Supprimer Parcoursup n’est “pas la solution magique” pour les présidents d’université
Les présidents d’universités mettent en garde contre une suppression de Parcoursup, mesure largement souhaitée par le mouvement lycéen depuis plusieurs semaines dans le pays.
26 octobre 2026 (Le Parisien) : Faut-il supprimer Parcoursup ? Pour les présidents d’universités, la réponse à cette revendication, largement portée par le mouvement lycéen depuis des semaines maintenant, n’est pas si simple.
Depuis le début du mouvement lycéen, des élèves et étudiants mobilisés réclament notamment cette abrogation, une revendication plusieurs fois écartée par le gouvernement même si Emmanuel Macron a reconnu vendredi auprès de lycéens reçus à l’Élysée le « besoin d’une refonte en profondeur » de cette plate-forme d’orientation.
Une « politique délibérée de réduction des moyens »
Parcoursup, créé en 2018, a depuis « bénéficié d’améliorations successives », souligne dans un communiqué France Universités, qui regroupe 117 directions d’établissements de l’enseignement supérieur public, dont les présidents de quelque 70 d’universités.
« Il est majeur de ne pas confondre l’outil et la politique délibérée de réduction des moyens, qui, ces dernières années, a créé de fortes tensions pour l’entrée dans l’enseignement supérieur », poursuit le texte. Il souligne que supprimer Parcoursup « n’est pas la solution magique », alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présenter lundi de premières décisions en lien avec les revendications de la jeunesse.
« Une catastrophe à court terme »
Selon France Universités, « Parcoursup n’est responsable ni de l’insuffisance des capacités d’accueil dans certaines filières universitaires très demandées, comme la santé, ni du manque de places (…) propres à donner de vraies chances de réussite aux titulaires de baccalauréats techniques ou professionnels qui ne trouvent pas, en licence, la réponse pertinente à leur projet personnel ».
Jugeant qu’« une suppression précipitée de Parcoursup sans solution de remplacement conduirait à une catastrophe à court terme, qu’il faudra assumer devant les prochains bacheliers, en juillet », l’association souligne qu’il vaudrait mieux « revoir en profondeur » l’orientation.
Les effectifs dans l’enseignement supérieur public et privé continuent d’augmenter, de 0,8 % à la rentrée 2026, avec 3 075 000 étudiants, selon une note publiée jeudi du service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur. Il prévoit une nouvelle hausse de 0,6 % à la rentrée 2027.
–
