc Borello et Bariza Khiari, pour mener des consultations internes sur la désignation d’un candidat à la présidentielle. Dans leur rapport, présenté lundi au bureau exécutif, ces deux personnalités notent «un rejet net d’une primaire compétitive (ouverte ou interne) perçue comme un facteur d’affaiblissement et de division» et «une tendance claire» en faveur de la désignation de Gabriel Attal. Ils prennent toutefois soin de laisser ouverte l’alternative, résumée ainsi par Jean-Marc Borello : «Soit nous considérons que le secrétaire général est le candidat naturel, soit nous organisons des primaires internes.»

Le bureau exécutif a décidé de confier ce choix au conseil national, instance décrite en interne comme le «parlement du parti». Ce processus a été approuvé par 60 voix sur 63 participants. Trois d’entre eux se sont abstenus : la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, le député Guillaume Gouffier Valente et la ministre Aurore Bergé, seul membre du gouvernement présent à la réunion.

«On est devenu LFI !»

Le conseil national, présidé par Élisabeth Borne – qui est notoirement hostile à Gabriel Attal et était absente du «burex» lundi – doit se réunir le 12 mai pour trancher. Hors micro, les quelques opposants internes à l’ex-premier ministre dénoncent déjà un processus cousu de fil blanc. «Attal a nommé la grande majorité des membres du conseil national. Donc il demande à ceux qu’il a nommés s’ils sont d’accord pour qu’il soit le candidat. En fait, on est devenu LFI !», peste une participante au bureau exécutif. «Attal nous fait une Retailleau en moins démocratique», renchérit un autre, en référence au vote interne organisé en avril chez Les Républicains pour désigner Bruno Retailleau candidat.

«C’est conforme aux statuts et la logique d’un parti sous la Ve République, c’est de produire un candidat à l’élection présidentielle. On n’invente rien», rétorque un député également présent au bureau exécutif. Quel que soit le choix du conseil national, «il sera soumis à votre approbation», promet le parti à ses adhérents dans un courriel envoyé lundi soir. Si le processus aboutissait dans le courant du mois de mai, c’est donc avec le statut de candidat officiel de son propre parti que Gabriel Attal tiendrait le grand meeting qu’il prévoit porte de Versailles, à Paris, le 30 mai.

Louis Hausalter

 

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