Nouvelle présidence pour l’association Marianne

Trait-d’Union a récemment eu l’occasion de s’entretenir avec Patricia Pellegrini, présidente de l’association des femmes franco-argentines Marianne.

A travers cette interview, l’objectif poursuivi est de mettre en avant les associations qui rythment la vie de la communauté franco-argentine depuis des années. Cet entretien s’inscrit dans la lignée du précédent article de Trait-d’Union sur la présidence de Buenos Aires Accueil.

Marianne, son histoire

Marianne, l’association des femmes franco-argentines, est devenu, en quelques années, un des piliers du milieu associatif de la communauté francophone du pays. L’organisation voit le jour en 2010 grâce à l’impulsion d’Yves de Ricaud, à l’époque conseiller économique de l’Ambassade de France en Argentine. L’idée est simple, rassembler les femmes franco-argentines « leadeuses », entrepreneuses et inspirantes au sein d’une même communauté afin d’échanger et de s’entraider. Il s’agit aujourd’hui d’une association de droit civil argentin, à but non lucratif, qui compte dans ses rangs quelques 140 membres : 140 femmes franco-argentines qui forment un puissant réseau de soutien, d’écoute, permettant d’innover et de mettre en avant les initiatives de chacune. L’organisation n’a eu, depuis sa création, de cesse de s’agrandir, de se métamorphoser et de se réinventer.

La présidente, ses missions, ses ambitions

Patricia Pellegrini assiste en 2010 à la création de Marianne, sans pour autant en être à l’origine. Elle prend toutefois rapidement part au comité directif avant de s’en éloigner quelque temps pour se consacrer à son activité professionnelle, mais ne se désintéresse pas complètement de l’organisation. Suite à de récents changements au sein de la politique de direction de l’association, elle décide de présenter une liste avec la française Marie Sinizergues, elle aussi membre de l’association depuis ses débuts, afin de prendre la tête du comité. Patricia Pellegrini dirige ainsi les Marianne depuis avril 2019, aux côtés de sa vice-présidente, Marie Sinizergues et se retrouve à la tête d’une association grandissante, qui accueille de plus en plus de personnes, aux profils de plus en plus variés. On compte désormais parmi les membres des artistes, des musiciennes, des scientifiques et d’autres encore, qui dessinent les différentes facettes de ce qu’est être une femme entrepreneuse en 2019.

L’association Marianne, outre la mise en réseau des femmes entrepreneuses qu’elle permet, propose également de nombreuses activités. Principalement ouverts aux membres de l’organisation, on trouve notamment les “café Marianne”, ayant lieu en la présence d’un ou d’une invité exceptionnel pour débattre de sujet en lien avec un thème en particulier. Celui de cette année est l’éducation, et plus largement tout ce que cela implique en termes d’enjeux dans la société argentine. L’association organise également des rencontres de “Marianne à Marianne” au cours de laquelle une membre vient partager son expertise dans un domaine particulier, afin d’en faire bénéficier ses consœurs. Et finalement, le “club Marianne” qui propose des visites, des sorties ou autres activités liées à la promotion d’un secteur ou d’un artisanat en particulier.

Une des missions que s’est donnée, Patricia, lors de son mandat est de recentrer la communauté Marianne autour d’objectifs communs, comme l’organisation du “prix Marianne” ou du développement de l’antenne “Marianne Paris”. Une première édition du prix avait déjà eu lieu quelques années auparavant. La présidente se propose aujourd’hui de faire de ce prix un pilier de l’association pour les années à venir. L’objectif serait de promouvoir une industrie, une profession, un type d’artisanat en danger et de lui donner un nouveau souffle grâce à la visibilité que lui apporterait le prix.

L’ouverture de l’antenne “Marianne Paris” constitue le second enjeu d’importance pour l’association. Après avoir ouvert des antennes en Equateur et en Uruguay, cette antenne est une nouvelle grosse étape et permettrait notamment à la structure de disposer d’un véritable appui en France.

Avant de conclure sur les Marianne, elle nous confie un dernier projet, l’écriture d’un “trombinoscope” à grande échelle, sous la forme d’un livre regroupant les profils de toutes les membres de l’association, conçu comme une vitrine, une carte de visite.

Nous avons également pu nous entretenir avec la vice-présidente de l’association, Marie Sinizergues. Française installée à Buenos Aires depuis 1999, elle est architecte de profession et, passionnée de tango, elle tient avec son mari une boutique de chaussures de danse. Elle nous réaffirme la volonté d’élargir et de faire croître Marianne, notamment par le biais de l’antenne parisienne ou encore les nombreux projets qui rythment la vie de l’association, tel que l’organisation du “prix Marianne”.

En bref, Marianne se montre comme une association de poids, nécessaire au développement et à la promotion du leadership féminin, dans une société qui tend encore à « invisibiliser » les initiatives et projets des femmes entrepreneuses.

L’autre profil de la nouvelle présidente

La dynamique Patricia est également depuis de nombreuses années à la tête de l’association des anciens élèves du lycée franco-argentin « Jean Mermoz ». L’organisation a pour but de maintenir le lien entre les différentes générations d’élèves ayant effectué leur scolarité au sein de l’établissement, et créer ainsi un véritable réseau alumni. Elle nous confie qu’il est souvent difficile de maintenir et entretenir ce réseau, vu la quantité d’élèves et la diversité tant des parcours post-bac que des destinations géographiques diverses de nombre d’entre eux. Toutefois, de nouveaux projets sont en train de voir le jour et devraient permettre, dans les années à venir de faire évoluer l’association.

Enfin professionnellement Patricia est aux côtés de son mari, depuis plus de 30 ans à la tête de l’entreprise “Creciendo” : une chaîne de magasins et une boutique en ligne proposant de nombreuses gammes de produits à destination des jeunes enfants et des femmes enceintes.

Elhia P ascal-Heilmann