“Baldosas por la Memoria” au lycée Jean-Mermoz
Ce mercredi 16 septembre, le lycée franco-argentin Jean-Mermoz, à Buenos Aires, a inauguré deux Baldosas por la Memoria, en hommage aux membres de sa communauté étudiante victimes du terrorisme d’État pendant la dernière dictature militaire.
La cérémonie s’est tenue en présence de l’ambassadeur de France en Argentine Romain Nadal, de la proviseure du Lycée Françoise Sturbaut, de plusieurs élèves et de représentants des familles de victimes.
Les deux dalles, réalisées avec la participation des élèves de l’option arts plastiques, rendent hommage aux élèves, professeurs et employés de l’établissement disparus sous la dictature militaire : Yves Domergue, Marie-Anne Erize Tisseau, Alejandra Lapaco, Ruben Rosemberg, Cecilia Rotemberg, Elena Maria Ungar et Claudio César Adur. Tous âgés, à l’époque, d’une vingtaine années, furent les victimes de la répression entre 1976 et 1977.
Ezequiel Ungar, frère d’Elena Maria Ungar, est venu témoigner à cette occasion. Pour lui, la mémoire ne se décrète pas mais se construit par des actes concrets ainsi que par la transmission. L’ambassadeur de France souligne également le fait que « la mémoire ne consiste pas à vivre tourné vers le passé : elle nous permet de comprendre le présent et d’assumer des responsabilités envers l’avenir »
Le choix de cette date donne à la cérémonie une portée particulière. Le 16 septembre marque en effet le 50e anniversaire de La Noche de los Lápices, au cours de laquelle dix lycéens furent enlevés en septembre 1976. Cet épisode est devenu l’un des symboles de la répression exercée contre la jeunesse et le mouvement étudiant sous la dictature.
Pour l’association Memoria Palermo, partenaire du projet, une Baldosa por la Memoria ne constitue pas seulement un monument, elle permet de faire réapparaître, dans les lieux où ils ont vécu, étudié, travaillé, les noms et les histoires, de ceux qui ont été enlevés et assassinés.
Depuis les années 2000, ces dalles sont ainsi devenues un outil de transmission de la mémoire dans les quartiers de Buenos Aires. Devant le lycée Jean-Mermoz, leurs mémoires est ainsi devenue impossible à oublier, « leurs vies comptent, leurs histoires font partie de notre histoire, et leurs noms ne seront pas oubliés » a-t-il été rappelé par l’ambassadeur.
