Elections européennes 2019 : forces en présence

Le 26 mai prochain (le 25 pour l’Argentine) les citoyens membres de l’Union européenne (UE) voteront pour désigner les futurs députés du parlement européen.

Cette élection présente une situation ambivalente puisque ce vote se place à un moment-charnière capital pour l’avenir de l’Union Européenne de demain alors qu’en même temps, elle ne provoque guère d’intérêt et encore moins d’enthousiasme de la part des électeurs.

Précédemment, le Trait-d’Union avait traité des enjeux de ces élections[1]. Nous vous présentons ici les principales listes françaises se soumettant au choix des électeurs afin de désigner les 79 (ou 74) futurs députés français au Parlement européen.

Nous avons choisi de vous présenter les listes en fonction de leur place actuelle dans les derniers sondages (23-26 avril) en commençant par celles obtenant actuellement les intentions de vote les plus élevées. Ces prévisions ne sont que des estimations tant les sondages, nombreux et issus de différents instituts, montrent des résultats qui divergent. Toutefois, pour chaque liste, on peut raisonnablement faire osciller ces estimations d’environ 10% dans un sens comme dans l’autre… A moins d’un grand chambardement toujours possible avant le 26 mai, elles donnent une image assez cohérente de la situation à quatre semaines des élections.

Accréditée de 23 % des intentions de vote, la liste centriste LREM/Modem (République en marche et le parti centriste de François Bayrou qui soutient la politique du président Macron) est emmenée par Nathalie Loiseau, ex-ministre des Affaires européennes. Elle est talonnée par la liste du Rassemblement national (ex-Front national), le parti d’extrême-droite présidé par Marine Le Pen. Jordan Bardella a été désigné à la tête d’une liste qui totalise à l’heure actuelle 21,5% des intentions de vote. A moins d’un inversement de tendance extraordinaire, Il ne fait guère de doute que la victoire au soir du 26 mai se jouera entre ces deux listes. A quelques points près, leur tendance dans les sondages ne varie guère. Si cela se confirme, ces résultats représenteraient un léger tassement des voix pour le parti de Madame Le Pen par rapport aux résultats de 2014, date à laquelle sa liste avait obtenu pratiquement 25% des suffrages.

La liste du parti des Républicains (LR), le parti de la droite traditionnelle dont faisait partie Nicolas Sarkozy et François Fillon, entre autres, et à laquelle s’est associé le parti centriste d’Hervé Morin, est emmenée par le philosophe François-Xavier Bellamy. Accréditée actuellement de 15% des intentions favorables, c’est elle qui enregistre la progression la plus forte depuis le début de la campagne puisqu‘en l’espace de trois mois, elle a progressé de 3%. Toutefois, on est très loin des presque 21% obtenus aux Européennes de 2014. L’ascension d’Emmanuel Macron et les affaires internes qui ont plombé le parti naguère sont passées par là.

On trouve ensuite deux listes qui approchent, sans la dépasser, la ligne des 10%.  D’un côté la liste de Yannick Jadot, député européen depuis 2009, qui a pris la tête de la liste Europe Écologie-Les Verts (EELV) ; de l’autre celle du parti de Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise (LFI) emmenée par Manon Aubry. Les écologistes obtiendraient sensiblement le même résultat qu’en 2014. Pour LFI, c’est un peu plus compliqué : si elles venaient à être confirmées, ces tendances seraient très probablement une déception pour Jean-Luc Mélenchon au regard de son résultat obtenu aux présidentielles de 2017.

Pour obtenir au moins un député au futur parlement européen, il faut désormais franchir le cap de 5% des voix. Tout un pari pour les listes suivantes même si celle menée par Raphaël Glucksmann, tête d’une liste rassemblant le mouvement citoyen « Place publique » et le Parti socialiste, passe tout juste la tête hors de l’eau avec 5,5% des intentions de vote. On le sait, le Parti socialiste a été laminé suite à l’échec cuisant des élections présidentielles de 2017. Il pensait pouvoir commencer à inverser la tendance lors de ces élections européennes en s’associant avec le mouvement citoyen « Place publique » de M. Glucksmann. Pari qui sera difficile à tenir. On sera très loin, en tout état de cause, des 14% obtenus en 2014.

En-dessous de la ligne des 5%, on trouve la liste souverainiste de Nicolas Dupont-Aignan « Debout la France » avec 4% des intentions de vote et la liste « Génération.s », menée par Benoît Hamon, créditée de 3%. Rappelons que Hamon était le candidat socialiste en 2017. Il a depuis fondé son propre parti. Il est à noter que ce sont les deux listes qui ont le plus baissé dans les sondages depuis le début de la campagne.

Puis viennent plusieurs listes se situant à des niveaux oscillant autour de 1 à 3%. La liste du PCF (Parti communiste français) est emmenée par Ian Brossat, adjoint à la Mairie de Paris. Bien qu’il semble admis que le candidat communiste fasse une campagne remarquable, cette liste ne recueillerait pour l’instant que 2,5% des voix. Fabien Roussel, le président du PCF, a, par ailleurs, annoncé qu’il souhaitait accueillir des « Gilets jaunes » sur la liste. Pas sûr que cela ait été suivi d’effet.

La « Liste des Patriotes » (LP) de Florian Philippot, ancien membre du FN et créditée de 2%, est clairement anti-européenne et partisane d’un « frexit » à l’image de ce qui se passe Outre-Manche. De même que celle de l' »Union populaire républicaine » (UPR) dont le chef de file est François Asselineau, ancien candidat aux présidentielles de 2017. L’UPR est créditée de 1,5% des intentions de vote.

On trouve ensuite une autre liste centriste, proche des idées de LREM/Modem, l' »Union des démocrates et indépendants » (UDI) de Jean-Christophe Lagarde, laquelle, quant à elle est créditée de 1.5% des intentions de vote.

Enfin, la liste « Lutte ouvrière », menée par Nathalie Arthaud ne dépasse pas le demi pour cent.

Il est à noter que d’autres listes se sont également présentées mais les opinions d’enquête ne leur présagent qu’un résultat résiduel : à elles seules, elles ne dépassent pas 1%.

Enfin, il faut également noter la présence d’une liste dite « Gilets Jaunes » qui ne décolle pas bien au contraire. Alors qu’elle se situait à plus de 4% en février, elle est créditée actuellement d’un résultat oscillant entre un et deux pour cent.

Jérôme Guillot

Prochain article : les programmes des listes candidates.

[1]https://www.traitdunion.com.ar/2019/04/24/le-25-mai-votons/