Le festival de Cannes

Le 72ème festival de Cannes vient de démarrer ! La sélection officielle des films en compétition pour la fameuse « Palme d’Or » sera présentée jusqu’au 25 mai au Grand Théâtre Lumière d’abord, et dans plusieurs salles environnantes afin de permettre aux milliers de spectateurs privilégiés d’admirer, juger ou même brutalement détruire la réputation de la vingtaine de films en compétition.

Cannes est de nouveau envahie de milliers d’artistes, paparazzi et spectateurs prêts à faire la queue pendant des heures afin d’apercevoir l’acteur ou l’actrice adulé…et bien sûr, voir le plus de films possibles. N’oublions pas que le festival de Cannes c’est aussi la sélection de la « Quinzaine des réalisateurs », de l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), de la Semaine de la Critique, etc…. L’embarras du choix pour qui aime le cinéma…et n’a pas peur d’attendre plus d’une heure, quelquefois deux …sans aucune certitude d’accéder à la salle de projection. Toutefois la bonhomie règne car on rencontre d’autres “mordus de cinéma” et on partage impressions et plaisanteries. Si en 2018 le festival était placé sous le thème de l’égalité hommes/femmes, cette année on nous promet une ambiance très politique.

Pour l’inauguration, mardi 14, après avoir visionné les courts extraits de ses films les plus remarquables, le président du jury, le talentueux réalisateur mexicain, Alejandro Gonzalez Iñarritu a évoqué l’influence du festival dans sa carrière, ses ambitions pour le jury, et affirmé : “Nous ferons de notre mieux pour trouver le joyau qui résonnera en nous”.

Avec une foule de spectateurs enthousiastes et envahissants, nous avons pu admirer les nombreuses personnalités du cinéma montant les marches sous la magnifique affiche d’Agnès Varda, la grande réalisatrice, à qui cette édition est dédiée -c’est elle que l’on voit sur l’affiche- assise sur son fauteuil, devant une plage vide énonçant : “Le cauchemar du cinéaste, c’est qu’il n’y ait personne dans la salle”

Tout au long des 10 prochains jours, les équipes des films sélectionnés se succèderont sur le tapis rouge avec des tenues toutes plus somptueuses et originales les unes que les autres pour les actrices, à la grande satisfaction du public.

« The Dead Don’t Die »

Mardi, c’était l’équipe du film de Jim Jarmush qui clôturait la montée des marches ;

Bill Murray, Adam Driver (les deux policiers), Chloé Sévigny (la jeune policière effrayée), Tilda Swindon (la mortuacienne) et Selena Gomez sont les protagonistes du film de zombies “The Dead Don’t Die”. Ils ont enchanté les foules par leur présence.

« The Dead Don’t Die”, film tragi-comique, est un pastiche des fameux films de zombies du passé, en même temps c’est une représentation un peu humoristique de l’apocalypse (les zombies c’est nous, c’est la fin de notre monde) et une critique ironique de la politique de Trump (Make America White Again…. café trop noir…… refus d’accepter les effets néfastes du “fracking” qui fait sortir la terre de son axe et nous détruit inexorablement)

Si le film provoque les sourires dans la salle par son ironie, ses références cinématographiques et musicales, ses réflexions déjantées et pince sans rire, il n’est certainement pas l’un des meilleurs de Jim Jarmush, juste une parenthèse amusante mais déprimante de notre monde actuel et de sa direction plutôt inquiétante……

Bianca McMaster

(Notre collaboratrice se trouve à Cannes en ce moment et a le privilège d’avoir ses entrées au festival : elle nous fait partager ses impressions…)