Un Secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger a été créé

Au cours du remaniement et des changements ministériels de juin dernier, un Secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger a été créé. L’ex-judoka David Douillet, qui a fait son entrée sur la scène politique il y a quelques années, a été nommé à ce poste. Il est chargé, sous la responsabilité du Ministre des affaires étrangères Alain Juppé, de « répondre aux problèmes pratiques et quotidiens rencontrés par les Français établis à l’étranger« . Il s’agit d’une mesure en totale continuité avec le souci croissant de donner aux Français hors territoire davantage voix au chapitre : en 2012, ces derniers éliront pour la première fois leurs députés aux élections législatives.

David DouilletPremière mesure de M. Douillet ? Le portail Ariane ayant pour objectif de sécuriser les Français voyageant à l’étranger, présenté le 12 juillet dernier au Quai d’Orsay. Ce portail en ligne permettra de joindre rapidement les Français en cas de crise, qu’il s’agisse d’un conflit politique ou d’une catastrophe naturelle.

Dans un premier temps largement décriée comme une machination électorale, la nomination de David Douillet, lui-même non moins critiqué, laisse place à des avis plus contrastés et désormais appuyés sur la réalité. C’est un David Douillet assez bon sur le terrain, font remarquer certains, tandis que d’autres, attendent du Secrétaire d’Etat qu’il fasse ses preuves.

Un large éventail d’opinions s’étale. Il y a celle de Michèle Goupil, représentante locale des Français à l’étranger :

« Je ne peux que me réjouir de la création d’un Secrétariat d’Etat aux Français de l’Etranger. Cette mesure constitue un geste fort envers les Français établis hors de France. Les Français sont de plus en plus nombreux à s’expatrier et les problématiques liées à l’expatriation (enseignement, protection sociale, fiscalité, sécurité, etc.) sont quelque fois mal connues ou mal comprises dans les bureaux parisiens. L’image d’Epinal de Français nantis sous les cocotiers ou exilés fiscaux est encore vivante dans certains esprits de l’hexagone et les récentes polémiques sur un projet de réforme fiscale -finalement abandonné- visant les Français de l’étranger en sont la preuve. Le nouveau Secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger sera sans aucun doute un interlocuteur privilégié de notre Assemblée. »

Elle diffère de celle de la Sénatrice des Français à l´étranger, Monique Cerisier Ben Guiga, bien connue en Argentine,
« Dix mois avant la fin de la mandature présidentielle, on nous annonce la création d’un secrétariat d’Etat aux Français de l’étranger. Cette structure ministérielle aura-t-elle le temps en 10 mois de réparer tous les dommages causés à notre communauté depuis 2002, mais surtout depuis 2007 ? Nous en doutons : les consulats privés de personnels et de crédits fonctionnent de plus en plus mal, à notre détriment ; les institutions culturelles périclitent ou ferment. Les écoles sont de plus en plus chères. Notre fête nationale, le 14 juillet, est financée par des sponsors et la majorité des nôtres n’est plus admise. Au Parlement se succèdent les rapports et les projets de loi remettant en cause notre droit à la binationalité. La surtaxation de la maison où nous trouvons refuge lors de grande crises (Côte d´Ivoire, Libye) a failli être votée. La nomination de M. Douillet, connu comme champion de judo, qui ne connaît rien à l’expatriation nous déçoit. Est-il nommé pour nous servir ou en vue des futures campagnes présidentielles et législatives ? Sera-t-il un Secrétaire d’Etat ou un agent électoral ? Nous en jugerons sur ses actes. »
Arielle Allouche

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