“Même depuis l’hôpital” : ce lycéen a passé son oral du bac en soins intensifs
Hospitalisé au CHU d’Angoulême, un lycéen en bac pro a pu passer son dernier oral grâce à la mobilisation de son établissement et de l’hôpital. Le jury s’est rendu en soins intensifs pour lui faire réaliser l’épreuve.
2 juillet 2026 (Le Parisien) : Il ne restait que son oral de projet à passer. Elyam, en bac pro maintenance des systèmes de production connectés, n’attendait que ça pour commencer son alternance mi-juillet, dès l’obtention des résultats de l’examen. Malheureusement, impossible pour le jeune homme de se déplacer au lycée pour présenter son oral : il était hospitalisé au CHU d’Angoulême après un accident cardiaque le jeudi 25 juin.
Qu’à cela ne tienne, il peut bénéficier du soutien de ses parents et de l’équipe médicale pour y parvenir : c’est le cardiologue qui a argumenté auprès du proviseur de son établissement pour lui demander de faire déplacer le jury jusqu’à sa chambre en soins intensifs. « En une matinée, tout était réglé », se réjouit Anthony Vignaud, le père d’Elyam. « On savait qu’il stressait, mais son proviseur a trouvé une solution et c’est grâce à lui et à l’équipe médicale qu’il a pu passer son oral. »
Une décision évidente
« Nous avons pris la décision relativement rapidement et avec une forme d’évidence », rembobine le proviseur du lycée, David Mamès. « Le médecin nous a expliqué que son état psychologique et son état de santé lui permettaient de passer l’oral prévu ce lundi 29 juin, mais qu’il ne pouvait pas se déplacer. »
C’est donc « naturellement », que le proviseur décide de missionner un jury jusque dans la chambre d’Elyam. « Nous aurions pu le faire en visio, mais nous ne voulions pas le mettre en difficulté et préférions privilégier la relation humaine, c’était important pour nous », justifie-t-il.
Quant à la session de septembre, il balaie l’idée d’un revers de main. « Elyam est très volontaire et méritait de passer son oral en même temps que les autres, mais pas au même endroit. Nous avons mesuré les enjeux de cette décision et le jury s’est comporté de la même façon qu’en situation classique, les règles de traitement ont été respectées », tient à ajouter David Mamès, dont l’établissement a pour thématique cette année la solidarité. « On fait tous nos projets avec cette valeur-là ! »
Prochaine échéance pour Elyam, les résultats du bac, avant de commencer son apprentissage. « Même depuis l’hôpital, on peut faire les choses, il ne faut pas baisser les bras ! », témoigne le jeune homme. « C’est tout un groupe de personnes qui a rendu ça possible, avec de la solidarité et de l’entraide. » L’équipe médicale de son côté a tenu à féliciter publiquement le jeune homme.
S’il espère avoir son bac, il se projette sans trop d’inquiétude sur son poste, « il n’y a pas besoin de tout le temps porter des charges lourdes en maintenance, il pourra adapter et la médecine du travail fera le nécessaire » conclut son père, confiant.
Claire Berthelemy
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