Le psychiatre-psychanalyste franco-argentin Jean-David Nasio de passage à Buenos Aires

Le séminaire Nasio à Buenos Aires organisé par Eventos Librería Paidós le 5 août dernier au Palais Rouge a eu comme principal conférencier le docteur Jean-David Nasio avec deux expositions devant un auditoire de plus de 1200 professionnels.

Inès Loustalet, psychanalyste, analyste du discours, a eu l’occasion de s’entretenir avec lui

Inès Loustalet : Jean-David Nasio, est médecin psychiatre, psychanalyste d’enfants, d’adolescents et d’adultes à Paris. Il est l’auteur de 33 ouvrages publiés en 13 langues. Il enseigne également aux « Séminaires Psychanalytiques de Paris », association formant les professionnels de la santé mentale. Lors de ce séjour à Buenos Aires, il a été nommé personnalité qualifiée dans le domaine des sciences par la Ville de Buenos Aires. Il est  Chevalier de la Légion d’Honneur (1999) et Officier de l’Ordre national du mérite (2004), au titre de son activité d’écrivain et de psychanalyste, ainsi que de son activité associative et de son audience à l’étranger.
Merci docteur pour ces minutes d’entretien pour Trait-d’Union le quotidien des Français et francophones d’Argentine.

Jean-David Nasio – Avant tout, je voudrais remercier le Trait-d´Union  de m’offrir cette occasion de m’adresser à tous les amoureux de la langue française. Soit, parce qu’ils sont nés en France, et le français est leur langue maternelle, soit comme beaucoup parce qu’ils  aiment la France, son histoire et sa culture. J’habite á Paris il y a presque 50 ans. Je suis heureux de me sentir partie de la communauté française. La Légion d’Honneur que je porte est un signe de ma fierté, de mon bonheur de me sentir français par adoption. La Légion d’Honneur est aussi le signe que la France me considère un pupille de la Nation. Non, parce que je suis un enfant sans parents, mais bien plutôt parce que je me sens un pupille de la magnifique histoire du peuple français.

IL – Voilà 50 ans que vous habitez Paris, vous écrivez dans la langue de Molière et vos patients sont Français. Vous êtes parfaitement bilingue. Vous avez la double nationalité?

J-D N – Je suis très heureux de m’adresser aux lecteurs du Trait-d’Union et vous dire que je porte effectivement la double nationalité : l’argentine par ma naissance et la française par maturation. L’Argentine est le limon fertile de ma jeunesse, et la France est la sève de ma maturité. Je suis entre la France et l’Argentine. Quand je suis en France, je n’oublie pas que je suis argentin. Et, quand je suis en Argentine, par la Légion d’Honneur (il tapote son insigne qu’il porte à sa boutonnière gauche) je n’oublie pas que je suis français.

IL – Vous êtes parti en France pour étudier avec le professeur Jacques Lacan parlant tout  juste un français de base. Que pouvez-vous nous dire de votre rapport avec le français?

J-D N – Je voudrais profiter de cette interview pour dire combien trois sources m’ont inspiré pour l’apprentissage de la langue française. Elles sont sans aucun doute la poésie de Victor Hugo, les sermons de Bossuet et les contes de Maupassant. Je ne cesse de relire ces trois auteurs, qui me conduisent pour avancer au-delà et assumer mon rôle de psychanalyste.

IL – L’Argentine maintient un lien très fort avec la culture française. Que pensez-vous de cette relation?

J-D N-  Je viens en Argentine pour enseigner la psychanalyse et partager cette belle expérience de travail et d’études en France. J’enseigne le savoir acquis en France. La psychanalyse est un des secteurs de la culture argentine qui rejoint, sans doute, la culture française. La psychanalyse est un pont merveilleux, fécond et lumineux entre la France et l’Argentine.

Propos recueillis par Inès Loustalet pour le Trait-d’Union

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