Les présidents de la 5ème République en Argentine

A l’occasion de la venue de François Hollande les 24 et 25 février, Trait-d’Union présente aux lecteurs un bref récapitulatif des visites officielles des différents présidents français, qui au cours des cinquante dernières années ont foulé le sol argentin.

france-argentine drapeauxPremier président de la 5ème République française, et probablement le plus emblématique, Charles de Gaulle se rendit en Argentine en octobre 1964, à l’occasion d’un voyage à travers toute l’Amérique latine, voyage durant lequel il visita successivement le Venezuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay pour terminer au Brésil. Ces quelques 32 000 kilomètres furent parcourus par le président français dans le but de présenter la France comme un troisième choix entre l’URSS et les Etats-Unis, dans un monde résolumment bipolaire. Ce voyage fut perçu par les Etats-Unis comme un nouvel affront de la politique étrangère française.

En Argentine, De Gaulle fut reçu par le président radical alors en exercice Arthuro Illia, dans un contexte plutôt tendu. En effet, Juan Domingo Peron, alors réhabilité par la récente légalisation du péronisme, mais inquiétant pour autant le gouvernement en place, avait demandé à ses partisans de saluer De Gaulle “comme ils le salueraient lui”. Ainsi donc s’élevèrent des “De Gaulle, Perón, un solo corazón » sur le passage du président français, et des manifestations pro-Perón éclatèrent, plaçant ainsi De Gaulle dans une situation des plus difficiles face au gouvernement alors en place.

Il fallut attendre vingt-trois ans pour qu’un autre président français fasse le déplacement en terre australe, en la personne de François Mitterand. Le dirigeant socialiste fut reçu par Raúl Alfonsín, premier président élu démocratiquement après la dictature. Le pays, alors en proie à une grave crise politique et économique suite aux années de plomb, cherchait à renforcer la coopération économique entre les pays du nord industrialisés, et ceux du sud en plein développement, ainsi qu’à obtenir du lest de la part des pays occidentaux quant à la dette externe de l’Argentine. Alfonsin profita de la venue du président français pour critiquer les mesures protectionistes adoptées par la communauté européenne à l’encontre de l’Argentine :”¿Cuánta pobreza resiste la libertad?”. Mitterand offrit pour sa part l’appui de la France quant à un possible futur dialogue argentino-britannique concernant les îles malouines, et célébra le récent retour à la démocratie dans le pays.

Dix ans plus tard, ce fut au tour de Jacques Chirac de visiter l’Argentine, lors d’un voyage de huit jours en Amérique latine. Il fut reçu par Carlos Menem, son homologue argentin issu du parti justicialiste. Ce voyage avait pour but de promouvoir un monde multipolaire face aux ingérences étasuniennes, et une libéralisation des échanges bilatéraux Europe-Amérique du Sud: “L’Argentine est au coeur du Mercosur. La France est un des acteurs majeurs de l’Union européenne. Nous sommes donc fait pour nous entendre”. Furent néanmoins critiquées ces quelques paroles, au vu du déséquilibre des relations commerciales entre les deux continents.

Rappelons enfin qu’en août 2015, l’ex président Nicolas Sarkozy fit lui aussi un déplacement à Buenos Aires, de manière tout à fait officieuse et bien sûr en qualité de simple citoyen français. Il profita néanmoins de ce séjour dans la capitale argentine pour rencontrer les deux favoris des élections présidentielles alors toutes proches : Daniel Scioli et Mauricio Macri. Il donna une conférence strictement privée devant quelques soixante-dix membres du parti “Les Républicains”. Le soir même sa femme Carla Bruni se présenta à l’hôtel Faena pour un concert-gala restreint.

Alyssa Normant