Danielle Bousquet et Paula Forteza, au parlement argentin

Dans ses travaux d’analyse pour la promulgation d’une future loi sur l’IVG, le parlement argentin invite toutes les semaines une vingtaine de spécialistes à venir prendre la parole dans l’hémicycle.

Dernièrement deux représentantes du gouvernement français sont montées à la tribune : jeudi 3 mai, Paula Forteza, députée des Français résidant à l’étranger pour la 2ème circonscription –Amérique latine et Caraïbes- et mardi 8 mai Danielle Bousquet, ancienne députée socialiste, militante féministe, présidente du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes depuis 2013 (instance consultative indépendante placée auprès du premier ministre, qui a vu ses attributions renforcées avec l’arrivée au gouvernement du président Macron).

Le projet de loi de légalisation de l’avortement se trouve actuellement à l’étude dans trois commissions différentes à la chambre des députés argentine, qui convoquent, selon leur ordre du jour des spécialistes de la santé, du droit, des journalistes, des fonctionnaires favorables ou contre l’interruption volontaire de la grossesse.

Danielle Bousquet et Paula Forteza, entendues pour leur position à faveur de l’IVG, se sont étendues sur le cas français. La jeune députée LREM a cité Simone Veil “Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes. C’est toujours un drame et cela restera toujours un drame. Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les trois cent mille avortements qui, chaque année, mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours”.

Et d’ajouter “Ce projet cherchait une solution humaine à un problème si difficile de notre époque. L’État ne peut pas échapper à sa responsabilité. Le Congrès ne peut pas garder une législation répressive qui condamne les femmes à la stigmatisation, à la honte et à la solitude, mais aussi à l’angoisse des décisions de la justice”.

Pour sa part, Danielle Bousquet a affirmé qu’ “en 1974 l’avortement était encore pénalisé en France. Mais le chiffre de 300000 avortements par an a conduit à la non application de la législation pénale ».  

Dans sa volonté de ne plus fermer les yeux et d’adopter une nouvelle législation mieux adaptée à la situation de ces 300000 femmes, le gouvernement de l’époque a choisi de permettre l’accès à un avortement légal et sécurisé”, a-t-elle ajouté.

Ana Clara Bórmida