Les symboles de la République Argentine

A très peu de jours de différence, la France et l’Argentine célèbrent leur fête nationale respective : 9 de julio, 14 juillet, pure coïncidence ou influence historique d’un pays qui venait de rompre avec l’ordre établi dans sa marche vers la modernité et un pays en formation ?

Le Trait-d’Union n’a pas l’intention de s’ériger en historien mais simplement de rappeler l’origine et la signification des différents symboles républicains des deux pays.

Après le 25 mai 1810, on ne se mit pas d’accord sur la question de savoir si le gouvernement devait être une monarchie ou une république, ni sur l’étendue du territoire qui composerait le nouveau pays.

La création des symboles a évidemment souffert de ces atermoiements.

C’est l’Assemblée convoquée par les secteurs les plus radicalisés en 1813 qui, entre autres mesures, légifère une série de symboles indépendantistes et républicains :

– la devise aux couleurs bleue et blanche (cocarde)

– un sceau qui figurerait sur la première pièce de monnaie
– et l’on passe commande pour la création d’un hymne national.

Le drapeau

En 1812 Manuel Belgrano, devenu général de l’Armée du Nord, marchant à la rencontre des troupes royalistes, demanda au triumvirat que l’on établisse l’utilisation d’une seule devise bicolore : bleu ciel et blanc, car les corps de son armée utilisaient des cocardes de différentes couleurs, y compris rouges comme celles que portaient les troupes royalistes. Il fallait uniformiser les troupes pour pouvoir identifier ceux qui défendaient la même cause. Le gouvernement reconnaît cette devise.

Avec ce précédent, Manuel Belgrano arrivé sur les côtes de l’actuelle ville de Rosario fait prêter par les soldats, serment à un drapeau aux mêmes couleurs que la devise.  Ce premier drapeau se composait de deux bandes horizontales : la supérieure blanche, bleue ciel celle du dessous. La situation politique était alors si incertaine que le triumvirat, lui ordonna de cacher ce drapeau et de hisser à nouveau le drapeau espagnol.

Cependant à Buenos Aires, dans une pièce de théâtre appelée « El 25 de Mayo » un acteur incarnant l’esprit de l’Indépendance américaine, présentait au public une enseigne aux couleurs bleu ciel et blanc qui reproduisait les rayures horizontales de l’actuel drapeau. Il devint si populaire qu’il fut hissé sur le clocher de la paroisse au même endroit ou fut érigé l’actuel obélisque de Buenos Aires, c’est pourquoi sur l’une de ses faces on peut encore lire : « Sur ce site, dans la Tour de San Nicolás, a été hissé, pour la première fois dans la ville, le Drapeau National XXIII d’Août de MDCCCXII ».

En 1938, le président Ortiz décrète que le 20 juin, le jour de la mort de Belgrano, sera célébré comme le « Jour du Drapeau ».

Le drapeau officiel de la nation est orné d’un soleil : trois bandes horizontales, de la même taille, la blanche au milieu et de chaque côté une de couleur bleu ciel.  Au centre de la bande blanche, un soleil jaune or, avec trente-deux rayons alternés, droits et ondulés. Les premières pièces de monnaie argentines reproduisent ce même soleil.

Les armoiries ou « écu »

L’Assemblée de 1813, dans le but d’authentifier ses actes souverains, fait réaliser un sceau pour remplacer celui utilisé jusqu’alors aux armes royales d’Espagne.

Ce sceau, pourrait également servir à battre la première monnaie nationale. La tâche est confiée à l’orfèvre Juan de Dios Rivera qui semble s’être inspiré d’un écu utilisé comme laissez-passer, porté par des Jacobins pendant la Révolution française et probablement arrivé sur nos côtes avec des réfugiés français.

 

 

La forme du corps de l’écu est elliptique et correspond à la vue du profil supérieur d’une tête humaine, sur laquelle est placée une couronne de lauriers représentant le triomphe de tous les Argentins : l’indépendance. Un ruban aux couleurs emblématiques de la nation argentine, renforce le signe d’unité.

Le blason se divise en deux champs : celui de la moitié supérieure est en émail azur (bleu azur) et celui de la moitié inférieure en émail argenté, (blanc), ce sont les couleurs du drapeau argentin. Au milieu de ces champs se dressent deux avant-bras humains nus se serrant la main droite, qui représentent l’union des Provinces Unies du Rio de la Plata. Le bonnet phrygien dirigé vers la gauche (signe jacobin), de couleur rouge vif représente la liberté. Il est soutenu par une pique verticale symbolisant l’engagement des provinces à défendre la liberté.  Le Soleil de Mai, un soleil levant, couronne l’écu et symbolise la naissance de la nouvelle nation. Il est peint en émail or et compte 21 rayons droits et ondulés alternés.

L’hymne national

Les paroles de Vicente López y Planes furent choisies pour exprimer le sentiment patriotique. Il fut exécuté, pour la première fois sur une musique de Blas Parera, le 11 mai 1813 chez Mariquita Sánchez de Thompson ; l’Assemblée Générale Constituante le sanctionna comme Marche patriotique officielle. Appelé un temps chanson patriotique nationale, il prendra par la suite son nom définitif d’ « Hymne national argentin ».

L’exécution de la version originale de l’hymne durait environ vingt minutes. Une version éditée par Juan Pedro Esnaola en 1860, fut reconnue comme la seule version musicale autorisée pour les actes officiels, les cérémonies publiques et privées, et pour être jouée et chantée dans les établissements d’enseignement du pays.  C’est sous la deuxième présidence de Julio Argentino Roca qu’on indique quelles strophes de la version officielle doivent être chantées. Désormais, seuls les quatre premiers vers, les quatre derniers et le refrain sont chantés.

La Journée de l’hymne national argentin a été fixée au 11 mai, jour où le texte de Vicente López y Planes fut approuvé par l’Assemblée Générale de 1813.

Le 9 juillet, fête nationale

Commémore la session du 9 juillet 1816 du « Congreso de Tucumán » qui a proclamé l’indépendance des Provinces-Unies du Rio de la Plata de la monarchie espagnole.

Ce congrès réuni les délégués des provinces qui adhéraient au projet de l’indépendance.

Patricia Pellegrini


 

Partager sur