Buenos Aires… aller-retour

Le Trait-d’Union a été aimablement reçu par Philippe Ariagno, attaché culturel, dans ses bureaux à l’Institut français…

Philippe Ariagno a la particularité d’achever sa carrière au service de la culture et des arts là où il l’a initiée près de quatre décennies plus tôt. C’est en effet à Buenos Aires qu’il a commencé sa coopération en 1989, à l’âge de 24 ans et c’est également ici qu’il partira à la retraite dans deux ans. Entre les deux, un parcours qui l’a mené de Rio de Janeiro à São Paulo, en passant par quatorze années à la tête de la scène nationale de Gap, avec pour fil rouge l’Amérique latine et le spectacle vivant.

À l’Institut français, sa feuille de route couvre presque tout le champ culturel dont les arts de la scène, l’architecture, la mode, le débat d’idées, les livres et les concerts, à l’exception toutefois du cinéma et de l’industrie musicale, assurés par des collègues. Philippe Ariagno coordonne également Interés Séneca, un réseau spécialisé dans les arts de la scène du ministère pour l’Amérique du Sud hispanophone et qui rassemble une dizaine de pays.

Ce qui frappe l’attaché culturel après tant d’années passées entre la France et l’Argentine, c’est l’énergie de la scène indépendante à Buenos Aires. Les théâtres de quartier, dont la capacité d’accueil n’est pas négligeable, affichent complet plusieurs soirs par semaine. Portée par un jeune public, cette forte curiosité pour la scène vivante nourrit d’ailleurs des échanges avec la France, dynamisme rendu possible notamment par le réseau Interés Séneca qui se charge de faire circuler nombre d’artistes entre les deux continents.

Jusqu’à la fin de l’année 2026, la programmation ne manque pas de souffle. Cinq tournées de compagnies françaises sont prévues d’ici décembre, dont Dark Circus en novembre, ainsi que la venue de la chorégraphie de Rachid Ouramdane, directeur de Chaillot, le théâtre national de la danse à Paris. Côté littérature, le FILBA accueillera les célèbres écrivains Marie Vingtras et Emmanuel Carrère et dès le mois d’octobre, Lisa Guez et Thomas Quillardet, deux auteurs-metteurs en scène, qui viendront animer chacun un atelier suivi d’une lecture autour de la dramaturgie contemporaine française.

Après quarante années passées au service des artistes et de leurs œuvres, Philippe Ariagno garde la conviction que l’art reste un espace de rencontre et d’émotion partagée dont nos sociétés ont besoin. Une conviction d’ailleurs que l’actuel attaché culturel de l’Institut français compte bien défendre, au-delà même de son départ à la retraite.

 

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