Décès de Michel Iriart, ancien combattant de la 2de guerre mondiale

Michel Iriart s’est éteint à Buenos Aires ce dimanche 8 décembre 2014. Agé de 94 ans, il était né à Almagro le 25 février 1920 de père basque-français

ruban-noirCe vétéran de la seconde guerre mondiale et de la guerre d’Indochine a toujours raconté avec humour et humilité une vie pleine de risques et de batailles aussi bien militaires que civiles. Journaliste comme son père il avait terminé sa carrière à Buenos Aires comme directeur régional de l’Agence France-Presse pour l’Amérique latine. Très aimé et respecté par toute la communauté française il a été plusieurs fois président de l’Union des Anciens Combattants Français d’Argentine dont il était devenu ces dernières années président d’honneur.

A 19 ans il rejoint le Comité de Gaulle d’Argentine et à 21 ans avec juste en poche trois ans d’études de droit et sans prévenir ses parents il s’embarque sur le ‘Highland Brigade’ pour rejoindre les Forces libres en Angleterre. Après un long périple (Bermudas, New York, Canada, Islande, Norvège) il débarque à Liverpool. Le résultat de l’évaluation de ses antécédents à la « Patriotic School » le mène à l’Ecole Militaire française, située alors à Birmingham, d’où il sort sous-lieutenant, en juin 44. Deux semaines après le jour ‘D’ il foule enfin le sol français avec la 2ème DB (brigade blindée), commandée par le Général Philippe de Hauteclocque, Philippe Leclerc de son nom de résistant.

« Comme je parlais français, espagnol et anglais je fus désigné officier de liaisonJ’allais en moto du Cotentin jusqu’à Caen en portant dans un petit sac à dos des messages paraît-il très importants. Un soir je dus porter des instructions du Général de Gaulle à Georges Bidault, président du Conseil National de la Résistance »

nous racontait Michel Iriart lors des dîners de camaraderie des jeudis soirs aux Anciens Combattants. « Le jour d’après nous rentrions dans Paris libéré. Nous étions en tête du défilé qui remontait les Champs Elysées ».
Promu lieutenant, Michel Iriart part vers le Nord avec la 2ème DB (rattachée à la IIIème armée américaine du général George Patton) et participe à la libération de Strasbourg, puis traverse le Rhin vers Berchtesgaden. Les Américains n’ayant investi que le bourg de Berchtesgaden, une brigade de la 2ème DB en profita pour partir à l’assaut de l’Obersalzberg où se trouvait le Berghof le 4 mai 1945. « Nous fûmes les premiers soldats alliés à atteindre le Nid d’Aigle d’Adolf Hitler quelques jours après son suicide », se souvient Michel Iriart. « Puis nous retournâmes en France par la Sarre ».

La guerre d’Indochine

« J’étais en vacances dans le pays Basque lorsque j’ai été rappelé. J’ai appartenu au premier régiment de la Division Leclerc qui débarqua dans l’embouchure du Mékong le 6 mars 1946. Cela a été plus que difficile. La guerre d’Indochine a été cruelle, on luttait la nuit. Il n’y avait pas de règles. Un jour un soldat japonais lança une grenade. Je fus projeté à plusieurs mètres et un éclat se logea dans ma main. Je l’ai toujours sous la peau, » disait Michel Iriart pour raconter simplement ses années de luttes passées dans la brousse indochinoise.

Retour en Argentine

En 1947, avant son retour en Argentine, au consulat argentin de Paris, on lui présente Elène de Alarcon, elle devint sa femme. Ils eurent trois enfants, Miguel, Hélène et Anne Marie. A Buenos Aires, il se lance dans le journalisme et devient correspondant de l’Agence France-Presse. Il ira en poste au Chili et au Mexique, pour revenir finir sa carrière à Buenos Aires en tant que directeur régional pour l’Amérique Latine, toujours à l’AFP.

Entre autres décorations, Michel Iriart reçut les insignes de la Croix de Guerre avec palme, remise par le Général de Gaulle. Il était également officier de la Légion d’Honneur.
Le Trait d’Union fait parvenir à sa veuve Elena, ainsi qu’à ses filles Hélène et Anne Marie et à ses cinq petits enfants ses condoléances les plus sincères.

 

Suzanne Thiais