La danse : une exigence au quotidien
|Invitée par les deux directrices de la Escuela de ballet juvenil de Quilmes, Teresa et Ariadna Costantini, l’équipe du Trait-d’Union s’est offert une petite virée en banlieue sud, jeudi dernier, pour assister à une répétition.
L’école prépare un spectacle sur des chorégraphies créées par les danseurs-chorégraphes invités David et Andrea Sturmer et par Teresa elle-même.
David Sturmer, est anglais et ex-danseur classique. Il a virevolté en Allemagne sur les scènes de l’Oper Bonn, de l’Oper Kiel et du Stadttheater de Wiessbaden avant de devenir maître de ballet classique et chorégraphe. Arrivé en Argentine il y a 26 ans, il ne reste pas souvent dans le pays et parcourt constamment le monde. Il est régulièrement invité par les ballets du Brésil, d’Allemagne, de Bolivie et d’autre pays encore. Il a récemment réalisé, avec sa femme Andrea, une tournée dans plusieurs villes du sud de la France, à partager et enseigner son art, une expérience similaire à celle qu’il vit aujourd’hui à Quilmes
A ses côtés, sa femme Andrea Escobar, bolivienne de naissance, est danseuse étoile : c’est à l’âge de 7 ans qu’elle a débuté son apprentissage. Elle a travaillé avec différentes compagnies, elle aussi à travers le monde, en Argentine, aux États-Unis, aux Indes et en Europe. Elle a enseigné dans plusieurs pays et elle a été « coach » de l’International Ballet Competition à Jackson aux USA. Elle s’est perfectionnée auprès de Julio Boca et de Maximiliano Guerra. En 2013 de retour des Indes, elle fait un tour comme danseuse indépendante dans le ballet de Salta.
“Notre formation doit nécessairement être continue. Danser exige non seulement un entraînement quotidien, mais également la présence d’un « maestro », » d’un coach ». Le regard du spécialiste qui corrige ta technique et toute l’expression de ton corps », explique Andrea. Elle insiste sur les sacrifices que représente la danse particulièrement pour les danseuses et danseurs indépendants. C’est une amie qui lui a recommandé de prendre David comme « maître de ballet », ils sont aujourd’hui mari et femme. Ils se sont mariés, il y a quelques années déjà après avoir travaillé longtemps côte à côte.
Pas de danseurs aujourd’hui, uniquement des danseuses, toutes amatrices, d’entre 15 et 30 ans, arrivées soit depuis leur travail, leur école ou leur université, elles commencent en silence leur répétition à la barre, en suivant méthodiquement les indications d’Andrea. La danseuse montre les pas, les mouvements en évoluant légèrement entre les élèves. Sur une musique tenue et féérique Andrea nous offre une démonstration de son art et de sa technique, tout en commentant chaque pas, chaque mouvement par le mot français approprié qui le désigne. Un véritable cours de français illustré – plié, dégagé, balancé, jeté, première…- s’offre au spectateur : le vocabulaire de la danse est, on le sait, resté bien français. Une ambiance de travail sérieux dans une atmosphère sereine, harmonique enveloppe le studio.
Il ne faut pas se laisser aller, l’échéance n’est pas loin, l’école doit se présenter au Teatro Municipal de Quilmes le 23 mars et le 7 avril au Teatro Maipú de Banfield avec trois chorégraphies distinctes « Guershwin » de David Sturmer, « Birds » d’Andrea Escobar et « Les 1001 nuits » de Teresa Costantini.
“La Escuela de ballet juvenil de Quilmes”, créée en son temps par la mère des deux directrices actuelles, Teresa et Ariadna, continue sur sa lancée grâce à l’élan soutenu des deux sœurs. Rappelons que le « petit danseur » dont Trait-d’Union a brossé un portrait dans son article du 9 novembre 2023 est un « pur produit » de cette école.
https://balletjuvenildequilmes.com.ar/
Patricia Pellegrini